Matth., cap. i. Luc.., cap in
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explique ou supprime, dans 1 fivangile, toutes les proclamations de sa royale descendance, si le fait de la proche parente de Marie et de Joseph n eut ete de notoriete publique. Au contraire, elle a mainteriu ces proclamations ; nous les lisons encore sans commentaires. Les aveugles et les boiteux s ecrient : Pitic, pitie sur nous, fils de David! La Ghananeenne : Ayez compassion de ma misere, 6 fils de David ! Les foules etonnees : Est-ce Men le fils de David? Et le peuple, jonchant de rameaux les rues de la cite sainte : Hosanna au fils de David ! Comme le peuple de Jerusalem, Messieurs, entourons le fils de Marie, et, soit que nous descendions, avec saint Matthieu, d Abraham a Juda, de Jada a David, de David a Zorobabel, de Zorobabel a Jacob; soit que nous remontions, avec saint Luc, d Heli a Zorobabel, de Zorobabel a David, de David a Jada, de Juda a Abraham, d Abraham a Adam, saluons dans les veines du plus illustre des hommes, et le sang royal, et le sang de la tribu princesse, et le sang des patriarches elus, et le sang de rimmanite.
Le fait de la descendance de J6sus-Christ etant 6tabli, et sa concordance avec les indications prophe-
tiques Slant v6rifiee, il faut en examiner les circonstances. Les oracles messianiques ont r6pondu a ces trois questions : Quand naitra? oil naitra? comment naitra le Messie?
Jacob, en assurant son fils Juda Phritage des benedictions patriarcales, a determine largement 1 epoque de leur entier et parfait developpement par ces paroles que vous entendiez tout a 1 heure : Le sceptre ne sortira point de Juda, ni le chefde sa race, jusqud- ce que vienne Celui qui doit etre envoye*; et celui-ld, sera fattente des notions. En vain les Juifs modernes s efforcent de prouver que le Shilo, design par le pere des tribus, n est pas le Messie ; la division et 1 embarras de leurs conjectures accusent leur mauvaise foi, et les antiques versions, ainsi que les vieilles gloses judaiques, detruisent impitoyablement leurs interpretations intresses. Deux targum terminent leur glose par cette exclamation : Qu il est beau, le roi Messie qui doit s elever de la maison de Juda : Quampulcher est rex Messias qui surrecturus est e domo Juda M II n y a pas a s y tromper, Mes sieurs, Tenvoye de Dieu sortira de Juda. II en sor tira, aux termes de 1 oracle, (fuand la verge du commandement sera brise entre les mains de la
{. Targum de Jonatham. Targum de Jerusalem.
tribu bSnie, quand ses flancs 6puises ne pourront plus produire un homme capable de rgner sur elle, quand toutes les nations, penches vers le Promis,
attendront sa bienheureuse apparition.
Une autre indication, large encore com me la premi&re, nous est donnee par un des derniers prophetes : a Quel est celui d entre vous, disait Aggee en parlant du nouveau temple, quel est celui d entre vous qui a vu cette maison dans sa premiere gloire? Et qu en voyez-vous maintenant? N est-elle pas a vos yeux comme rien? Mais courage, Zorobabel, courage,
Jesus, fils de Josedec, grand-pretre du Seigneur! Courage, peuple de la terre de Juda; voici ce que dit le Dieu des armees... : Encore un peu de temps, ei j ebranlerai ciel, terre, mer et desert. Toutes les nations seront 6mues, et leur Dfoirt viendra. Je remplirai cette maison de gloire, dit le Seigneur des armees, et 1 honneur de ce dernier temple sera plus grand que celui du premier; en ce lieu, je donnerai la paix *. D apres cette prophetic, le Messie doit
i. Quis ex vobis... vidit domum istam in gloria sua prima? Et quid vos videtis hanc nunc? Numquid non ita est quasi non sit in oculis vestris ? Et nunc confortare, Zorobabel : et confortare, Jesu fili Josedec, sacerdos magne, et confor tare, omnis populus terree, dicit Dominus exercituum..." Adhuc unum modicum est, et ego commovebo coelum, et terram, et mare, et aridam. Et rnovebo omnes gentes : ET VENIET DESIDERATUS cunctis gentibus : et implebo domum istam gloria, dicit Dorninus exercituum... Magna erit gloria
