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CHAPITRE VIII

plusieurs des modificaiions les plus remarquables de Torganisme chez les animaux en voie de formation. L'em> bryon humain, par exemple, ne présente, à une certaine période de la vie, ni chambre thoracique ni abdomen pour loger le cœur, l'estomac, le foie, les intestins, et ressemble à une sorte de bateau ouvert qui serait surchargé par la masse de ces viscères ; mais bientôt ses flancs commencent à croître plus rapidement que ne le font les organes dont cette masse se compose, et, après Tavoir dépassée, se rejoignent en dessus de façon à constituer une grande cavité close et à transformer le bateau ouvert dont il vient d'être question en un vaisseau ponté.

Un autre procédé de différenciation, dont la nature a fait grand usage pour varier les produits de la Création animée, consiste, non pas à changer le nombre, la forme ou les rapports des divers matériaux constitutifs de Torganisme, mais à en modifier la texture et les propriétés. Des parties qui, chez certains animaux, restent toujours molles et spongieuses, acquièrent chez d'autres une grande dureté et une densité considérable; elles se transforment en cartilages, en os, ou en des tissus qui ressemblent à de la corne ou à de la pierre. Ces changements moléculaires seinblent ôtre souvent le résultat du développement plus ou moins considérable d'une seule et même série de phénomènes histogéniques; mais d'autres fois ils dépendent de causes toutes différentes, et n'ont entre eux aucun lien de ce genre* Quoi qu il en soit, ces modifications dans la constitution d'éléments anatomiques analogues influent puis-* samraent sur les caractères propres aux diverses espèces zoologiques, et contribuent beaucoup à produire la variété qui existe entre les animaux. Ainsi, c'est de la sorte que le système osseux remplace chez la plupart des Vertébrés la

charpcnlc carlilagincusc propre aux Kaies et aux Squales, et que Tépiderme mince et flexible de la peau humaine est représentée chez les Insectes et les Crustacés par une armure cornée ou pierreuse qui leur tient lieu de squelette.

Ces différences histologiques se répètent jusqu'à un certain point dans chacune des grandes divisions du règne animal; mais elles tendent cependant à varier dans leurs caractères chez les espèces qui dérivent de types zoologiques essentiellement distincts. Les tissus qui sont les analogues de notre épiderme, par exemple, offrent d*ordinaire chez les animaux articulés une composition chimique qui ne se retrouve ni chez les Vertébrés, ni chez les Mollusques, ni chez les Zoophytes, et renferment un produit immédiat, la chitine, doni on n'a pas trouvé de traces ailleurs. Chez les Tuniciers, et la plupart des Molluscoïdes, on y rencontre de la cellulose, matière qui est inconnue chez les autres animaux, mais se retrouve dans le règne végétal. Chez le plus grand nombre de Mollusques, ainsi que chez les Crustacés et beaucoup de Zoophytes, les téguments se chargent d'une quantité considérable de carbonate calcaire, qui les ossiQe en quelque sorte, comme le phosphate (le chaux ossifie les cartilages du squelette intérieur des Vertébrés. Enfin , chez quelques Zoophytes , la silice se substitue à la chaux, et on remarque aussi dans ces mômes tissus des différences de texture qui deviennent souvent fort importantes. Les travaux récents des micrographes nous ont révélé des dissemblances considérables dans la structure de parties qui sont cependant bien évidemment les représentants les unes des autres, et prouvent que la nature a varié la constitution et le mode d'arrangement des matériaux organiques primaires, aussi bien que la

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