‹ Introduction à la zoologie générale, ou, Considérations sur les tendances deChapitre 6 sur 113 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Tous les animaux sont, il est vrai, également bien constitués pour remplir le rôle qui leur est assigné dans l'ensemble de la création, et, à ce point de vue, on peut dire qu'ils sont tous également parfaits dans leur espèce ; mais ce rôle est loia d'avoir toujours la même étendue et la même importance. Tout être animé se nourrit, sent, se meut et se reproduit; mais rien n*est plus variable que la manière dont ces facultés s'exercent et le degré d'activité qu'elles atteignent. Chez les uns, les résultats du travail physiologique sont faibles, obcurs et grossiers; les actes varient peu et sont d'une grande simplicité; lapuissancevitale ne semble pouvoir s'exercer que dans une shpère étroite, et elle s'éteint promptement. Cbez d'autres, au contraire, les fonctions se multiplient à un haut degré ; la vie se complique et se prolonge, les facultés s'élèvent, et le jeu de l'organisme s'effectue avec autant de précision que de puissance. Les animaux sont, par conséquent, inégalement dotés : les uns sont supérieurs aux autres sous le rapport physiologique; et comme les fonctions des êtres vivants,demêmequele travail d'une machine inanimée, sont nécessairement en relation avec leur structure, il en résulte que les animaux diffèrent aussi entre eux par le degré de perfectionnement que présente leur organisation- Ainsi, pour ne citer qu'un petit nombre d'exemples, la supériorité du Cbien sur le Lièvre ou sur le Mouton est bien connue de tous, tandis que le Chien est à son tour dépassé en longévité, en force et en intelligence par l'Orang; mais le Mouton et le Lièvre, quoique inférieurs à la plupart des Mammifères, ont une supériorité évidente lorsqu'on les compare au Lézard, à la Couleuvre ou à la Grenouille; le Lézard est une machine physiologique plus parfaite que la Carpe; la Limace est moins bien partagée que ne

l'est aucune des espèces précédentes, et cependant la puissance vitale se manifeste chez ce Mollusque d'une manière plus énergique et plus variée que chez l'Huître ou le Taret *, là toutes les facultés s'atténuent et s'obscurcissent ; THuttre est néanmoins un animal plus parfait que la Méduse ou le Polype ; et bien au-dessous de tous ces êtres dégradés vient se ranger rÉpoûge, dont l'action physiolo* gique est d'ordinaire si faible, si lente et si bornée qu'il est difficile d'y reconnaître les caractères de l'animalité.

Cette tendance de la nature à diversifier ses produits en les perfectionnant inégalement se manifeste dans la forma* tion de chaque organisme individuel aussi bien que dans la création des espèces zoologiqués. Les changements qui s'effectuent dans là constitution des êtres aux diverses périodes de leUr développement^ se lient pouf la plupart à des modifications physiologiques de ce genre, et rindividu en voie de formation se perfectionne peu à peu ainsi que nous voyons le type idéal de l'atilhiat se perfectionner lorsque nous iidus élevons de l'Éponge jusqu'à l'Homme. Pouf s'en convaincre il suffit d'observer ce qui se passe dans le corps humain depuis le inomeht de la naissance jusqu'à l'âge adulte, ou mieux encore de passef en rfeVue les phé-* nomènes des premiers temps de la vie embryonnaire.

En effet, l'être le pltis parfait de la créalioli se montre d'abord sous la forme d*une masse à peine perceptible de matière vivante^ composée de quelques cellules seulement et dépourvue dés attributs caractéristiques de l'animalité; Il n'est doué ni de la sensibilité . ni du mouvement ; il ne saurait attaquer par la digestion les corps étrangers né^ cessaires à sa subsistance, et sa puissance ne consiste que dans la faculté de se nourrir aux dépens des fluides dont son tissu s'imbibe ; il végète seulement, et ses facultés

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