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CHAPITRE II

pour les os, nous pourrions le dire aussi pour les muscles pour les nerfs et pour d'autres parties encore.

Des différences (considérables dans le développement de chaque organe, considéré en particulier, peuvent dépendre de causes analogues. Tout organe résulte de l'assemblage d'un certain nombre de parties distinctes qui ensontles matériaux constitutifs, et lorsque la masse d'un de ces instruments physiologiques vient à augmenter , c'est ordinairement parla multiplication des éléments anatomiques déjà existants que Taccroissement s'en effectue. Ainsi on trouve des fibres contractiles dont la grosseur est à peu près la même dans tous les muscles*, mais dans un muscle faible et grêle le travail génésique dont dépend la production de la première de ces fibres ne se sera répété que quarante ou cinquante fois, par exemple, tandis que dans un muscle épais et robuste, il se sera renouvelé beaucoup plus souvent et aura donné naissance, non pas à quarante ou cinquante fibres seulement, mais à cent, à mille ou à dix mille peut-être.

Ainsi lorsque la nature veut augmenter la puissance d'une machine vivante, elle reste toujours économe d'inventions organiques, et c'est d'abord en accumulant les produits du travail organogénique, plutôt qu'en les diversifiant, qu'elle semble avoir obtenu le résultat voulu.

Mais le rang plus ou nnoins élevé d'un animal dans le vaste ensemble de la création dépend bien moins de la somme de force vitale dont l'individu dispose,'que de la précision et de la diversité de ses actes, et ce genre de perfectionnement ne s'obtientnienaugmentant le nombre, ni en élevant la force des instruments de même sorte dont l'organisme se compose. L'accroissement du corps en volume et l'augmentation numérique de ses parties constitutives ne

sauraient doncsuffire pour déterminer la supériorité relative de la plupart des espèces, et pour nous rendre compte des procédés à l'aide desquels la nature a obtenu ces inégalités physiologiques! il nous faut chercher d^autres prin-«

OHAPITRE III.

SoMMAïai. <— 1)9 l'IplueDCd de ladivisioa du travûl physiologique sur le perfeclionDement des organismes.

Le oofps de tout être vivâdt, ^\xé eë soit titi âtiiffldl ôU une plante^ ressemble à un atelier plus ou moins vaste, où les organes, comparables à des ouvriers, travaillent sans cesse à produire les phénomènes dont rensémblè constitue la vie de Tindividu. Or, le résultat ainsi obtenu est tantôt, avons^nous dit, grossiei^ et de peu de Valeur, d'autrefois, au contraire, d'une pérfiBCtiôn exquise; étiolaqu'on cherche à se rendre ccHïipte de ces différences dans le mode de manifestation dé la pnissfancé vitale , on voit que dans les créations de la nature, de même que dans l'industrie des hommes, c'est surtout par la divùim du tf avait que le perfectionnement s'obtient.

Dans les sociétés naissantes, chaque hoUitné est obligé de pourvoir directement aux nombreux besoins dont il est chaque jour assailli, et Son activité, quelque grande qu'elle puisse être» suffit à peine pour lui assurer imê éhétive et obscure existence. Cheii les peuples dont la civilisation est avancée, chaque membre de la grande association s'attache au contraire à exécuter seulement une portion minime dé la longue série de travaux divers dont l'ensemble est né-^ cessaire à son bien?^ètre^ et se repose sur l'activité d'autrui

pour obtenir, en échange des produits superflus de son iniustrie spéciale, les objets qui lui manquent et qui sont préparés par les mains de ses voisins. Tout s'améliore alors : les subsistances deviennent plus abondantes ; mille produits de luxe créent et satisfont à la fois des besoins nouveaux, la culture de l'esprit élève et agrandit l'intelligence, et le génie du petit nombre se développe et s'exerce pour le profit des masses. La division du travail, portée à sa limite extrême rend, il est vrai, bien étroite et bien décolorée la sphère d'activité où s'agitent la plupart des travailleurs, mais chaque ouvrier, appelé à répéter sans cesse les mêmes mouvements ou à méditer sur un même ordre de faits, devient par cela seul plus habile à remplir sa tâche ; et par la coordination judicieuse des efforts de tous, la valeur de l'ensemble des produits s'accroît avec une rapidité dont l'imagination s'étonne.

Il en est de même dans l'organisation des êtres animés.

Chez les animaux dont les facultés sont les plus bornées et dont la vie est la plus obscure, toutes les parties du corps possèdent les mêmes propriétés physiologiques; chacune peut se sufQre à elle-même et exécuter tous les actes dont l'^semble nous offre le spectacle. L'individu est une agrégation plutôt qu'une association d'agents producteurs, et l'organisme est comme un de ces ateliers mal dirigés où chaque ouvrier est chargé de la série entière des opérations nécessaires à la confection de l'objet à fabriquer, et où le nombre des mains, employées toutes à l'exécution de travaux semblables, influe par conséquent sur la quantité, mais non sur la qualité des produits. Il en résult6||que chez ces animaux la destruction d'une partie quelconque du corps n'entraine la perte complète d'aucune faculté \ chaque fragment de l'organisme, s'il vient à être isolé,

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