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CHAPITRE HT

compléter ces appareils, et chez les animaux les plus parfaits de la création, l'ovaire ou organe producteur de Tovule, ne reste pas chargé de fournir tous les matériaux organiqueç nécessaires à la constitution du nouvel individu; la fonction de nourrir le germe provenant de la matière viable donnée par Tovaire, est dévolue d'abord à Tutérus ou chambre incubatrice dont les parois alimentent l'embryon par l'intermédiaire des vaisseaux du placenta; puis l'appareil mammaire vient remplir un rôle analogue, achève d'administrer aux besoins du jeune animal en voie déformation, et complète ainsi le travail qui, chez le mollusque ou le poisson, s'obtient à l'aide du premier instrument producteur seulement. Ce travail se divise donc de plus en plus à mesure que le rang zoologique occupé par l'animal qui en est le siège s'élève davantage, et par conséquent aussi, on voit que la spécialité plus ou moins grande des instruments reproducteurs coïncide avec le degré de perfection auquel doit atteindre le produit à créer.

Si nous jetons les yeux sur les autres grandes fonctions de l'organisme, nous y retrouverons les mêmes tendances : partout, à mesure que les facultés se perfectionnent, la division du travail s'accroît.

Prenons pour second exemple la digestion. Chez les animaux les plus inférieurs, il n'existe pour cette fonction aucun organe spécial ; chez les êtres les plus parfaits, au contraire, non-seulement la faculté de digérer les aliments est localisée dans une partie déterminée du corps, mais chacun des actes qui en dépendent devient le résultat de l'intervention d'un instrument physiologique particulier.

L'élaboration des matières alimentaires qui constitue ce phénomène, s'opère au moyen de sucs dont l'action chimique détermine la solubilité des solides organisés que l'animal

doit absorber. Pour employer de la manière la plus utile Tagent digestif et les produits de son action sur les aliments, il faut nécessairement que le travail s'effectue dans une cavité servant de vase pour contenir tout à la fois les aliments à dissoudre et le liquide destiné à les attaquer ; il faut aussi que cette chambre digestive communique librement au dehors pour que les corps étrangers puissent y pénétrer sans obstacle : telle est, en effet, la disposition fondamentale de tout système digestif. Mais la cavité qui reçoit les aliments n'est pas d'abord un organe spécial, et la faculté de produire le liquide apte à dissoudre ces matières, n'est pas localisée dans ane portion déterminée de l'organisme. Il paraîtrait môme, d'après les recherches récentes de M. Nicolet, que chez quelques animalcules des plus inférieurs, cette cavité stomacale se formerait en quelque sqrte accidentellement et n'aurait qu'une existence temporaire ; car elle ne consisterait qu'en une sorte d'ampoule qui se développerait à la surface de l'organisme là où le corps étranger vient à le toucher, et qui, en se déprimant au centre , donnerait naissance à une fossette plus ou moins profonde dans laquelle ce corps s'enfoncerait \ mais cette cavité s'effacerait dès que la digestion s'est effectuée, et^ après l'expulsion des fèces, ne laisserait aucune trace de son existence. Ce serait donc la présence de l'aliment qui déterminerait la formation d'un estomac adventif, et cet estomac ne serait qu'une fossette transitoire creusée sur un point quelconque de l'organisme. Mais pour peu que la constitution de l'être se perfectionne, on trouve dans le corps de l'animal une cavité préparée d'avance et destinée à être le siège du travail digestif. Cependant la faculté de digérer n'est pas encore localisée d'une manière absolue ] car chez les polypes d'çau douce, ou ^sette division du travail corn-

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menée à s'établir, on voit que toute portion de ia surface du corps peut agir comme agissent les parois de Testomac proprement dit, pourvu que sa forme lui permette de remplir le rôle d'un réceptacle pour les aliments. En effet, nous savons, par les expériences de Tremblay, que le corps d'une hydre peut être retourné à la manière d'un sac ordinaire, et que ce renversement des rapports naturels de l'organisme avec le monde extérieur n'entrave en rien la marche du travail physiologique : car la cavité nouvelle circonscrite par la surface qui primitivement était extérieure, remplit les fonctions d'un estomac et la digestion continue à s*eiFectuer comme dans les circonstances ordinaires. Mais bientôt cette similitude dans les propriétés des deux surfaces de l'organisme cesse d'exister, et la faculté de digérer, ou plutôt de produire les dissolvants digestifs, se localise et devient le partage exclusif d'une portion déterminée de la surface intérieure du corps, en môme temps que ia surface extérieure se trouve affectée d'une manière toute spéciale à la protection de l'ensemble de la machine vivante.

La division du travail se montre également dans la par* tie mécanique de cette fonction et en rend l'action plus parfaite» Chez les animaux les plus simples^ l'introduction des matières étrangères dans la cavité digestive est déterminée par les courants que les cils locomoteurs font naître dans le liquide ambiant, et ces courants servent aussi à la respiration, car ils assurent le renouvellement de l'eau aérée dont la surface du corps est baignée. Ce sont, par conséquent, les mêmes organes qui servent à la fois comme agent de la digestion, de la respiration et de ia locomotion. Mais lorsque l'appareil de la nutrition commence à se perfectionner, les cils vibratiies qui entourent

la bouche cessent de concourir à la production des mouvements de translation, et sont affectés spécialement au service des fonctions de la vie végétative ; puis la division du travail se poursuivant toujours, ces mêmes instruments cessent de concourir au mécanisme de la respiration et ne servent qu'à déterminer l'introduction des aliments dans la cavité stomacale. Mais les cils vibratiles, quelque limité que soit leur rôle, ne sont jamais que des organes de préfkéhmn bien faibles et bien iniparfaits ; aussi la nature, pour obtenir* de meilleurs résultats, ne tarde-t -elle pas à introduire dans la composition de l'appareil digestif des agents moteurs plus spéciaux. Ce sont d'abord des muscles particuliers disposés autour de la bouche de façon à transformer les bords de cet orifice en une sorte de pince ou de trompe protractile; puis ce sont des appendices destinés à saisir au loin les aliments et aies porter dans la cavité digestive.

£n général, les matières alimentaires ne peuvent être complètement utilisées et laissent dans le corps un résidu qui doit être expulsé au dehors. Chez les animaux inférieurs tels que les Polypes, les Méduses et les Astéries, la cavité stomacale ne consiste qu'en un simple réservoir ou poche, et ne communique au dehors que par une seule ouverture ; c'est par conséquent le même instrument physiologique qui est chargé de l'introduction des aliments et de l'expulsion des fèces. Mais ici encore la division du travail ne tarde pas à s'établir et à amener à sa suite un perfectionnement dans les résultats obtenus : deux voies s'ouvrent pour livrer passage aux matières étrangères, et l'un de ces orifices, la bouche, est spécialement affecté à l'intromission des aliments, tandis que l'orifice opposé, l'anus, ne sert qu'à l'expulsion p sdjésidus laissés par la digestion. La cavité stomacal^ano

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