‹ Introduction au "Dictionnaire de chimie industrielle"Chapitre 15 sur 262 · CHAPITRE III. — KOt’IVAI.E.NTS. 3. · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. — KOt’IVAI.E.NTS. 3.Â

cuivre dans un creuset, le métal change peu à peu de nature et se transforme en ime poudre noire (oxyde de cuivre), dont le poids est supérieur d’un quart au poids du cuivre employé. Enflammez un morceau de bois, il brille et disparaît entièrement, laissant à peine ipielques cendres dont le poids représente .une très-petite fraction du poids du corps combustible, le centième, par exemple. Dans les deux cas que je viens de citer, le poids de la matière mise en expérience , loin de se conserver, semble tantôt augmenter et tantôt diminuer.

L’interprétation de ces faits est demeurée longtemps mystérieuse. Les alchimistes l’ont cherchée vainement pendant des siècles; tantôt ils voyaient disparaître les êtres sur lesquels ils expérimentaient, et tantôt se manifester des forces inconnues résidant dans des êtres invisitiles. Troublés par le spectacle de ces transformations indéfinies de toutes les substances matérielles, ils n’ont pas réussi à constituer sous une forme scientifique l’objet de leurs études. C’est seulement à la fin du siècle dernier que la découverte des gaz et l'etude de leurs propriétés a permis d’éclaircir tous les points obscurs et de donner à la science chimique des principes assurés.

Ainsi , les phénomènes signalés tout à l’heure s’expliquent par les propriétés des corps gazeux :

1" Si le cuivre chauffé dans un creuset se transforme et augmente de poids, c’est qu’il absorbe l’oxygène, l’un des éléments gazeux de l’air ; et le poids du corps noir ainsi formé (oxyde de cuivre) est égal aux poids réunis du cuivre et de l’oxygène qui se sont combinés. En efiét, on peut chauffer le cuivre dans un vase dont l’air demeure exclu, et dans ce cas il ne change ni de poids ni de nature; mais si on le chauffe dans un appareil convenable, avec de l’air dont on connaît le poids et la composition, on reconnaît à la fin de l’expérience que cet air a perdu un poids d’oxygène égal à l’accroissement du poids du cuivre lui-mê-me.

‘2“ Le bois qui brille et disiiarall se combine à l’oxygène de l’air : il donne ainsi naissance à de l’eau et à des produits gazeux. Le poids total de cette eau et de ces gaz, réuni au poids des cendres, est égal au poids total du bois et de l’o.xygène disparus pi'ndant la combustion.

La loi qui vient d’être exposée conduit immédiatement à la découverte d’une autre, dont la première est une conséquence immédiate. Si l’on étudie les transformations chimiques que subissent les divei-s corps de la nature , ou reconnaît que toutes

3ti INTIIODI f.TION. — .SOTIO.NÏ KLK.MKNTAIIIKS.

ces trausloruiations s’oiiérenl cuire un certaiu nombrt' de substances que l'ou n'a pas réussi à décomposer ou à uiétamorplioser les unes dans les autres ; ce sont les corps simples ; ils représentent le terme extrême de toutes nos analyses. Tous les corps composés résultent de la combinaison des corjis simples entre eux. Si ces corps ne peuvent être ni décomposés, ni anéantis, ni transformés, il est évident que.

Le poids de chacun des corps simples qui concourent à une réaction denmire invariable.

De ceci résulte la loi exposée tout à l’heure ; en effet, pour citer un exemple : si le poids du corps noir formé en cliauffaul le cuivre au contact de l’air est égal aux poids réunis du cuivre transformé et de l’ox'ygéne absorbé , c’est parce (jue le cuivre et l’oxygéne sont des corps simples indécomposables. Le corps noir (oxyde de cuivre) renferme donc ce cuivre et cet oxygène, et il renferme précisément les poids de ces corps sous lesquels ils ont concouru à le former.

• (l’est sur ce principe’ tpi’est fondé tout l’art de faire des expé-

• riences en chimie ; on est obligé de siq)iioser dans toutes une

• véritable égalité ou éipiation l’ntre les principes du corps qu’on ■ examine et ceux ([u’on eu relire par l’analyse. • (LvvoisiKn, Tr. de Ch., I, 111, édition.)

La découverte des lois qui piéci’dent, leur démonstration experimentale poureuivie dans les phénomènes chimiques les plus généraux et les plus importants, la constatation de la nature simple des métaux , enfin la science tout entière assise sur des bases définitives, telle e.st l’œuvre de Lavoi.sier : c’est pai‘ là qu’il est demeuré le fondateur de la cliimie moderne.

II. Loi nKs l’HOPOHTiofis üÉKiNiKs. — Quand deux corps se combinent, les composés auxquels ils donnent naissance sont formés par ces deux corps unis en proportions invariables.

Ainsi 9 parties d’eau sont toujours formées de 8 parties d’oxygène et de 1 partie d’hydrogi-ue, (]uelles que soient les circonstances dans lescjnelles l’eau prenne naissance. Si l’on enflamme im mélange de 8 parties d’oxygène et de 1 ]iarlie d’hy'drogéne. la totalité du mélange s<î combine et forme 9 jiarties d’eau ; mais si l’on enflamme un mélange de 1 partie d’hydrogène et de 9 parties d’oxygène par exemple , 8 parties d’oxygène seubnnent s’unissent à I ]iartie d’hydrogène , il se foime 9 parties d’eau ; tout l’hydrogène est brillé et il reste 1 partie d’oxygène non combiné. — De

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