Matth., cap. xxiv, v
fiant spectacle de la ruine et de la desolation *. Quelle legon et quelle preuve! Les Juifs pouvaient bien ne pas voir encore, dans la personne de Jesus- Christ, le prophete annonc par Mo ise ; mais nous qui sommes temoins de la confirmation donnee par Fhistoire a sa parole, pouvons-nous hesiter un in stant? II y a ici, prenez-y garde, deux forces conjointes au profit de la verite : je veux dire un homme accomplissant les oracles, parce que ses oracle a lui sontaccomplis. G estunargument a double tranchant, d une autorite et d une vigueur souveraines. Nulle rencontre entre le monde prophetique et le monde historique ne pouvait mieux couronner le parallele de la vie du Messie et de la vie de Jesus-Christ.
Je ne m arreterai cependant pas a cette rencontre, Messieurs; car, si Jesus-Christ disparaissait de ce monde, victime d un trepas vulgaire, il ne serait pas le Messie prophetise. La mort doit avoir pour lui des rigueurs sans exemple, et du plus grand des crimes doit jaillir le plus grand des bienfaits. Ainsi le veulent les prophetes, qu il faut ecouter jusqu au bout. Plus ils demandent, plus je suis heureux de leur repondre : le poids de la verit6 s en augmente; puisse-t-il etouffer tous vos doutes!
1. Gibbon, Histoire de la decadence de I empire romain , tome IV.
Fille de Sion, tressaille de joie; fille de Jerusa lem, pousse des cris d allegresse : voici ton roi qui vient a toi, Juste et Sauveur; il est pauvre, et il est monte sur une anesse et sur son poulain *. Ainsi parle Zacharie, decrivant 1 liumble triomphe du Messie au milieu de son peuple. Mais ce ne pouvait etre qu un triomphe tiphemere; car le Messie des oracles doit etre victime de Tiniquite des hommes, et sauver le monde par son martyre. Parce que cette circonstance est la plus grave et la plus decisive de son existence, parce qu il importait que les prejugs formes peu a peu, et jetes comme un voile sur les traditions juda iques, regussent, de ces mmes tra ditions, une condamnation formelie, les proph&ies relatives a la passion et a la mort du Messie semblent s 6tre multipliees plus que toutes les autres. Aucun des motifs, aucun des details, aucun des resultats de ce drame sanglant, n a ete ignore des siecles qui Font prepare, de telle sorte que tout Juil pieux et instruit dans les saintes Lettres pouvait faire son chemin de croix, avant que la croix, levee