CHAPITRE YI
doctrines généslques *, l'illustre Iforvey, par exempte, se refusait à voir dans la cicatricule d*uD œuf le eorps tout entier du jeune poulet, ^et, à ses yeux, rorganisoieen voie de formation se montrait comme 4in édifice dont la oon«* struction ne se fait pas d'un seul jet, mais s'eifecUie.fflir portions,, et /dont la masse augmente au i^oyen d'&d^notions successives, jusqu'à ce qu'enfin le plan préconçu par Tarcbitecte ait été rempli • dans toute son étendue. Une nouvelle théorie ^nt^ryologique, celle de la eonstitutiw.da corps vivant par épigénke^ prit ainsi naissance ; mais^ mtl comprise peut-être, elle resta longtemps stérile, et les foils importants dont l'étaya Gaspard Wolf ne suCBr^t pas à y donner cours dans la science. De nos jours < encore, moua l'avons vu repoussée par le plus grand de nos zoologistes; depuis cinquante afis, cependant, tout tendait à la faire prévaloir ; diaqùe fois que l'on étudiait avec soin les pre^ mières périodes du travail génésiquconâecou^vrait quelque nouvelle preuve de la formation des organisapea' par. Cadjonction successive de. parties créées de toutes pièces ; eft bientôt 11 devînt manifeste, non-seulamen^ que l'^mbry^n en se complétant ainsi peu à peu offre dans son ensemÙe des caractères différents aux diverses périodes de aon^toMS?* teuce, mais aussi queehacnn de ses organes .en se dévalop- 'pant change de. forme et déstructure ainsi que de volume, et subit de véi^itabies. métamorphose&r.
On comprit àès lors tout rinférëiqui devait s'attadw^ auxrediierche»d?einhryo|ogia;/att8NV»royMS««ousqu'aprè» être resiée pendant- bieaâes !aèç(es>,presqfievS<laltoaii&iri^ cette branche de rhistoire<,dea ^afiiiiaaQ&^jEait tout |i cmp de rapides progrès. Un^geand. fiQrtd>re.>d'obsePK|iib^«£r>b9hWes ont pris pour, sujet de leurs. Jin:w$tigalîons la série desphénomènes génésiquesquenouaprésentent les OiA3aux^
92 ZOOLOGIE GÉNÉRilLE.
les Mammifères et les Batraciens ; on a recueilli aussi divers faits relatifs au développement des animaux inférieurs, et quelques naturalistes philosophes se sont appliqués à saisir le caractère des changements qui s'opèrent dans la constitution des êtres animés en voie de formation et à chercher les lois auxquelles ces modifications sont soumises.
De grandes et belles découvertes sont venues couronner les travaux dirigés vers ce but élevé ; mais en défrichant le terrain vierge de Tembryologie comparée, les hardis pionniers de la science n'ont pas toujours su se défendre des iliusionsauxquelles les esprits inventifs sont souvent exposés ; et plus d'un naturaliste, s'exagérant la portée du petit nombre de faits dont il avait été témoin, s'est arrêté devant un coin du tableau, croyant en avoir embrassé l'ensemble, et s'est trop h&té de conclure. Bien des idées fausses ont été ainsi introduites dans nos écoles ; et les théories que Ton a cru pouvoir présenter, comme lois générales et absolues de la zoogénie, se sont rapidement écroulées sous le poids des faits nouveaux dont elles ne sont pas l'expression. Cependant ces hypothèses avaient presque toujours en elles quelque chose de vrai, et pendant un temps elles ont pu servir, chacune, à lier et à coordonner des observations qui en restant éparses seraient demeurées improductives^ la science serait donc ingrate si, tout en faisant justice de l'erreur, elle n'accordait un large tribut d'éloges aux hommes dont l'intelligence puissante a su créer des instruments qui hier encore lui étaient précieux, bien qu'aujourd'hui elle en repousse l'usage.
Au nombre de ces théories qui, nées d'observations incomplètes, sont fausses dans lents principes, mais ont servi pendant un temps aux progrès de la science, il faut
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ranger la doctrine de la constitution da Règne animal tout entier par une suite d'arrêts de développement dans la série des créations organiques employées par la nature pour produire chaque individu de l'espèce la plus élevée et la plus parfaite.
L'idée mère de cette hypothèse parait appartenir à Kielmayer, l'un des fondateurs de cette école allemande des philosophes de la nature, qui, pendant un demi-siècle, a joué un grand rôle dans presque toutes les sciences.
On savait par les expériences déjà anciennes de Redi, de Vallisnieri et de Swammerdam, que les Mouches, les Abeilles et un grand nombre d'autres Insectes naissent dans un état d'imperfection extrême; qu'en sortant de l'oBuf ils ont l'apparence d'un ver, et que c'est après avoir vécu un certain temps sous cette forme qu'ils acquièrent des pattes, des ailes et tous les caractères de l'Insecte parfait. Swammerdam pensait, il est vrai, que ces larves, ainsi que la Chenille, ne sont autre chose que des Insectes ordinaires enveloppés et déguisés pour ainsi dire sous un manque vermiforme ; mais les partisans de la théorie de répigéoèse devaient voir dans ces métamorphoses un phénomène d'adjonction organique ; et lorsqu'on cherchait le caractère du changement qui s'opère ainsi dans l'insecte en voie de formation, on ne pouvait être que frappé de la ressemblance qui existe entre ces êtres embryonnaires et les vers proprement dits : aux yeux d'un observateur superficiel la Mouche et l'Abeille devaient passer par l'état de ver avant que de devenir insectes. Les belles recherches de Swammerdam avaient montré aussi comment la Grenouille se constitue primitivement sous la forme d'une sorte de poisson et devient ensuite un animai terrestre, lorsqueaprès la disparition des branchies et de la longue queue dont elle
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était pourvuedans le jeune Âge, sod organisatioDee complète par le développement des poumons et des pattes qui lui sont nécessaires pour respirer dans Talret Ée mouvoir sur le sol. Là également il semblait que c'était en continuant le travail génésique nécessaire pour la formation du Poisson, que la nature donnait naissance au Batracien. Les Spermatozoïdes, découverts par LeuwentKBCk, dans la semence d'une foule d'animaux, étalait généralement con* sidérés comme des sortes de vers microscopiques, et pour quelques physiologistes, ces animalcules vermiformes n'étaient autre chose que des embryons en germe. Enfin^, des ressemblances bien grossières il est vrai, mais de nature à en imposer au premier abord, avaient été signalées entré les jeunes embryons des animaux élevés et les types zoologiques inférieurs. Le Poulet, par exemple, était représenté comme se constituant d'abord soûs la forme d'un petit corps vermiculaire ; et lorsque plus tard il acquiert des membres, ces appendices semblaient être d'abord comparables à des nageoires plutôt qu'à des pattes et des ailes.
Des faits aussi singuliers devaient nécessairement frapper l'esprit des hommes méditatifs : et, au premier abord, on pourrait croire 'qu'en effet Tlnsecte est un ver per* fbctionné par l'adjonction d'ailes et de pattes ; la Grenouille, un poispson dont le développement a été poussé au delà du terme assigné au type ichthyologique ; et le Poulet, un être dont l'organisme s'est élevé peu à peu de l'état de ver ou de poisson jusqu'à ce qu'enQn il soit devenu oiseau. Généralisant ces apparences vagues, on pouvait même être facilement conduit à supposer que c'est là en effet la marche suivie par la nature dans la création de tout être animé, et qu'avant d'arriver au terme de son développement l'organisme des espèces élevées passe par les