CHAPITRE III
•servent en même temps comme organes urinaires ; chez les •Mollusques gastéropodes, et probablement même chez les Acéphales, l’appareil hépatique n’est plus chargé de la sécrétion de l’urine, mais cet appareil ne consiste guère iqu’en une glande dont la structure est très-simple; enfin, chez la plupart des animaux vertébrés, en même temps que la division du travail s’établit parmi les divers vaisseaux, klont la glande se compose, il y a séparation entre les instruments producteurs et les instruments conservateurs de la bile; un réservoir spécial s’ajoute au foie et permet à l’organisme de mieux régler l’emploi des liquides hépatiques.
Enfin la division mécanique des aliments, qui contribue puissamment à en faciliter la digestion, se perfectionne aussi par la spécialité d’action des parties chargées de l’effectuer. C’est d’abord la tunique musculaire de la cavité stomacale, c’est-à-dire l’agent moteur général de l’appareil, qui, en se resserrant, comprime les matières alimentaires logées dans cette portion du tube digestif et les écrase imparfaitement; puis l’action mécanique de l’estomac ou du vestibule pharyngien devient plus puissante par l’addition de corps durs sur certaines parties de la surface de ses parois, ainsi que cela se voit chez les Crabes et les Écrevisses ; quelquefois même l’estomac triturant devient distinct de l’estomac qui digère réellement : le gésier des oiseaux granivores nous offre un exemple de cette spécialité d’action. Enfin, chez les animaux où ce genre de travail mécanique doit s’exécuter mieux encore, et où la possibilité de l’introduction des matières étrangères dans la cavité digestive ne doit pas être subordonnée au volume de ces :orps tels qu’ils se rencontrent dans la nature, l’entrée des voies digestives se garnit d’instruments mécaniques partie iuliers propres à opérer la division des aliments. L’orga-
nisme s’enrichit alors de l’appareil dentaire, et la tendance, générale que nous venons de signaler dans la disposition des autres parties du système digestif se reconnaît encore dans les modifications offertes par ces instruments nouveaux. En effet, l’appareil dentaire cesse bientôt de se composer d’éléments fonctionnant tous de la même manière, et la division du travail s’établit comme dans toute machine perfectionnée. Les incisives, les canines et les molaires remplissent des rôles différents, et souvent même la série des molaires à son tour se divise en deux sortes d’instruments, en dents carnassières et en dents tuberculeuses, suivant que celles-ci doivent servir à couper la chair ou broyer des matières végétales.
Les substances nutritives élaborées par la digestion, ainsi que les fluides que l’animal peut puiser directement dans le monde extérieur sans y faire subir de modifications préalables, doivent être distribués dans toutes les parties de l’organisme, et les sucs employés à cette espèce d’irrigation physiologique doivent servir aussi à entraîner vers l’extérieur les matières qui se séparent des tissus vivants et qui sont destinées à être expulsées de l’économie. Chez tous les animaux les fluides nourriciers doivent donc sc mouvoir dans l’intérieur du corps, et à mesure que l’on passe des êtres les plus simples vers les espèces les plus élevées on voit cette distribution des sucs devenir plus complète, plus rapide et plus régulière. Or, ce perfectionnement est encore une conséquence de la division du travail.
Effectivement, chez les animaux inférieurs, ce service de transport n’est confié à aucun agent spécial, et 1 organe qui élabore les matières nutritives est chargé en même temps ■ de les conduire à leur destination. Chez les Polypes hydrat" res, par exemple, la cavité alimentaire occupe presque en