ACIDE AZOTIQUE
F.(i'=.M. Symb.=AzO*.
L’acidi* azotiijue est le plus oxygéné des composés de. l’azote, ftn le l'encoiitre souvent dans la nature, niais toujours uni avec des bases, et foriuant des sels dont le plus coniinuu est connu vulgairement sous le nom de nitre ou de salpêtre. Ce sel se forme sur les jiarois des murs humides, aussi le trouve-t-on dans' les plâtras ])rovenant des démolitions. On rencontre de trèsgrandes i)uantités do nitr<! dans certaines localités du Pérou, etc. (V. Poudre). L’azote de l’air se transforme eu acide azotique sous l’influence des étincelles électriques; aussi trouve-t-on cet acide dans l’atmosphère après les orages. 11 n’est donc pas étouuaul de voir se former sans cesse des azotates partout mi une base peut s’emparer de l’acide azotique contenu dans l’air.
L’acide azothjiie a été obtenu jmur la première fois à l’etat anhydre par M. Sainte-Claire Deville. 11 se présente sous l’aspect de cristaux brillants, incolores, transparents, et dont la forme est celle d’un prisme à six faces dérivant du prisme droit à ba.se rlioml)!'. Ces cristaux fondent un peu au-dessous de dO» et entrent en ébullition à 45" environ. La tension de leur vapeur est trésconsidérable. C’est un corps très-instable, qu’il est presipie impossible de conserver, même dans des tubes fermés à la lampe d’émaillcur.
L’acide azotique hydraté, pur et à son maximum de concentration, est un liquide incolore, fumant à l’air et d’une odeur légère. 11 se solidifie à 30" au-dessous de zéro i‘t bout à 80". (Juelquefois l’acide est coloré en jaune par l’acidi' hypoazotique. Cette coloration se imuiifeste surtout dans l'acide azotique qui a été exposé aiLX rayons solaires. 11 y a, en ell'et, sous cette influence, une déconipositiou partielle de l’acide azotique.
Cet hydrate a pour formule Az0%110, et sa densité est égale
11 existe un second hyilrate d'acide azotique qui a pour formule AzO*, HO 4- 3Aq, et dont la densité — 1 ,43.
L’acide azotique |)ossède une extrême acidité. Il transforme tous les métaux, à l’e.xception de l’or, du platine, du rhodium et de l'iridium , en leurs oxydes , jiresiiue toujours h;s plus oxygénés. Il agit avec énergie sur les matières d’origine organique. soie et la plupart des.üssqs animaux. swiL.wlorçs
116 INTHÜULCTIüN. — NOTIO.NS ÉLKME.NTAIllES.
en jaune par cet acide. 11 se dédouble au rouge en bioxyde d’azote et eu oxygène. Il est décomposé aussi par tous les métalloïdes, excepté le chlore et le brume. Eu contact avec les hydracides, il met leurs radicaux en lilierté ; c’est sur cette propriété qu’est fondée la préparation de l’eau régale, mélange formé do trois parties d’acid*; chlorhydrique et d’une partie d’acide azotique, et qui sert à dissoudre les métaux inattaquables par ces acides pris chacun séparément.
On prépare l’acide azotique ainsi qu’il suit :
Dans une cornue de verre munie d’un récipient aussi en verre, on place im mélange de 97 parties d’acide sidfurique concentré (66o à l’aréomètre) et de 100 parties de nitre. On chauffe légèrement la cornue. L’acide azotique distille et se rend dans le réci-
pient. On traite ensuite le liquide distillé par un peu de nitrate d’argent et de nitrate do barj to, qui précipitent, le premier, les chlorures , le second , les sulfates. On décante , et l’on redistille l’acide décanté sm- ^lo *16 son poids de bichromate de potasse ou d’azotate d’uiée.
L’acide azotique ainsi obtenu est à sou plus grand état d<* pureté. Il n’est pas encore cependant à sou maximum de concentration. Pour l’amener à cet état, on le distille avec son volunu' d’acide sulfurique pur, et on recueille seulement ce qui est condensé avant que le mélange atteigne la températiu'e de 90o. Les portions qui distillent entre 90° et 123° forment l’acide représenté par la formule AzO‘,HO -f 3.\q.