‹ Introduction à la zoologie générale, ou, Considérations sur les tendances de la nature dans la constitution du regne animalChapitre 41 sur 82 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Sommaire. — Démonstration de la diversité des types essentiels par l’embryologie. — Réfutation de la théorie de la constitution de la série zoologique par des arrêts de développement dans le travail génésique arrivés à des degrés divers. — Caractères généraux des transformations embryologiques, dans leurs rapports avec les groupes naturels du règne animal.

Lorsqu’on cherche à se former une idée du plan suivi par la nature dans la constitution du Règne animal, il ne suffit pas d’étudier les organismes dont le développement est achevé et de comparer entre elles les espèces à leur état parfait 5 il faut aussi, avons-nous dit, suivre pas à pas la puissance créatrice dans la production des exemplaires nouveaux de chacune de ses œuvres zoologiques, et, de la sorte, assister, pour ainsi dire, à la formation des êtres dont on voudrait déterminer le caractère et les rapports essentiels.

Pendant longtemps, cependant, les naturalistes croyaient pouvoir négliger les observations embryologiques. On pensait assez généralement que le jeune animal, dès le premier moment de son existence, ressemble en tout, sauf le volume, à ce qu’il devient plus tard; on le représentait comme une sorte de portrait en miniature de l’animal

adulte, et on supposait qu’au début de la vie le germe de tout être animé renferme déjà la totalité des organes dont sera pourvu l’individu que ce germe va former; on admettait que ces parties, encore trop ténues ou trop délicates pour être saisies par nos sens, n’avaient qu’à se raffermir et à grandir pour donner à l’organisme sa constitution définitive; en un mot, que c’est par un phénomène de simple évolution que l’embryon devient un animal parfait dans son espèce. Suivant cette théorie, l’être en voie de formation aurait été comparable à une de ces plaques daguerriennes qui, frappée par la lumière, porte déjà à sa surface toutes les empreintes du merveilleux dessin dont elle doit bientôt se couvrir, mais n’en laisse rien apercevoir jusqu’à ce que la vapeur du mercure soit venue donner corps à cette image virtuelle et en faire peu à peu ressortir tous les détails. Préférer l’examen d’une esquisse vague et microscopique, lorsqu’on a sous les yeux le même tableau peint avec des teintes vigoureuses et sur de grandes proportions, ce serait se créer à plaisir des difficultés inutiles; et, par conséquent, on comprend facilement que sous l'influence d’une semblable doctrine les naturalistes devaient être en général peu disposés à étudier l’organisation des animaux dans des êtres à l’état d’embryon. Or, jusqu’en ces derniers temps, la théorie de la formation des corps vivants par le simple développement de parties préexistantes était adoptée par presque tous les maîtres de la science, et on y croyait si bien que l’on ne reculait devant aucune des conséquences qui en découlent; l’emboîtement indéfini des germes, par exemple, idée dont l’imagination la plus hardie semble devoir s’effrayer et dont notre esprit ne saurait embrasser l'immense étendue.

Tous les zoologistes, il est vrai, n’acceptaient pas ces

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