I niMii
continue à jouir de toutes les facultés que possédait l'individu complet; mais chez TÉcrevisse ou le Homard il n'en est plus de môme : les ganglions cérébroïdes président seuls à ces actes, et les ganglions postœsophagiens paraissent être destinés surtout à régler les mouvements automatiques. Chez les animaux supérieurs, la division du travail se manifeste aussi dans la portion périphérique du système ; les nerfs de la sensation deviennent distincts des nerfs du mouvement, et des différences importantes se manifestent même dans les propriétés des divers nerfs affectés au service de la sensibilité. Enfin, chez les animaux supérieurs, les diverses parties du grand centre nerveux céphalorachidien jouent chacune un rôle différent; et l'ensemble du travail dont dépendent les manifestations de la volonté, de la sensibilité, de Tintelligence, s'obtient par le concours de plusieurs instruments distincts. S'il y a quelque chose de vrai dans le système phrénologique de Gall, il y jurait même chez les animaux les plus élevés division de travail jusque dans l'action de l'intelligence, et chaque faculté de l'esprit, chaque penchant instinctif aurait dans l'encéphale un instrument particulier.
Quoi qu'il en soit de cette dernière hypothèse, nous voyons que, dans toutes Jes fonctions et dans toutes les parties du règne animal, la division du travail marche de front avec le perfectionnement des facultés. Partout nous trouvons que la spécialité d'action devient de plus en plus grande à mesure que le progrès se montre ; et il est d'ailleurs si facile de comprendre comment un instrument peut mieux fonctionner quand tout dans sa disposition est combiné en vue d'un résultat unique, que la relation des causes et des effets ne me semble pas douteuse. On peut donc, comme je l'ai annoncé au commencement de ce chapitre, établir