‹ Introduction à la zoologie générale, ou, Considérations sur les tendances de la nature dans la constitution du regne animalChapitre 70 sur 82 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

foyers nerveux, au lieu d'être lous concentrés du côté dorsal de ce même tube, sont situés en partie du côté ventral. Les rapports anatomiques ou connexions de ces parties se trouvent donc intervertis de la manière la plus manifeste, et ce que je viens de dire des Crustacés est également vrai pour les autres animaux articulés et pour le type malacologique; l’ordre de position de ces parties étant représenté chez les Vertébrés par A -f- a, B, C, devient A, C, B, a, chez la plupart des autres animaux.

La loi des connexions ne régit donc pas, même dans ce qu’il y a de plus important dans l’organisation générale des êtres vivants, la totalité du règne animal, et ne s’applique qu’aux dérivés d’un même type fondamental, c’està-dire aux divers membres d’un même embranchement zoologique. Mais là encore elle n’est pas absolue, et son influence varie suivant le degré d’affinité qu’ont entre eux les divers éléments anatomiques de l’organisme.

En effet, les rapports de position sont moins stables entre les os et les nerfs ou les muscles d’un Vertébré qu’entre les diverses pièces de sa charpente solide, et ces parties élémentaires d'un même appareil constituent des groupes dont les connexions mutuelles sont plus variables que ne le sont les relations mutuelles des membres d’un même groupe osléologiquc.

Ainsi, chez les Reptiles, comme chez les Mammifères, la série des connexions reste invariable entre les divers éléments anatomiques dont se compose le groupe appendiculaire antérieur, c'est-à-dire la portion du squelette appartenant à chacun des membres thoraciques; mais les rapports de ce groupe avec le système rachidien ne présentent pas la même fixité; car chez les Sauriens, de même que chez les Mammifères, le scapulum s’appuie sur la face

ZOOÎ.OGIK GÉNÉRAI. K.

externe dos eûtes, tandis que chez les Tortues il est lug. dans l’intérieur du thorax. Enfin, chez les Poissons ce même système scapulaire cesse d’être en connexion avec l’appareil costal, et se trouve uni aux os du crâne.

La fixité des rapports anatomiques paraît donc être une tendance de la nature créatrice plutôt qu’une loi de l’organisation, et celte tendance, qui s’arrête devant les changements de type caractéristiques des grandes divisions du règne animal, influe à divers degrés sur l’arrangement des différentes parties constitutives de l’organisme.

Pour employer utilement le principe des connexions dans la détermination des analogues, il faut aussi tenir compte de celte tendance au fractionnement des organes qui se manifeste quelquefois dans la structure des animaux, et qui fait qu’un seul élément anatomique se trouve représenté ailleurs par tout un groupe d’éléments bien distincts. Il faut également se rappeler que souvent les rapportsanatomiques sont modifiés par l’apparition de parties nou- • vellcs plus ou moins homologues de celles qui existent: ailleurs, et qui viennent s’intercaler dans la série formée par celles-ci. En général, on a trop négligé cette considération, et c’est peut-être pour ne pas y avoir eu égard que M. Savigny est arrivé à quelques déterminations un peu arbitraires dans l’assimilation des pattes des insectes à une portion des organes masticateurs des Crustacés.

Effectivement, de ce que dans certains dérivés d’un même type zoologique les éléments A, B, C, I), E et F se succèdent dans l’ordre que je viens d’indiquer, on ne peut pas en conclure légitimement que, dans tous les organismes appartenant au même groupe naturel, l’élément anatomique que suivra l’élément C sera réellement l’analogue de D ; il pourra être le représentant de E ou de F,

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