‹ Introduction au Nouveau Testament (volume 2)Chapitre 47 sur 110 · VU, 27-IX · texte numérisé non relu

VU, 27-IX

Bien décidé à trouver enfin le moment de s’entretenir intimement avec ses apôtres, afin de les instruire de l’état de son œuvre qui approche de sa fin et de les préparer à la catastrophe au-devant de laquelle ils marchent sans s'en douter, Jésus les conduit maintenant droit au nord, vers le district montagneux des sources du Jourdain, à l'extrémité septentrionale de la Terre-Sainte. Là, dans le voisinage de Césarée de Philippe (aujourd’hui Banias), a lieu l'entretien tant de fois désiré. Après les avoir invités à formuler l’opinion populaire sur son compte, puis leur propre sentiment au sujet de sa personne et de sa mission, et avoir constaté par la profession de Pierre la conviction qui s’est formée en eux de sa dignité messianique, il leur

ouvre en quelque sorte un nouveau chapitre de son enseignement sur lequel il lui importait surtout de les éclairer: ils ont foi en lui, comme étant le Christ; il leur apprend maintenant de quelle manière et dans quel sens il doit l'être ; il leur révèle pour la première fois expressément le douloureux mystère du Christ souffrant, humilié, rejeté, crucifié. La sympathie, peut-être aussi l’orgueil de Pierre, se révoltent contre cette perspective imprévue et terrifiante. Jésus lui ferme la bouche par une réprimande sévère; puis 1l profite de cette circonstance pour faire comprendre non seulement aux apôtres, mais encore aux autres personnes qui les accompagnent, que la vie à laquelle il appelle ceux qui veulent marcher à sa suite, n’est pas la participation à un rêgne glorieux, mais le crucifiement volontaire et journalier de soi-même. Les voyant tous consternés, Jésus, afin de combattre le découragement profond dans lequel menace de les plonger cette révélation, prend à part les trois principaux d’entre eux, ceux qui donnent le ton à tous les autres, et les conduit sur la montagne voisine, où il est transfiguré à leurs yeux et où ils reçoivent par la voix de Dieu lui-même l’ordre de le suivre avec confiance, quel que soit le chemin par lequel :l les conduit. — Suivent la guérison de l'enfant lunatique, le lendemain, au pied de la montagne, puis le retour au sud, avec une nouvelle confirmation de l’annonce de la Passion. Une altercation s’élève entre les disciples, remplis encore, malgré toutes les leçons de leur Maître, de leurs espérances de grandeur terrestre. Arrivée à Capernaüm, Interrogation de Jésus au sujet de la dispute que les disciples ont eue en chemin ; silence plein de confusion de ceux-c1; Jésus leur présente un enfant comme le type de la vraie grandeur dans son royaume, et leur fait envisager l'amour des plus petits comme le vrai chemin

de la première place. Puis il leur reproche la dureté avec laquelle ils avaient traité un inconnu qui chassait les démons en son nom et dont ils ont peut-être scandalisé la foi naissante. 11 les exhorte à tourner désormais contre eux-mêmes la sévérité qu'ils ont déployée envers cet homme et les uns envers les autres. C’est par le sacrifice de leurs penchants naturels qu’ils doivent apprendre à exercer l’énergie sainte qu’ils sont appelés à déployer. — Il y a là un épisode très remarquable et instructif de l’histoire évangélique ; on ne peut en effet reconstruire complètement l’ensemble de cette scène qu’en rapprochant du récit de Marc les faits relatifs à cette même circonstance dont quelques traces sont demeurées dans les deux autres évangiles ; à comp. avec soin Matth. XVIII, 21 à 35 et Luc

IX, 46 à 50.

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