‹ Introduction à la zoologie générale, ou, Considérations sur les tendances deChapitre 33 sur 113 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

SoMMAïKi. — De l'indépendaDce des divers perfeciionnements introduits dans la constilution des animaux. — Réfutation de Thypoihtee d'une série animale. — Diversité des types et multiplicité des séries. — Caractères des différences qui se reconnaissent dans le plan fondamental des organismes. — Diversité dans le mode de répétition des parties homologues et dans les rapports de position des parties dissemblables. •» Ramifications secondaires des séries dérivées d'an même type essentiel.

Le fait général de l'infériorité croissante des organismes depuis l'homme jusqu'à ces êtres infimes qui o&Yent à peine quelques indices d'animalité et qui au premier abord semblent appartenir au règne végétal plutôt qu'au domaine de la zoologie, est si évident que de tout temps les observateurs ont dû nécessairement en être frappés ; et lorsqu'on compare entre elles les espèces sans nombre qui occupent l'espace compris entre les deux extrêmes de U création vivante, on y remarque des passages si graduels du simple au composé, que l'on est naturellement conduit à comparer le règne animal tout entier à une sorte de chaîne ou d'échelle dont chaque anneau et chaque degré, représentant une espèce, marqueraient un perfectionnement, et conduiraient des types inférieurs vers un mode d'organisation plus parfait et par conséquent plus élevé. Aussi, à une I. 7

époque où la zoologie existait à peine, parlait-on déjà de Cette gradation des êtres ; et l'un de nos auteurs les plus anciens des temps modernes, Conrad Gesner, a cru pouvoir poser les jalons d'une série naturelle qui s'élèverait depuis le minéral jusqu'à l'homme, qui s'approcherait même de la Divinité peut-étre| et qui comprendrait tout ce qui est doué de vie.

Une idée si grande et si poétique ne pouvait manquer de séduire l'imagination des natu,^aUgji,ç^ philosoplies ; et, développée successiyjeot^^t;PiUt L(eii)f;iitz^t par Bonnet, puis modifiée par Lamarok^ eUe ferme aujourô'bui la base de pluis d'une doctrine célèbre. Quelques zootogistés, il est vrai, oiit repoussé avec forci? la ihêorîp d'une série animale comaie,éilaD|l upp chimère ^^IVç^ï^ur.et Çuyi^^,par ejjLcmple. Mais dans ces dernières anaées celtes doctrine ^a reparu BOUS une forme nouvelle et a trouvé appui dans un ordre de faits dont nos devanciers ignoraient l'existence. Si l'interprétation donnée aux phénomènes embryologiques par Keiimayerf et quelques anatomistes de nos jours^ âaît exacte, la «érie îoologique serait démontrée par leâ métainorphoses des organismes en voie de formation, aussi bien que par les afflâités naturelles des espèces diverses dont le développement s^est achevé. En effet, pour résumer en quelques mots le caraetère des changements qui se manifestent dans la structure de chaque individu pendant qu'il se côUfetitue, on a 'cru pouvoir comparer l'embryologie de l'es{ièce humaine à tn tableau mobile de Torganisation déftiîtîVe du rtgne anîiifial tout entier; et la longue séi**e des espèces inférieures nous montre d'une manière permanente, à-t'ondil, les formes transitoires que revêt tour à tour l'organisme des êtres placés aux plus hauts^dè'gffés de Téeheile zoologique.

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S'il en ^t ainsi, le perfectionnement d'un type unique porté de plus en plus loin, serait le seul moyen que la pâture en eréaot Iç règne 9liimal, aurait ernploy^ pour (^V^rsifler ^s.çBuvres ; ce vaste ensemble se déroulerait gqo)^? U^e chaîne, uqiq^i^e dont la monade formerait. le, prepuçer: aaoieau,€^(}OQU!autreçha!jQOii terminal serait repré^^nté par l'espèce humaine ; chaque animal ressemblera^ ^ ua embryon d'une espèce supérieure dontle développemaat se serait arrêté avant son terme, et la série naturelle <]<ss êtres animés serait simple, et ,uniqi}e comme la série génésique des formes, qi^e riev^t suçoessivement l'organisime d'un même indiyi(îi4 en voie de formation.

Cette image, vue de loin, doit plaire àl'esprit , car elle est (impie et girftQde.y mais lorsqu'on l'examine de près^ on ne tar(ïe pas à voir, qu'elle, manque de vérité. Plus on étudie la oonstitution des animaux, plus on voit se compliquer les rapports âe ^çes êtres entre eux et se multiplier les routes qii& l'organismevea se développant, suit tour à tour pour arriver aux formes earacténstiqùes des espèces variées dont la nature ncftis offre le spectacle.

.Et d'^ord si l'on ne s'occupe que de ces espèces zoolo^ giques comparées entre elles, on recoanatt aisément que pour satisfaire à la loi de diversité imposée à la création, la nature qo: s'est pas bornéiEi à perfectionne^. de plus en plus l'ensemUe des .organismes, .deiaçon a rendre chaque espèce supérieute en tonl aux' espèces* qu'elle dépasse à quelques égards: Obëisga'nt'à'cétiteieàdknce vers l'économie qui semble la porter toujours à tirer tout le parti possible deiChacuQ des^ principes fu'^eUjS^adopleiy.aussûbiefi que de chacun des instruments qu'elle met en oanvre, nous la voyons obtenir du seul fait du perfectionnement graduel des êtres, des résultats plus variés que ne le supposerait

une série zoologique linéaire s'étendant depuis la monade jusqu'à rhomme.

En effet, la supériorité d'un animal n'est pas toujours absolue; souvent, comme nous l'avons déjà dit, elle est relative à une partie de l'organisme seulement, et la partie sur laquelle le perfectionnement a porté peut varier d'une espèce à une autre.

Ainsi, que l'on représente par des signes de convention les divers éléments physiologiques de l'organisme et que l'on affecte ces signes d'une valeur proportionnée à leur importance relative, on trouvera que dans telle espèce le corps se composera des termes A, B, C, D, E et F; que tous ces termes auront une valeur égale, et que cette valeur pourra à son tour être exprimée par le chiffre 10. Dans une autre espèce les éléments A, B, G et D seront restés dans le même état, mais les éléments E et F auront acquis une valeur double; dans une troisième espèce le perfectionnement aura porté sur A ou sur B, et ailleurs encore A, B, E et F seront demeurés stationnaires, tandis que G se sera accru du double, et D aura fait des progrès plus considérables encore. Ges différentes espèces seront alors représentées par les formules

A«o 4- B*» + €*• 4- D«« 4- E«« 4- F** A*« 4- B*« 4- G»» 4- D<» 4- £•• 4- F** Aw 4- B«» 4- C*« 4- D*« 4- 4- F** AW 4. B»* 4. C» 4- D«« 4- £*• + F*«

ou par telle autre combinaison physiologique que Ton pourra imaginer.

Rien n'est d'ailleurs plus facile à démontrer que ce perfectionnement partiel de l'organisation et cette tendance de

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