venir dans les temps du second temple. Mais ne connaitrons-nous pas d une maniere plus precise Tepoque de son apparition? Si vous voulez vous satisfaire sur ce point, Messieurs, ouvrez Daniel, et lisez, vers la fin du neuvieme chapitre, ce remarquable texte : Je parlais encore a Dieu, dans mapriere, lorsque Tange Gabriel, que j avais deja vu dans une vision, au commencement, vola prScipitamment vers moi et me toucha. G etait vers le temps du sacrifice au soir. II venait m instruire, et il me parla en ces termes : Daniel, je suis sortidu ciel pour t apprendre quelque chose et te le faire comprendre...; car tu es un horn me de desks. Ecoute ma parole, et saisis bien la vision. Soixante-dix semaines seulement doivent s ecouler sur le peuple et la ville sainte, jusqu a ce que la prevarication soit abolie, le peche expie, 1 iniquite detruite; jusqu a ce que la justice eternelle soit introduite; jusqu a ce que les visions et les propheties soient accomplies; jusqu a ce que le Saint des saints regoive Tonction. Apprends done, et saisis bien. A partir de Tedit qui sera promulgue pour la reconstruction de Jerusalem, il y aura sept semaines et soixante-deux semaines, et, de nouveau, seront baties les places et les murailles, en des temps ditfi-
donrms istius novissimoe plusquam primos... et in loco isio dabo pacem. (Agg., cap. n, v. 4-10.)
ciles. Apres les soixante-deux semaines, le Christ sera tue, et le peuple qui doit le renier ne sera plus son peuple. line nation, avec son chef a venir, renversera le sanctuaire, la ville, et en dispersera les debris. La fin de tout cela, c est la devastation; et, la guerre termin6e, la desolation prononcee par Dieu . Le Christ cependant confirmera son alliance avec un grand nombre, dans la derniere semaine, et, a la moiti de cette semaine, 1 hostie fera defaut, le sacrifice sera aboli, Tabomination de la desolation sera dans le temple, et la desolation perse verera jusqu a la fin des fins *.
1. Adhuc me loquente in oratione, ecce vir Gabriel, quern videram in visione a principle, cilo volans tetigit me in tempore sacrificii vespertini. Et docuit me, et locutus est raihi, dixitque : Daniel, nunc egressus sum ut docerem te, et intelligeres. Ab exordio precum tuarum egressus est sermo : ego autem veni, ut indicarem tibi, quia vir desideriorum es : tu ergo animadverte sermonem, et intellige visionem. Septuaginta hebdomades abbreviate sunt super populum tuum, et super urbem sanctam tuam, ut consummetur prsevaricalio, et finem accipiat peccatum, et deleatur iniquitas, et adducatur justitla sempiterna, et impleatur visio, et propheiia, et ungatur Sanctus sanctorum. Scito ergo, et animadverte : Ab exitu sermonis, ut iterum aedificetur Jerusalem, usque ad Christum ducem, hebdomades septem, et hebdomades sexaginta duae erunt : et rursum sedificabitur platea, et muri in angustia temporum. Et post hebdomades sexaginta duas occidetur Ghristus : et non erit ejus populus, qui eum negaturus est. Et civitatem et sanetuarium dissipabit populus cum duce venturo : et finis ejus vastitas, et post finem belli statuta desolatio. Gonfirmabit autem pactum mullis hebdomada una : et in dimidio hebdomadis deficiet hostia et sacrificium, et erit in templo abominatio desolationis : et usque ad consummationem et finem perseverabit desolatio. (Dan ., cap. ix, v. 21-27.)
Messieurs, cet oracle, dont on ne peut retrancher un seul mot, est (Tune precision mathematique et d une importance capitale dans la chaine des propheties. L epoque que nous cherchons y est ensevelie; nous la degagerons tout a Fheure des faits majeurs qu il est impossible de ne pas examiner.
