‹ Introduction a la zoologie générale, ou, Considérations sur les tendances de la nature dans la constitution du règne animal (volume 2)Chapitre 33 sur 114 · CHAPITRE IY · texte numérisé non relu

CHAPITRE IY

appartiennent toujours au système appendiculaire dont le principal usage est de servir à la locomotion.

Il serait facile de multiplier beaucoup ces exemples, même chez les animaux vertébrés. Aïnsi, chez certains poissons, l’appareil générateur ne possède aucun organe spécial pour conduire au dehors, soit les œufs formés dans l’ovaire, soit la liqueur fécondante sécrétée par le testicule, et c’est la cavité viscérale mise en communication avec l’extérieur qui tient lieu d’un oviducte ou d’un conduit déférent. Chez les Reptiles et les Oiseaux, où le travail reproducteur se perfectionne, et où l’emploi utile des produits de l’ovaire est mieux assuré au moyen d’une fécondation intérieure, la chambre copulatrice est fournie par la portion termipale du canaldigestif ; et chez les Mammifères ordinaires, où l'appareil de la génération n’emprunte plus son orifice au tube intestinal, on voit une portion de plus en plus considérable du vestibule sexuel de la femelle appartenir en commun à cette fonction et à l’appareil urinaire, à mesure que l’on descend de l'espèce humaine aux Carnassiers et aux Rongeurs.

L'étude des organes de la locomotion nous révèle les mêmes tendances à l’économie dans les créations de matériaux Spéciaux. Ainsi, lorsque l’appareil des mouvements commence à se perfectionner par l'introduction d’un système de pièces rigides destinées à fournir aux muscles des points d'attache et à remplir le rôle de leviers mis en jeu par ces mêmes muscles, cette charpente n’est pas encore composée d’un tissu particulier créé pour cet usage spécial ; c'estseulement la peau, ou plutôt certaines portions du système tégumentaire dont la structure est modifiée pour les adapter à cette fonction. Mais chez les animaux supérieurs, ce n’est plus à la peau que l’appareil locomoteur emprunte

ses leviers et ses points d'appui; un système osseux qui n'existait pas chez les types inférieurs vient s’ajouter aux matériaux ordinaires de l'organisme et complète la machine motrice à l’aide de parties qui toutes y anses en propre.

Nous voyons donc que la tendance générale de ki nature est de varier de plus en plus les instruments physiologiques dont la réunion constitue l’organisme animal à mesure qu’elle produit des espèces plus parfaites, mais qu’en marchant ainsi du simple au composé elle semble vouloir utiliser autant que possible chacun des matériaux dont elle enrichit successivement la machine vivante. Lorsqu’une fonction se montre d’abord ou commence à se localiser, elle est confiée à un agent qui existait avant que ce perfectionnement ne se fût introduit, et qui est alors un peu modifié seulement pour s’apprapriér à son rôle nou-veau. Puis, ce n’est plus à l’aide d’un emprunt matériel que l'instrument nouveau est obtenu : la partie de l'organisme dont il se compose n'existait pas chez les animaux inférieurs conformés d’après le mênie plan; mais on ne peut cependant la considérer comme un élément de création nouvelle, car elle n’est au fond que la répétition d’une partie déjà créée et adaptée ailleurs à d’autres usages. Puis, enfin, ces matériaux homologues ne suffisent plus aux exigences croissantes de la loi de diversité ; un élément organique entièrement nouveau s’introduit dans la constitution de l'animal et fournit à la fonction pour laquelle il a été créé des instruments Spéciaux. |

Les faits que nous avons rappelés dans ce chapitre et dans le chapitre précédent montrent combien sont fausses les opinions de quelques naturalistes qui admettent, comme une sorte d’axiome physiologique, que la fonction dépend

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