CHAPITRE VI
rieur qu'il ne le serait à l’âge adulte; et par conséquent c’est avec raison que Geoffroy Saint-Hilaire a comparé les Poissons à l'embryon du Mammifère ou de l’Oiseau, lorsqu'il a voulu saisir les analogies dans la composition de la charpente solide du corps des divers Vertébrés. Cette méthode a conduit également M. Serres à des résultats importants pour l'anatomie comparée du cerveau, et elle est indispensable pour la solution d’une multitude de questions du plus haut intérêt; mais une étude attentive des phénomènes génésiques et de la structure permanente des animaux inférieurs fait voir que ce n'est pas un simple arrêt de développement dans la série des transformations organiques du type zoologique le plus élevé qui détermine le caractère de chacun des grands appareils chez les animaux inférieurs.
Ainsi le système nerveux d’un Vertébré ne présente jamais le mode d'organisation caractéristique de ce même système chez un Mollusque ou un Articulé. Chez ces derniers, les principaux centres médullaires unis entre eux par des commissures et des connectifs plus ou moins longs, forment, comme on le sait, une sorte de collier autour de l'œsophage et sont situés les uns au-dessus, les autres audessous du tube digestif, Chez les Vertébrés, au contraire, tous les foyers d’innervation sont placés du côté dorsal de ce canal et y constituent l'axe cérébro-spinal. Or, dès l’origine, ce système cérébro-spinal occupe dans l’économie la place qu’il doit conserver, et il n’a jamais avec l’appareil digestif les rapports de position qui existent entre cet | appareil et l’ensemble des ganglions nerveux du Mollusque Ou de l’Articulé. Le plan d’après lequel ces parties sont . disposées n’est done pas le même chez le Vertébré et chez l’Invertébré ; à cet égard, ainsi que pour l’ensemble de
son organisation, l'embryon du premier ne représente pas d’une manière transitoire l'état permanent du second, IL en est de même quant à la composition de ce système. Les anatomistes ne sont pas d’accord sur la détermination des parties qui entrent dans la formation de la chaine
ganglionnaire des Invertébrés ; mais quelle que soit l’hypo=. thèse que l’on adopte, on arrive au même résultat en ce
qui touche à la théorie de la concordance des formes embryonnaires et des types zoologiques inférieurs. Effectivement, pour lesunsles ganglions céphaliques de l’Insecte seront l’analogue du cerveau de l'Homme, et la moelle allon= gée de celui-ci aurait pour représentants les ganglions postœsophagiens du premier; or une pareille disjonction des éléments de l'axe cérébro-spinal n'existe chez le Vertébré à aucune période de la vie embryonnaire, et cet axe offre dès l’origine une structure qui n’existe dans les ganglions d’aucun Invertébré. D’autres anatomistes, adoptant les: vues ingénieuses de M. Serres, considèrent tous ces ganglions de l’Invertébré comme étant les analogues, non pas du cordon cérébro-spinal, mais des ganglions qui se voient sur la racine postérieure des nerfs rachidiens du Veriébré ; mais s’il en est ainsi, à quelle période du déve= loppement trouverait-on chez ce dernier une disposition
analogue? quand verrait-on dans l'embryon humain un
système nerveux composé de nerfs rachidiens avec leurs ganglions radicaux, et point de cordon rachidien ni d’en-
céphale ? On sait, au contraire, que chez le Vertébré l'axe | cérébro-spinal se montre dès les premiers moments du tra- | vail organique, et tout porte à croire qu’il commence à se | former avant que l’ensemble des nerfs périphériques ne se
soit encore constitué.
Je Le répète donc : à aucune période de la vie embryon |
mn nes