‹ Introduction au dogme catholique Tome 2Chapitre 49 sur 91 · Ps. iv · texte numérisé non relu

Ps. iv

dent : fites-vous celui qui doit venir ou bien devons-nous en attendre un autre? Alors, au lieu de rpondre directement, Jesus-Christ invoque le temoignage de ses oeuvres, temoignage d autant plus puissant qu il n est que Pecho des oracles : Allez dire a Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lepreux sont gueris, les sourds entendent, les morts ressuscitent ! . Ajoutez a cela que, d un seul mot, le Sauveur apaise les tempetes de la mer; qu il f6conde le desert, en y nourrissant, par la multiplica tion des pains, la foule immense qui Ta stiivi; que, de son dernier cri, il ebranle le ciel et la terre, et vous ne serez pas 6tonn6 d entendre les Juifs s ecrier avec admiration : Quand le Christ sera venu,ferat-il plus de miracles que cet homme? Que dis-je, Messieurs? L etonnement serait plus qu etrange de votre part, car 1 histoire vous r6vele un fait dont les Juifs ne virent que les obscurs commencements. Jiisus-Christ est le thaumaturge universel. II a laisse a ses enfants une communication abondante de cette souveraine puissance, qui, depuis.son apparition, multiplie les merveilles. C est en son nom que se sont operees toutes celles qui ravivent la foi des

4 Maith., cap. xr, v 3.

VIE, MORT, RfiGNE DE JESUS-CHRIST 201

n6rations chrtiennes. II n en est aucune qui, de Taveu meme des thaumaturges, ne decoule d une vertu superieure dont il est Tintarissable source, de telle sorte que tout miracle, tomb6 d une main sainte sur les plaies et les miseres de Thumanite, vient encore aujourd hui confirmerle caractere qui, dans sa personne, rpond aux propheties. Les P6res de Pfiglise ont not avec soin cette rencontre des mira cles de Jesus-Christ avec les predictions dont ils furent Fobjet. Quand il sera temps, nous ferons valoir a notre profit 1 argument special qu ils en tirent; pour le moment, contentons-nous d admirer, avec les Juii s, le surcroit de splendeur que les prodiges regoivent des oracles, et, rfeiproquement, les ora cles, des prodiges. (Test une sorte de lutte harmonieuse et sublime, entre les manifestations de la science et de la puissance divines.

II convenait, Messieurs, que Dieu ne s en tint pas la, et que le Messie, annonce paries voyants, ne leur flit pas inferieur dans Tordre prophetique. Sa dignite, non moins que la place qu il devait occuper au centre de 1 histoire, demandait que, en rsumant en lui-mfime les temps qui 1 avaient precede, il embrassat dans une large vision les temps qui le suivraient; en un mot, il fallait qu il fut prophete, non pas a la maniere de ceux qui confirment Talliance

par des promesses, mais a la maniere de celui qui preside, au nom de Dieu, a son 6tablissement. C est ainsi que le depeint Mo ise, le plus grand deshommes de 1 Ancien Testament, le sauveur des tils de Jacob, le fondateur et le legislateur de la republique hebra ique. Au jour ou les claries divines, reposes sur sa tete, eblouissaient le camp d lsragl, au jour oil, tout glorieux des embrassements de Jehovah, il consacrait la fidelite des generations futures a sa loi imperieuse, par de magnifiques promesses et de formidables maledictions, Mo.ise annongait un nouveau sauveur, fondateur et legislateur de la republique universelle, un prophete dont la parole, solennellement placee sous la protection des vengeances de Dieu, devait etre coutee avec le plus profond res pect. Le Seigneur, disait-il, vous susciteraun pro phete comme moi, de votre nation et d entre vos freres; c est lui que vous ecouterez, selon la demande que vous fites a Dieu pres du mont Horeb, disant : Que je n entende plus la voix du Seigneur, et que je ne voie plus ce jour effroyable, de peur que je ne meure! Et Jehovah me dit : Je leur susciterai du milieu de leurs freres un prophete semblable a toi ; je lui mettrai mes paroles dans la bouche, et il leur dira tout ce que j ordonnerai. Si quelqu un ne veut pas couter les paroles qu il pro-

noncera en mon nom, c est moi qui en ferai la ven geance .

Messieurs, autant il est impossible de ne pas voir le Messie dans cet oracle, autant il est impossible de ne pas Pappliquer a Jesus-Christ. Le prophete semblable a Mo ise ne peut etre qu un thaumaturge comme lui, un docteur comme lui, un lgislateur comme lui, un fondateur d une nouvelle alliance et d une nationality sainte comme lui. Or, aucun des Ndbi qui ont traverse les &ges prophetiques ne se presente avee ces caracteres; aucun, surtout, n a la prevention d^introduire en Israel un nouveau dogme ni de faire peser sur les epaules du peuple une nou velle loi. Le pacte fondamental de PHoreb est la mesure invariable de leur enseignement. Aussi les Juifs, en redigeant, apres les jours de la captivite, le canon des Ecritures, ajouterent-ils au Deuteronome ces remarquables paroles : Et, depuis, il ne s eleva plus en Israel de prophete semblable

1. Prophetam de gente tua et de fratribus tuis sicut me, suscitabit tibi Dominus -Deus tuus : ipsum audies, ut petisti a Domino Deo tuo in Horeb, quando concio congregata est, atque dixisti : Ultra non audiam vocem Domini Dei mei, et ignem hunc maximum amplius non videbo, ne moriar. Et ait Dominus mini : Bene omnia sunt locuti. Prophetam suscitabo eis de medio fratrum suorum similem tui : et ponam verba mea in ore ejus, loqueturque ad eos omnia quae praecepero illi; qui autem verba ejus, quse loquetur in nomine meo, audire noluerit, ego ullor existam. (Deut,, cap. xvm, v. 15-19.)

Mo ise f . Mais ce qui tait vrai avant les jours du Christ a cesse de 1 etre depuis qu il est venu. Sa vie illustre le pose en rival da plus illustre des voyants del antiquite sacree;ses miracles, sa doctrine, sa loi, ses institutions, ne nous rappellent les privileges, les oeuvres et le ministere de Mo ise, que pour nous apprendre qu il fut 1 objet lointain de ses visions. G est de moi, dit-il, que Moi se a ecrit : De me enim ille scripsit 2 . En effet, Messieurs, suivez la prophetie. Le Messie est du peuple; sa parole vient de Dieu, Dieu la venge des mepris. Or, Jesus-Christ est du peuple; le sang d Abraham, de Juda et de David coule dans ses veines; sa parole n est pas la sienne, mais celle du Pere celeste qui Tenvoie; c est par un recours constant a Tautorite divine qu il justifie la merveilleuse audace de son enseignement, contre les arguties de la Synagogue et les prejuges de la nation. Pour n avoir pas voulu Tecouter, les Juifsne cessent pas d etre frapp6s par la main vengeresse de Dieu. G est en vain que, de siecle en siecle, ils imposent aux generations chretiennes le triomphe de leur esprit industrieux et de leur odieuse cupidite : chaque fois qu ils ont ete grands de ce c6te, des coups effroyables se sont abattus sur leur scanda-

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