‹ Introduction au "Dictionnaire de chimie industrielle"Chapitre 190 sur 262 · C. capsule · texte numérisé non relu

C. capsule

soit, s’il est besoin d’une température élevée, au feud’uue lampe à essence avec double courant d’air, telle que par exenijile la lampeforge de M. Dexàlle.

Quelquefois celle calcination devra se faire dans un gaz autre que l’air atmosphérique. La matière est alors placée dans une nacelle qu’on dispose dans un tube de porcelaine et, dans ces conditions, exposée .à une température plus ou moins élevée, sous l’influence d’un gaz réducteur, (mmme l’hydrogène, ou oxydant, comme l’oxygène ou le chlore.

Ainsi, certains oxydes seront réduits par l’hydrogène, et de la

CHAPITOK ff. — MÉTHODES CÉNKIIAI.KS. Ijr/)

perte de poids que suljiront ces oxydes ou du poids de l'eau produite, on déduira la pro])ortion de l'oxygène. Dans la niêiiie

Fig. 149.— Lampe-forge dcM. Sainte-Claire-Deville.

E, flacon k euence de térébenthine. I T. tube conduiaant l’air à la cheminée K.

8. tube de sùrete. I U, Q, appareil à recueillir Tetaence non

Al arrÎTée de l’air d'un loufflet. I brulee.

I C, capsule.

circonstance, certains métaux volatils pourront être séparés de métaux fixes. C’est ainsi que le zinc sera .séparé* du cuivre; les métaux à chlorures volatils seront séj)arés d’autres à chloioires fixes, etc.

La présence de l’air peut toutefois être évitée d’\me façon plus simple ; c’est ainsi, par exemple, que l’on opère la séparation des éléments du laiton eu cliauil'ant cet alliage dans nn creuset de terre brascpié (doublé de charbon) ; le zinc volatilist'î se répand dans le charbon et finalement sort du creuset. Le cuivre seul reste intact; la constance dans la valeur de plusieurs pesées successives annonce que le résultat est définitif.

Attaque de la luatièvc. — L'attaque ou la dissolution se fait par voie humide ou par voie sèche; ainsi que nous l’avons dit, la nature des vases à choisir est indiquée par la connaissance du corjis qu’a donnée l’analyse qualitative. Disons seulement que le corps attaquant et le produit de l’atlaque doivent être sans action sur le vase qui sert à l’opération.

Précipitation, filtration, laraye. — Les corps dissous sont souvent séparés par précipitation. Nous avons iudùpié les conditions à

3*'(l INTHUDITTION, — analyse CHIMIOI'E.

observer dans l’emjiloi des réactifs précipitants; nous ajotilerons

Fig 150. — Lavage des pr^cipit<*s.

P. piquette. I F, fllire à plU.

T, tube d insurflation. I V, vaatc a recueillir les eaux dr lavage-

T', tube abducteur de l’eau. | S, support.

seulement que le précipité est, autant que possible, lavé par décantation, puis recueilli sur un filtre avec ou sans plis, et lavé ensuite avec une pissette, à l’eau chaude si cela est possible.

Certains précipités sont tellement divisés que le filtre ne les retient pas. On n’obtient, dans ce cas, un liquide clair qu'à la condition de rejeter plusieurs fois sur le filtre le liquide qui a passé trouble, ou bien encore d’attendre, pour opérer la filli-ation , quelques heures pendant lesquelles la dissolution est maintenue à uu(‘ douce température.

