CHAPITRE X
peuvent exercer les unes sur les autres, mais de leur coordination sous l’empire d’une puissance commune, d’un plan préconçu, d’une force préexistante.
Mais en quoi consiste cette puissance qui s’exerce d’une manière différente dans chaque espèce, et qui donne à tous les individus dont chacun de ces groupes se compose un cachet particulier? La matière qui doit s’organiser pour constituer l’un quelconque de ces êtres ne présente ni dans sa composition chimique, ni dans son arrangement moléculaire, ni dans sa forme générale, aucun caractère qui puisse même être considéré comme se liant au mode de structure, par lequel le produit du travail embryogénique dont elle va être le siège se distinguera de toutes les autres espèces zoologiques ; rien dans la constitution de l’œuf dos oiseaux, par exemple, n’indique qu’il doit sortir de l’un de ces corps un Gallinacé plutôt qu’un Échassier on un Palmipède. La force vitale occulte qui déterminera, dans chacune de ces masses de matière organisable, l'édification de la machine animée, en règle le caractère, et l’oriqine de cette force semble être la seule circonstance qui donne à son action cette direction spéciale. C’est parce que l’œuf a été formé par une Colombe ou par un Faucon qu’il en naîtra un individu nouveau appartenant à l’une ou à l’autre de ces espèces, et non à raison de quelque particularité dans sa constitution appréciable par nos sens. Si nous voulons nous engager plus avant dans nos spéculations sur le mode de création du règne animal, il faudra donc nous occuper maintenant de l’origine de ces êtres, et chercher à fixer nos idées touchant l’inlluence d’hérédité et la constance ou la variabilité des espèces.
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