‹ Introduction a la zoologie générale, ou, Considérations sur les tendances de la nature dans la constitution du règne animal (volume 2)Chapitre 49 sur 114 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

présentants dans les organismes des embryons des Vertébrés et de l'Homme, dont les formes fugitives et passagères seraient analogues aux formes arrêtées et permanentes des Zoophytes, des Mollusques, ou des Insectes. Enfin, les organes des animaux les plus élevés, c’est-à-dire des Mammifères, revêtiraient ensuite les caractères de ceux des Poissons, des Reptiles et des Oiseaux. En un mot, l’organogénie de l’être le plus parfait serait, d’après M. Serres, une anatomie comparée transitoire, comme à son tour l’anatomie comparée serait l’état fixe et permanent de l’organogénie de Phomme ; le règne animal considéré dans ses organismes ne serait donc qu'une longue chaîne d’embryons jalonnés d'espace en espace, et arrivant enfin à l'Homme; ou plutôt, tous les animaux ne seraient en quelque sorte qu’un seul ét même animal en voie de formation, dont les diverses parties s’arrêteraient dans leur développement, ici plus tôt, là plus tard, et détermineraient ainsi à chaque temps de repos le caractère d’une classe, d’une famille ou d’un genre,

On comprend facilement que si cette opinion était fondée, les espèces innombrables dont se compose le Règne animal, se lieraient réellement entre elles de façon à constituer une série linéaire, et que l’idée de la chaîne des êtres deviendrait l’expression d’une grande et belle vérité. L'unité de plan dans la création zoologique tout entière serait un fait acquis, et le rang à assigner à chaque animal dans ce vaste ensemble nous serait donné par la date de la période organogénique, qui, dans le développement de l'embryon humain, en représentait la structure.

Lorsque j'étais jeune, séduit par la simplicité et la grandeur de ces vues, j'ai, comme beaucoup d’autres, embrassé avec ardeur la théorie de la constitution du Règne animal

Bol

par l’effet d’une série d’arrêts de développements ; mais en avançant dans la voie de l’observation, je me suis bientôt aperçu que je m'en étais laissé imposer par des ressemblances superficielles et des apparences trompeuses. |

En effet, l'étude approfondie des animaux inférieurs m’a bientôt convaincu de la fausseté de toutes ces comparaisons; et en portant ensuite mes investigations sur le mode de développement des organismes, j’ai dû abandonner une à une toutes les bases de cette doctrine.

Il nous suffit des notions les plus élémentaires d’anatomie comparée et d'embryologie pour nous convaincre qu'un animal supérieur ne présente à aucune période de son développement, l'ensemble de caractères propres aux types zoologiques inférieurs ; que l'Homme, par exemple, n'est pas, dans le sein de sa mère, un Mollusque, puis un Poisson et un Reptile, avant que de posséder le mode d’organisation propre à l’espèce humaine. Il n’est aujourd’hui aucun naturaliste qui songerait à soutenir une opinion semblable, et nous n’avons pas à nous y arrêter ici.

Mais alors, quel sens faut-il attacher à cette comparaison entre l’ensemble des créations zoologiques et la série des modifications que subit l'embryon d’un animal supérieur ? Comment l’espèce humaine représenterait-elle dans ses états transitoires, les modes d'organisation si variés des classes inférieures?

L'organisme d’un animal en voie de formation offriraitil successivement les caractères que les zoologistes considèrent comme étant essentiels, dominateurs dans chacun des types dont il serait le représentant transitoire , bien: qu’il n'en revête jamais la forme générale ? |

Il suffit encore d’un petit nombre de faits bien connus des naturalistes pour prouver que l'embryon d’une espèce

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