CHAPITRE X
union d'où résulte le mélange des deux sangs et la respiration incomplète du liquide nourricier reçu par les organes. Mais il est bien évident que l'existence d'un cœur artériel, entièrement distinct du cœur veineux, et la circulation complète de toute la masse du sang dans le réseau pul* nionaire, n'est pas ce qui règle la nature du Mammifère, qui domine tout l'ordonnancement de ses parties, et fait qu'il est Mammifère plutôt que Reptile; car, à l'époque de la naissance, le chien, par exemple, ne présente pas cette structure *, il est déjà constitué comme Mammifère, mais son système veineux communique directement avec le sys^ tème artériel de façon à déterminer le mélange des sangs, de la même manière que cela se voit chez les Reptiles : ce n'est que plus tard que le canal de communication entre l'artère pulmonaire et l'aorte s'oblitère et que la totalité du fluide nourricier est miseen rapport avecl'air avaiit que de retourner aux organes dont il doit entretenir la vie. Le caractère réputé dominateur dans l'organisme de tout animal mam* mifère manque donc chez le Chien nouveau-né, qui cepen* dant est déjà bien réellement un Mammifère ; et Ton comprend facilement que chez un être destiné à mener une vie sédentaire et à habiter un pays chaud, cette disposition, qui est transitoire chez le Chien, pourrait devenir permanente sans qu'il en résultât aucun changement fondamental dans la structure générale du corps, et sans que l'espèce, ainsi constituée, fût nécessairement autre chose qu'un Mammifère. Jusqu'ici, on n'a signalé aucun exemple normal de cette dégradation du système circulatoire ; mais elles'estrencontréed'uno manière accidentelle chez l'Homme lui-même-, et, lorsqu'on aura étudié avec soin la structure de tous les Mammifères hibernants, peut-être découvrirat-H>n quelque espèce offrant ce caractère erpétologique.
nd ZOOLOGIB GÉNÉRALE.
11 me semble donc évident que la dispositioa des organes de la circulation et de la respiration qui est propreaux Mam- ^ mifères ne peut être une condition de leur mode particulier d'organisation, un caractère qui domine la constitution. de ces êtres et qui en règle Tessence ; c'est un caractère pré ^ dominant^ dont la valeur peut être très-grande, mais n'en est pas un caractère réellement dominateur.
L'existence de mamelles est un Irait de l'organisation également remarquable dans cette classe d'animaux ; mais on ne peut supposer que c'est parce qu'un Vertébré a des mamelles que tout son corps est constitué d'après le type propre aux Mammifères, ni que ce mode de structure soit incompatible avec l'absence de cet appareil éducateur. Geoffroy Saint-Hilaire a cru, pendant un instant, avoir trouvé chez les Cétacés des exemples d'animaux appartenant à la classe des Mammifères, tout en étant dépourvus de mamelles; et si l'observation sur ce point n'a pas confirmé les vues ingénieuâes de ce zoologiste philosophe, il n'en est pas moins évident que son hypothèse n'avait à priori rien d'inadmissible; car chez les Mammifères les glandes mammaires ne se forment que lorsque l'ensemble de l'organisme s'est déjà constitué; et on sait d'ailleurs que plusieurs animaux de cette classe ont à peine besoin du lait de leur mère, et peuvent, aussitôt la naissance, chercher eux-mêmes leur nourriture.
Ce serait donc se former une idée étroite et fausse des œuvres de la création que de considérer le plan d'après lequel un animal est construit comme élant une conséquence nécessaire des proprlélés physiques ou vitales de l'un des éléments anatomiques, de cet être.Dans l'organisme tout semble calculé en vue d'un résultat déterminé, et l'harinooie des parties ne résulte pas de l'influence qu'elles