‹ Introduction a la zoologie générale, ou, Considérations sur les tendances de la nature dans la constitution du règne animal (volume 2)Chapitre 31 sur 114 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

en même temps le plancher du vestibule digestif, et c’est par l'intermédiaire de ce vestibule seulement que le fluide respirable peut arriver aux branchies. Chez les Batraciens, les voies aériennes deviennent presque entièrement distinctes des voies digestives. L'appareil pulmonaire n’emprunte plus au tube digestif tout ce qui est nécessaire pour qu’elle puisse se mettre en communication avec l’atmosphère ; mais c'est encore la cavité pharyngienne qui vient en aide à cet appareil pour y déterminer, par des mouvements de déglutition, le renouvellement du fluide respirable. Chez la plupart des Reptiles, ainsi que chez les Oiseaux, les agents mécaniques de la respiration ne sont plus fournis par l’appareil digestif, et les parois de la cavité destinée à loger les poumons sont disposées pour fonctionner à la manière d’une pompe aspirante et foulante alternativement. Enfin, chez les Mammifères, la spécialité des instruments est portée plus loin encore, puisque la chambre thoracique qui constitue cette pompe respiratoire devient complétement distincte de la cavité viscérale commune dont elle se trouve séparée par le muscle du diaphragme.

La même tendance se montre sous une autre forme lorsque le travail respiratoire se localise et se perfectionne chez les animaux annelés. Les Turbellariés, dont la membrane tégumentaire est partout molle et perméable, respirent certainement par tous les points de la surface du corps. Chez quelques Annélides, tels que les Néréides, la peau devient beaucoup plus vasculaire vers la base des pattes que partout ailleurs ; et ces organes, en agissant comme instruments de locomotion, renouvellent à chaque instant la couche d’eau aérée qui est en contact avec cette portion des téguments communs; aussi le travail respiratoire y

devient dés actif que dans le reste du corps. Chez d’autres Annélides, les Glycères et les Cirrhatules, par exemple, certaines parties de ces mêmes pattes, désignées par les zoologistes sous le nom de cirrhes, deviennent les organes spéciaux de la respiration ; mais chez des espèces où la : constitution de l'appareil destiné à l'exercice de cette fonction se perfectionne davantage, ce ne sont plus les pattes qui servent de branchies, et l’on trouve sur le dos de l’animal des organes vasculaires particuliers qui semblent avoir été créés dans le seul but d’assurer l’action de l'air sur le fluide nourricier.

Dans la classe des Crustacés, la respiration emprunte aussi ses instruments à l’appareil de la locomotion avant que de s'exercer à l’aide d’organes créés pour son usage spécial. Chez les Apus, les Branchipes et les Lymnadies, les paltes membraneuses et foliacées servent en même temps comme rames nataloires et comme branchies ; il en était probablement de même chez les Trilobites. Chez les Édriophthalmes la division du travail s'établit; mais ce sont toujours les pattes qui fournissent les instruments pour la respiration. Ainsi, chez les Amphipodes etles Læmodipodes, ” l’une des branches de chacun des membres thoraciques s'allonge en forme de levier articulé pour constituer une patte ambulatoire, tandis que l’autre branche se modifie de façon à devenir un instrument mieux adapté au travail de la respiration ; chez les Isopodes, c’est au contraire la série des membres postcéphaliques qui se partage en deux groupes, dont l'un, situé dans la partie thoracique du corps, est affecté à la locomotion, el l’autre, fixé sous l’abdomen, est dévolu spécialement au service de la respiration. Chez : les Squilles, ce ne sont plus les pattes abdominales elles- F mêmes qui constituent les branchies ; la respiration s’exerce 4

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