‹ Introduction a la zoologie générale, ou, Considérations sur les tendances de la nature dans la constitution du règne animal (volume 2)Chapitre 53 sur 114 · CHAPITRE Vi · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vi

sant du Mammifère ou de lOiseau les représentants du système trachéen d’un Insecte ou d’un Myriapode, par exemple, ni même les branchies d'un Poisson; et par conséquent, en ce qui concerne les instruments de la respiration, il resterait toujours démontré que l’organogénie des animaux supérieurs n'offre pas une représentation fugace des structures demeurées permanentes dans les rangs inférieurs du Règne animal. -

Les organes sécréteurs et l’appareil de la reproduction sont dans le même cas. En un mot, quel que soit le système d'organes dont on étudie les métamorphoses chez l’embryon d’un animal supérieur, on n’y retrouve jamais le ta bleau mobile des formes qui sont fixes et permanentes dans les divers types zoologiques dont le rang est moins élevé. On voit que la tendance générale de la nature n’est pas de se servir des modes de structure propre à ces types inférieurs comme d’autant de préliminaires dans le travail constitutif des organismes plus parfaits ; souvent elle met en usage des procédés analogues pour obtenir des matériaux anatomiques dont l'essence et les formes défnitives doivent être très-différentes, mais il est bien évident qu’elle ne se borne pas à avancer de plus en plus vers la perfection en suivant un seul et même plan.

… L'hypothèse d'un simple arrêt de développement dans la

Série des changements que subissent les organes en voie de

formation chez les animaux les plus élevés, ne suffit donc pas pour nous rendre compte des modifications sans nombre dont l’anatomie comparée nous révèle l'existence dans les parties correspondantes de l’économie animale Chez les animaux inférieurs. |

La doctrine de la concordance des formes embryonnaires des animaux supérieurs et des formes définitives des

…. 18 espèces inférieures ne saurait donc être admise, ni pour : l'ensemble de l'organisme, ni pour les traits distinctifs ou caractères dits dominateurs, ni pour les grands spparellsg considérés isolément. L

Les études embryologiques, loin de fratl comme on. l'avait espéré, une démonstration de l’unité de plan dans. le Règne animal tout entier. et de rendre palpable Penchai=. nement de tous les êtres animés en une longue série li=. néaire qui s’étendrait depuis la monade jusqu’à l'Homme, conduisent même au résultat le plus opposé. Elles nous. montrentla diversité destypes fondamentaux dès le début de” la vie embryonnaire et nous apprennent, mieux que ne saurait le faire l'anatomie comparée ordinaire, combien les plans d'organisation employés dans la constitution du Règne animal, different entre eux par leurs linéaments généraux aussi bien que par les détails de leur mise en œuvre.

Ainsi non-seulement la structure d’un Vertébré adulte n’est pas réductible au plan anatomique d’un Mollusque ou d'un Articulé, et l'embryon du premier ne représente jamais d’une manière transitoire le mode d’organisation permanent chez ces derniers ; mais l'unité de type n’existe pas même chez les embryons de ces animaux comparés entre eux à une période quelconque de leur développement. Dès qu’un Vertébré commence à se constituer il. porte en lui le cachet de son embranchement et diffère. essentiellement de tout animal invertébré, soit adulte, soif embryonnaire.

En effet, lorsque la matière plastique qui doit conetituil un Mammifère, un Oiseau, un Reptile ou un Poisson, laisse apercevoir les premiers résultats du travail organogénis | ques dont elle est le siége, une ligne longitudinale se des

CHAPITRE VI. + 00 - sine sur le blastoderme et marque la place du futur axe | cérébro- -Spinal, Chez l'embryon d’un Mollusque, d’un Arti- “culé ou d’un Ver, cette ligne rachidienne ne se montre pas ;

ES et la raison de cette différence primordiale est facile à

comprendre, puisque l’analogue de l'axe cérébro-spinal du Ver tébré ne doit jamais exister chez un animal invertébreé.

La portion de l’organisme qui se constitue en premier

© chez les animaux de l’embranchement supérieur est donc

précisément une partie qui manque toujours dans la structure de l’Invertébré; et cette partie primordiale de l'animal | vertébré est, sans contredit, un des éléments les plus im-

# | portants de son économie, un des traits les plus Caractéristiques de son mode de constitution.

Toutes les observations s'accordent à montrer que le jeune embryon de ertébré, en se Vdéveloppant davantage, acquiert bientôt les premiers éléments d’un autre système organique dont les animaux inférieurs sont toujours pri-

*vés; car à peine la ligne rachidienne est-elle devenue un

sillon ou un canal, qu'on voit se former de chaque côté le long de ses bords une série de pièces solides destinées à

composer les vertèbres. |

IL est également à noter que les rapports du petit être en voie de formation avec la masse vitelline dont il doit tirer ses matériaux constitutifs sont différents chez le Ver-

. tébré et chez les animaux inférieurs. L’embryon du pre-

. nier est en relation avec le vitellus par la face ventrale de

- son corps, et les connexions entre ces parties n’occupent

- que la région abdominale. Une disposition semblable n’a été observée chez aucun Invertébré, Chez les Articulés, Îc

jeune embryon repose sur la masse vitelline par la face dorsale de son corps, c’est-à-dire par le côté où se trouve le centre nerveux principal, celui que lon compare d’ordi-

naire au cerveau des animaux supérieurs. Quelques anatomistes ont cru pouvoir expliquer cette différence primor-

diale en supposant que l’articulé était un Vertébré renversé sur le dos. Mais cette hypothèse ne suffit pas pour ramener l’organisation de ces deux types à un même plan. En

effet, les rapports de position deviendraient ainsi les mê-

mes entrele vitellus, le canal digestif et les ganglions {horaciques de lArticulé d’une part etle vitellus, lintestin et la moelle épinière du Vertébré d'autre part; mais tandis que les centres nerveux e'phaliques de ce dernier sont situés du même côté du tube digestif que la moelle épinière, les ganglions cérébroides de l’Articulé se trouvent du côté opposé, c’est-à-dire entre le vitellus et le canal alimentaire. Le principe de l'invariabilité des connexions organiques sur lcquel on aurait à s'appuyer pour établir des analogies entre les diverses parties du corps d’un Vertébré marchant sur le ventre et d’un Fnvertébré marchant sur le dos, viendrait done à faire défaut en ce qui touche aux systèmes les plus importants de l’organisme, et cela dés le début du travail génésique ; car, si l’on représente par les lettres À, B, C le cerveau et ses dépendances, le tube digestif et le vitellus, on voit que dans l’œuf du Vertébré la position relative de ces parties est indiquée par l’ordre de succession de ces lettres elles-mêmes, tandis que chez l'embryon de l’Articulé on aurait la série À, C, B.

Chez les Mollusques la séparation entre le vitellus et les

parties permanentes de l'organisme du jeune embryon est en général beaucoup moins complète; mais toutes les fois qu’elle devient manisfeste, elle présente des caractères par-

ticuliers et ne se laisse ramener ni à l’un ni à l’autre des

types dont il vient d’être question. Ainsi, chez les Céphalopodes où la distinction entre le corps de l'embryon en voie

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