CHAPITRE X
toure pas Toesophage, comme chez la plupart des animaux invertébrés ; ce n'est pas davantage l'existence de lobes distincts, surmontant rextrémité antérieure du système nerveux; carchez TAmphioxuson ne peut apercevoir aucunedélimitation entre une portion cérébrale et une portion spitiaie de Taxe nerveux ; et chez les Céphalopodes^ cette distinc* tion n'est pas inadmissible. Du reste, ce n'est pas l'existence de la moelle épinière elle-même qui caractérise d'une manière absolue ce système ; car sur quelles preuves établirait-on la dlistinction entre la nature essentielle de' ce cordon rachidien et celle de Taxe médullaire formée par la réunion de tous les ganglions port-oesophagiens dé l'insecte en une masse commune, comme cela se voit chez les Géo- (rupes et les larves de Calandres, par exemple. Enfin, la pr^ence d'une charpente intérieure n'est pas un caractère dont rinfluence sur l'ensemble de l'organisme soit plus absolue. En effet*, car chez certains poisiséns il li'y a plus de squelette propre^ment dit : chez l'Amphyoxus, par exemple, la charpente intérieure n*est représentée que par un âimplé stylet composé de tissu ulriculaire ; et chez les Ammocettesj tout le corps est mou et membraneux, tandis que chez les Mollusques les plus élevés, il existe bien réellement un squelette intérieur, incomplet, il est vrai, mais compoisé de pièces solides dont le rôle ainsi que la constitution sont au fond les mêmes que pour le squelette d'un Vertébré.
Il serait également impossible d*indiquer un caractère dominateur dans l'organisation de tout Mollusque, de tout animal anneléou de tout Zoopbyte, c'est-à*dire un caractère incompatible avec un plan de structure différent de celui qui est propre à l'un ou à l'autre de ces embranche-r menls, et constant chez tous les êtres constitués d'après uit même type essentiel. H en est encore de même pour la plu- I. ^ i&
170 ZOOLOGIE 6ÉNÉBALE.
part des classes les plus naturelles du règne animal, la classe des Poissons ou celle des Insectes, par exemple ; et dans le petit nombre de cas où la constance d'un caractère chez tous les membres connus d'un groupe et son absence partout ailleurs nous porteraient à le considérer comme étant lié à Tessence même de ces êtres, il est bien possible que la fixité soit plus apparente que réelle, et que des investigations ultérieures nous feront découvrir des exceptions à ces rè* gles absolues ; car, bien évidemment, la tendance générale de la nature n'est pas de subordonner ainsi son œuvre à la disposition particulière d'une portion de l'organisme.
Il est d'ailleurs, ce me semble, une autre raison pour ne pas admettre l'hypothèse d'une influence impérieuse, nécessaire, exercée par un caractère déstructure sur l'essence de l'être animé : c'est l'absence de toute difiTérence appréciable dans le germe d'animaux dont la constitution sera dissemblable ultérieurement. Il est évident que si deux ovules, placés dans des conditions analogues produisent, deux êtres différents, si de Tun il sort une Truite, et de l'autre une Grenouille, par exemple, il faut que la cause de ces différences dans les résultats du travail génésique réside dans ces ovules eux-mêmes, et préexiste à l'organisation de l'individu qui se formera aux dépens de la substance de chacun de ces corps reproducteurs. La raison physiologique de la différence spécifique ne résidera donc pas dans le mode de structure de telle ou telle partie qui n'existe pas encore, mais dans les propriétés de Tovule ou du ge^me; et cette différence anatomique ne sera qu'une conséquence, un caractère de quelque particularité primordiale. Or nous n'apercevons ni dans la constitution des ovules, ni dans les formes du germe naissant, rien qui indique les différences essentielles dont l'existence ressort de la dissimili*!-