‹ Introduction a la zoologie générale, ou, Considérations sur les tendances de la nature dans la constitution du règne animal (volume 2)Chapitre 72 sur 114 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

cultés considérables, et le principe de la fixité des rapports anatomiques essentiels dans toutes les espèces dérivées d’un même type est un des guides dont le secours est alors le plus efficace.

Ainsi, rien n'est plus facile pour l'anatomiste que de retrouver dans la patte du Lion ou de l’Ours les représentants ou analogues de tous les matériaux anatomiques dont se compose le bras, l’avant bras ct la main de l'Homme. Les différences deviennent plus grandes entre ces organes locomoteurs et l'aile d’une Chauve-Souris ou la nageoiïre d’un Dauphin, sans toutefois que l’uniformité de composition cesse d’être manifeste. Mais lorsqu'on compare entre eux les os de l’épaule d’un Mammifère ordinaire et d’un Oiseau ou d’un Reptile, on hésiterait peut-être à considérer ces derniers comme ayant tous leurs analogues dans le squelette humain, si on ne s’appuyait sur le principe des connexions pour trouver dans la clavicule inférieure des Oiscaux le représentant de l’os qui chez l'Homme se trouve soudé à l’omoplate et réduit à ne former que l’apophyse coracoïde.

C’est aussi en s’aidant de considérations du mème ordre que M. Savigny a été conduit à sa belle découverte sur la constitution de l’appareil buceal des Insectes. Jusqu’alors on pensait qu’il n’y avait rien de commun dans la structure des organes masticateurs d’un Insecte broyeur, tel que la Sauterelle ou le Scarabée, et la trompe du Papillon ou le suçoir de la Cigale. Mais, en adoptant pour point de départ dans ses recherches l'hypothèse de la fixité des rapports anatomiques chez ces divers animaux, M. Savigny a été conduit à voir dans les valves de la trompe des Lépidoptères les analogues des mâchoires d’une Sauterelle, et à considérer le siphon des Cigales comme étant composé

des mêmes éléments que l’appareil masticateur des Coléoptères ou des Orthoptères. Or, tout vient confirmer la justesse de ces vues, et aujourd’hui cette portion importante de la théorie de M. Savigny est considérée par tous les naturalistes comme une vérité acquise à la science.

Mais dans quelles limites la nature a-t-elle adopté cette règle? a-t-elle assujetti le règne animal tout entier à cette fixité dans les rapports que les éléments anatomiques de l'organisme présentent entre eux chez les Mammifères ou les Oiseaux, ou a-t-elle rendu ces rapports variables chez les animaux construits d’après des types différents ? a-t-elle donné à ce principe force de loi dans la sphère de son action, ou ne l’emploie-t-elle que dans la grande majorité des cas sans y donner une puissance absolue et invariable sur tous les organismes dont le plan fondamental est cependant identique? Enfin, a-t-elle attribué à tous ces rapports anatomiques une même valeur, une égale constance, el dans Île cas contraire, comment devons-nous faire usage de cette tendance à la constance des connexions pour la détermination des parties qui se représentent mutuellement dans des organismes différents?

La première de ces questions se trouve déjà résolue par les faits mentionnés dans l’un des chapitres précédents. Nous avons vu que les organes les plus importants ne conservent pas entre eux les mêmes rapports chez les Vertébrés et les Mollusques ou les Articulés. Chez les premiers, les trois organes dont le rôle est le plus considérable dans la vie de l'individu, le cerveau, le tube digestif et le cœur, se succèdent du côté dorsal au côté ventral du corps dans l’ordre suivant lequel je viens de les nommer, tandis que chez les Crustacés, par exemple, le cerveau et le cœur sont placés l’un et l’autre au-dessus du tube alimentaire, et les

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