Deux choses videntes doivent nous servir de point de depart, dans cet examen. La premiere, que Fobjet final des visions et des oracles, le destructeur du pech6, le Saint des saints, Point du Seigneur, le Christ, dont parle Daniel, ne peut etre que Phomme des promesses traditionnelles. La seconde, que les soixante-dix semaines si soigneusement numrees et dcompos6es par le prophete sont des semaines d ann6es. La gravity Pampleur, la solennite, la marche successive des ev6nements en designent la nature, les coutumes des Juifs en autorisent Pusage f . Daniel, quand il parle des semaines de jours, a spin de les distinguer des grandes 6poques, par une expression propre * ; les talmudistes et Fimmense majorite des interpretes juifs admettent sans contestation les se- : maines d annees; enfm, il faut compter pour rien le
1. II est dit dans le Levitique : Vous compterez sept semaines d annees, c est-a-dire sept fois sept ans : Numerabis siptem hebdorrtadas annorum, id est, septies septem. (Cap. xxv, v. 8.)
2. Je pieurais, dit-il, pendant trois semaines de jours : Lugebam tres hebdomadas dierum. (Gap. x.)
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rve des rabbins qui supposent les semaines de siecles, et transportent ]a realisation des esperances de Juda a Tan quarante-huit mille de notre ere.
Partant de la, Messieurs, faites votre calcul. L edit d6finitif de la reconstruction de Jerusalem date de la vingtieme ann6e du regne d Artaxerces, c est-adire de Fan 300 de la rpublique romaine. Gomptez 490 ans, somme des soixante-dix semaines, vous tombez sur la trente-septieme annee de Tere nouvelle. Aux deux extremites de ce temps, il faut trouver d abord quarante-neuf annes pleines d angoisses et de perils, pendant lesquelles les murs de la ville sainte sont rebatis : 1 histoire nous les a racontes; ensuite, une moiti6 de la derniere semaine, pendant laquelle commencent les calamites qui se terminent par la decomposition du peuple juif, la cessation des sacrifices, lesac de Jerusalem, la profa nation et la ruinedu temple : tous ces malheurs sont consommes; vous pouvez en demander le lamen table recit a Thistorien Josephe, a Tare de triomphe de Titus, et a Tinfortun^e ville anjourd hui couchee sous le cimeterre musulman. Mais ce n est pas tout; entre ces deux extremites, il faut un homme appele Christ, Saint des saints, destructeur du p6ch6, auteur d une nouvelle alliance, renie par son peuple, condamne juridiquement, un supplied dont la mort
soil le signal de la supreme catastrophe : ou est-il? Montrez-le-moi, si, comme les Juifs, vous ne voulez pas de notre Jsus. Ah! vous chercherez en vain dans les ossements et les decombres; jamais, non, jamais, vous n evoquerez une ombre illustre qui reponde au cri d appelduprophete. Le fils d Abraham, de Jada, de David et de Marie est le seul en qui se justifie 1 admirable oracle qui toujours a fait le tourment des incredules. II s appelle Christ; il conflrme sa nouvelle alliance, a Tage de trente ans, au com mencement de la derniere semaine; vers le milieu, il est renie par son peuple, et, condamn6 au supplice des criminels, il meurt et 6touffe Finiquite dans son sang, il consomme les visions et les propheties en sa personne, il dechire le voile du temple et le remplit de trouble. II n est plus, et voici que le Sanhedrin se dissout, que des signes sinistres se multiplient, qu une voix s ecrie : Malheur a la ville! Malheur au temple! que le peuple romain creuse ses tranchees et approche ses machines, que les murs s ecroulent, que 1 incendie devore la maison de Dieu, et que la desolation, tombee du ciel, vient s asseoir 6ternellementsur ses mines famantes.