Dessiccntion, combustion des fillre^. — Lorsque le lavage est achevé, la matière doit être séchée et pesée. Le plus souvent, il est nécessaire de brûler le filtre dont le i)apier a dit être choisi assez pur pour que le poids de ses cendres ait peu d’influence sur le résultat obtenu. Pour brûler un filtre, on en détache le précipité qu’on dépose dans la capsule où doit s’achever la dessiccation et s’opérer la pesée; puis on plie et replie le liltie sur lui-même de

CIJ.U’rmE l'f. — MÉTHÜUf:S OÉ^•ÉHALE^^. ;)6I

ïTianit're à obtenir nu petit rouleau de papier très-serré qu’ou entoure avec un fil de platine, roulé eu spirale, et assez long pour servir de suiiporl. Le filtre ainsi roulé est incinéré au-dessus de la capsule ; on y met le feu avec la flamme de la lampe, et par de l)etits mouvements d’oscillation de haut en bas, on entretient le coiu-ant d'air.

La comlmslion est complète lorsqu'il n’y a plus sur les cendres du filtre de petits points noirs de charbon.

Rèsullat. — La pesée se fait avec les précautions indiquées ; le résultat de l’analyse est bon si, après calcul et addition des divers éléments, nu retrouve le poids de la matière employée.

Ce n’est pas à dire que ce résultat donne les éléments eiL\mémes eu nature et isolés; le plus souvent ils seront engagés dans des combinaisons , et quelquefois l’un ou phtsiours d’entre eux ne sont pas recueillis, mais dosés par voie indirecte, c’està-dire qu’on en déduit la quantité du poids d’un corps auquel ils ont donné naissance; ])ar exemple, du poids d’un pi-ècipité de chlonin' d’argent, on peut déU'rminer le poids de la soude existant dans un savon. En effet, prenons un savon de soude. Nous en pesons un jioids déterminé que nous décomposons par l’acide chlorhydrique. Nous obtenons, après filtration, évaporation, dessiccation et calcination du résidu, toute la soude à l’état de chlorure de sodium. Ce résidu, dissous et précipité par le nitrate d’argent, donne du chlorure d’argent dont le poids représente le chlore du chlorure de sodimu et, par déduction, le sodium de ce sel et la soude du savon.

11 arrivera même, dans des cas simples, «lu’un corps sera évalue par dilférence. C’est ainsi que dans des analyses de matières organicjues, composées d’hyilrogène , de carbone et d’oxygène, on détermine l’hydrogène par le poids de l'eau dont 011 défalque l’oxygène , le carbone jiar le poids de l’acide carbonique dont ou défalque l’oxy'gène; taudis que l’oxygène lui-méme est dosé par dilférence. Son poids est ce qui manque à la sommo de l’hydrogène et du carbone obtenu pour représenter la matière employée.

Calcul. — Les résultats de l’analyse donnent le quantum de chacun des constituants de la substance sous le poids employé ou sous un ])oids quelcoïKjue, le poids 100 par exemple; une simple règle de trois permet d’arriver à une forme plus comparable pour représenter les résultats, et qu’on appelle composilion en centièmes. Toutefois cette relation de nombres n’indique rien de la constitu-

INTRODUCTION. — ANALYSE CHIMIQUE

tion (le la matière. Lorsque le chimiste veut exprimer les liens de parenté de la substance qu’il analyse avec, les autres substances Pt lui assigner une place selon la nomiuidature, il faut (ju’il interroge sa constitution intime, le mode de groiipiunent de ses éléments, et qu’il arrive à la représenter par une formule déduite ' de l’expériimce au service de son raisonnement, la formule rniionnelle ou raisonnée.

Telle est la vue d’ensemble de l'analyse cbimiijue que notre cadre restreint nous pennet de donner. Nous avons moins insisté sur la science en elle-même qm; nous n’allons le faire sur certains procédés particuliei’s à l’usage des praticiens, par cette raison qu’avec le texte et de la bonne volonté on peut toujoure suivre un procédé dét(‘rminé de rechercbe qualitative ou de dosage d’une substance peu comple.xe; taudis que pour faire l’analyse d’une substance indéterminée, il faut la juatique du laboratoire, et, avant tout, une connaissance .sérieuse de la cbiinie générale, qu’on ne peut pas ajiprendre sans joindre à nne étude approfondie dans les livres une longue pratique devant le fourneau.

CH. lîARRESWIL.

Page 1