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CHAPITRE IV

toujours de son organe, et que, par conséquent, là où les mêmes facultés existent il doit y avoir les mêmes instruments. D'après cette hypothèse, l'absence d'un organe déterminé devrait toujours entraîner la perte de la faculté à Texercice de laquelle cette partie est destinée lorsqu'elle existe, et la similitude dans les propriétés vitales de deux êtres supposerait nécessairement une ressemblance non moins grande dans leur structure.

C'est en raisonnant de la sorte que LamarclL, par exemple, a été conduit à nier l'existence de la sensibilité chez les Infusolres, les Polypes , les Vers, etc., parce que chez ces animaux on ne trouve pas l'organe cérébral qui chez les animaux supérieurs est l'agent essentiel de cette faculté, et qu'il admet Tintelligence chez les Poissons tout en la refusant aux Insectes, parce que chez les premiers il y a des lobes cérébraux et des représentants de toutes les partics principales qui chez l'homme sont nécessaires à la manifestation des facultés intellectuelles, tandis que chez l'Abeille, le Bourdon et la Fourmi, on ne voit aucune structure analogue. En partant de la même hypothèse, d'autres physiologistes admettent, chez les Polypes d'eau douce, un tissu nerveux diffus qui serait réparti dans toutes les parties du corps, de façon que chacun des fragments séparés de la masse du corps, dans l'expérience de Tremblay, aurait contenu un centre nenreux, des cordons conducteurs, en un mot tout ce qui est nécessaire à l'exercice de la faculté de sentir chez un animal supérieur. Enfin , c'est encore en suivant ces errements que dans ces derniers temps quelques anatomistes se sont refusés à admettre l'existence d'une circulation chez les Insectes, parce que dans l'organisation de ces animaux il n'y a ni artères ni veines, et que chez l'homme ces artères et ces

veines sout les instruments nécessaires de cette fonction.

]M/ais ces hypothèses ne peuvent résister à un examen sérieux. Il est évident que tout acte vital doit avoir pour cause le jeu d'un instrument ou organe quelconque dont la structure est appropriée aux fonctions que cet agent doit remplir. Mais c'est une erreur grave de croire qu'une faculté déterminée ne peut s'exercer qu'à l'aide d'un seul et même organe : la nature arrive au résultat voulu par diverses voies; et lorsqu'on descend dans le règne animal, depuis les rangs les plus élevés jusqu'aux êtres les plus dégradés, on voit que la fonction ne disparait pas lorsque l'instrument spécial, qui chez les espèces les plus parfaites était alFeclé ix son service, c^sse d'exécuter; elle se transporte ailleurs, et avant de disparaître de l'organisme elle s'exerce encore à l'aide d'instruments d'emprunt que lui fournissent d'autres appareils.

Ces substitutions physiologiques se présentent à chaque instant loi^u'on compare entre eux les animaux inférieurs, et quelquefois on en voit des exemples se produire d'une manière accidentelle chez un même individu, jusque dans les familles les plus élevées du règne animal. Ainsi, dans l'état normal, l'urée est extraite du sang et expulsée du corps par le travail des glandes rénales; mais lorsque, dans les expériences de MM. Prévost et Dumas, ces organes avaient été détruits chez un Mammifère , la sécrétion excrémentielle s'est souvent établie par la surface muqueuse de l'intestin, et l'urée, au lieu de s'accumuler dans le fluide nourricier, a fini par s'échapper de l'organisme par les voies digestives. Je pourrais citer chez l'homme lui-même d'autres cas de transport d'un travail sécrétoire dans une partie qui n'en est pas l'organe normal; et ce qui s'effectue

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