merveille du monde, ta gloire devait 6tre plus grande que celle de la premiere demeure du Tres- Haut, le Seigneur devait precher la paix dans ton
enceinte. Qui te donnera la gloire, qui te donnera la paix, si Jesus-Christ n a rien fait pour toi? Juda ! le sceptre ne devait t echapper qu a 1 arrivee du Messie. Toujours tu fus au poste d honneur en Israel; de tes flancs est sortie une race royale, ton autorit s est conservee meme au milieu des epreuves de la captivite; apres le retour dans la patrie, elle s est a peine soutenue, grevee qu elle 6tait d influences etrangeres et tributaire des puissantes monarchies ; relevee un instant par les efforts patriotiquesdes Asmoneens,elletombe aux mains d un Idurneen, Herode, valet couronne des empereurg remains. Quand as-tu perdu la verge du commanment? Un peu avant ou un peu apres notre Jesus- Christ. Depuis, tu ne t es pas releve de ton profond abaissement. La terre est couverte de tes restes dis perses, et personne ne songe a les rassembler, pour reconstruire Tediflce de la puissance que tu attends. Partout repousse a cause de tes forfaits, tu traines partout le haillon de tes vaines esperances, objet de pitie pour les vrais enfants de Dieu, et de mepris pour les impies. Ou bien, malgre tes traditions, tu n avais pas de propheties, ou bien tu regnes encore, et ta misere morale est la pourpre de ta royaute, ou bien les temps sont venus, et Jesus- Glirist est le Messie predit par ton pere.
Oui, Messieurs, oui, Jesus est le Messie de Jacob, le Desire d Aggee, le Christ de Daniel; vous connaissez Pepoque precise de sa predication et de samort :reculez de trente-trois ans, et tombez a genoux aupres de son berceau.
Mais ou est-il, son berceau? Mich6e le voyait deja, lorsqu il s criait : Et toi, Bethleem-Ephrata, tu es toute petite entre les villes de Juda; de toi, cependant, sortira pour moi celui qui sera le dominateur en Israel ; sa sortie date du commencement, des jours de reternite...Ilse tiendra ferme,il fera paitre son peuple, dans la force et la sublimite du nom du Seigneur son Dieu. Le monde se convertira, parce qu il sera glorifie jusqu aux confins de la terre, et il sera la paix *. Les caracteres du Messie sont tellement accuses dans cette prophetic, que toutes les ecoles juives reconnaissent formellement qu il doit naitre a Bethleem, et la synagogue, consultee a ce sujet par Herode, repond unanimement d une mamere conforme a 1 indication prophetique.
II n est pas encore temps, Messieurs, de savoir si Jesus-Christ justifie a la lettre les titres pompeux
1. Et tu, Bethlehem Ephrata, parvulus es ia millibus Juda : ex te mihi egredietur qui sit dominator in Israel, et egressus ejus ab initio, a diebus aeternitatis... Et stabit, et pascet in fortitudine Domini, in sublimitate nominis Domini Dei sui : et convertentur, quia nunc magnificabitur usque ad terminos terrse. Et erit iste *>ax. (Mich., cap. v, v. 2-5.)
qu enumere le voyant; pour le moment, c est assez qu il reponde : Me void, au lieu ou Fappelle 1 oracledivin. ficoutezriiistoire : En ces jours-la, un edit fut porte par Cesar-Auguste, afln qu on denombratl univers... et tous allaient se faire inscrire dans leur ville. Joseph partit de la ville de Nazareth, qui est en Galilee, et alia en Judee, dans la ville de David qu on appelle Bethleem, pour se faire inscrire ivec Marie, son epouse, qui alors etait enceinte. Quand its furent let, les jours de Tenfantement arriverent, et Marie mit an monde son fils unique. Elle Penveloppa de pauvres langes et le coucha dans une creche, parce qu il n y avait pas de place pour eux dans les h6telleries . Ainsi Padorable mystere de 1 Incarnation s opere a Nazareth. C estla que la mere de Jesus passe, dans le recueillement, les mois d attente qui suiven la miraculeuse conception du Verbe fait chair. Et, quand 1 heure arrive ou elle va mettre au monde le fruit beni de ses chastes entrailles, quand sa famille
1. Factum est autem in diebus illis , exiit edictum a Caesare Augusto, ut describeretur universus orbis... Et ibant omnes ut profiterentur singuli in suam civitatem. Ascendit autem et Joseph a Galilaea de civitate Nazareth, in Judaeam in civitatem David quaa vocatur Bethlehem : eo quod esset de dorno, et familia David, ut profiteretur cum Maria desponsala sibi uxore prcegnante. Factum est autem , cum essent ibi, impleti sunt dies ut pareret. Et peperit nlium suum primogenitum, et pannis eum involvit, et reclinavit eum in prtesepio : quia non erat eis locus in diversorio. (Luc., cap. n, v. 1-7.)