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des écrivains chrétiens du temps, mais comme
cela est possible, le pluriel ëissenai ne désignerait-il qu’une seule lettre:? Ou enfin, doit-on penser que Polycarpe vise en même temps que l’épître- aux Philippiens les deux lettres aux Thessaloniciens, toutes les trois étant adressées à des Églises de Macédoine2? Le seul fait que ces hypothèses puissent être envisagées avec vraisemblance diminue singulièrement la portée du témoignage de Polycarpe.
Le Catalogus Sinaïticus® qui date de 400 environ, nomme deux épîtres aux Philippiens.
Comment faut-il apprécier ce fait? Zahn a conjecturé que l’une d'elles pourrait bien être la troisième épître aux Corinthiens qui a été, en effet, assez répandue en Syrie et qui est
1. Voir les exemples donnés par LiGHTFrooT, Saint Pauls epistel to the Philippians8, London, 1878, p. 138 s.; The apostolic Fathers, Part II, vol. IT, sect 2, London, 1885, p. 911.
2. ZAnHN, G. K., I, p. 815; HARNACK, Patristische Miszellen, Leipzig, 1900, T, U., N. F., V, 3, p. 86 s.; WREDE, Z. f. w. Thess., p. 94 ; MorrFATT, Intr., p. 174. Cette hypothèse paraît confirmée par le fait que Polycarpe écrit aux Philippiens, en parlant de Paul, de vobis enim gloriatur in omnibus ecclesiis (11,3), ce qui paraît viser 11 Thess., 1,4 (WREDE, p. 94).
3. Mrs. Lewis, À Catalogue of the Syriac Mss. in the Convent of St. Katharin in Mount Sinaï, London, 1894, p. 11-14; cf. W. BAUER, Der Apostolos der°Syrer, Giessen, 1903, p.34 s., 37 s.; ZaAnN, Grundriss der Geschichte des neutestamentlichen Kanons, Leipzig, 1904, p. 48 s., 86.
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donnée comme écrite de Philippes!. La con-.
fusion serait étrange et, de plus, il serait bien difficile de comprendre à la suite de quelle circonstance cette troisième épîtré aux Corinthiens se trouverait, dans le Catalogus Sinaïlicus, séparée des deux premières par les lettres aux Romains, aux Hébreux, aux Colossiens aux Éphésiens au lieu d’être jointe aux deux premières ou rejetée à la fin comme ajoutée après Coup. | Le Catalogus Sinaïticus a certainement été copié avec négligence puisqu'il mentionne la deuxième épître à Timothée sans avoir parlé de la première. N’y aurait-il pas, à propos de la « seconde » épître aux Philippiens, une simple erreur de copiste? Les deux épîtres aux Philippiens que cite le document ne sont pas numérotées comme. le sont les épîtres aux Corinthiens, aux Thessaloniciens, et, du moins, la seconde à Timothée. N'est-ce pas l'indice d’une dittographie? À la première des deux lettres aux Philippiens est attribuée exacte-. ment la même longueur (318 stiches) qu’à l’épître aux Éphésiens nommée immédiatement avant. Ne faut-il pas admettre qu'après avoir écrit « aux Philippiens », le copiste a,
1. ZAHN, Das Neue Testament Theodors von ]Mopvestia und der urprüngliche Kanon der Syrer, N. k. Z., 1900, p. 795.
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par négligence, reproduit le chiffre relatif à l’épître aux Éphésiens et que, se reportant ensuite à ce chiffre dans l’original qu'il avait sous les yeux, il aura écrit une seconde fois « aux Philippiens » avec l'indication de 235 stiches qui se rapportait effectivement à cette épître?
Un troisième témoignage paraît supposer plusieurs épîtres aux Philippiens, c’est celui d’un chroniqueur du vrrre siècle, Georges Syncelle qui, à propos de Clément de Rome, dit que Paul fait mention de lui dans la « première épître aux Philippiens » (Chron., ed. Din- DORF, 1,651). La date de ce texte ne permet pas de lui attribuer une grande portée et rend assez vraisemblable, l'explication de Lightfoot qui conjecture que rewrn doit provenir de la transcription d’un alpha malencontreusement introduit dans le texte.
Les traces de la connaissance de plusieurs épîtres aux Philippiens dans l’ancienne Église sont si légères qu’elles n’autoriseraient pas à formuler l'hypothèse d’après laquelle l’épître que nous lisons serait la combinaison de plusieurs lettres différentes, s’il ne semblait pas y avoir des raisons internes d'en suspecter l'intégrité. La principale est la manière très
1. Liaurroor, p. 140, n. 2; CLEMEN, Einheitlichkeit der paul. Br., p. 135.
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brusque dont commence le développement du :
. chapitre 3. Û Dès le xvii® siècle, Stéphane Le Moyne
(Varia Sacra, 1685, II, p. 332-343) a regardé le
morceau 3,1-4,20 comme appartenant à une autre lettre que les développements entre lesquels il est intercalé. Sa théorie a été reprise
avec quelques variantes par Paulus (Heidel- : à
berg. Jahrb., 1812, p. 702 s.), puis modifiée par Schrader (Paulus, .V, 1836, p. 233 s.)\qui voyait dans 3,1-4,2 une interpolation inauthentique. Ewald (Die Sendschreiben des Ap. P.
1857, p. 432 s.), sans nier l’unité de l’épître, a
supposé qu'elle s'était formée progressivement.
L'expédition de la lettre primitive constituée par les deux premiers chapitres ayant été retardée par la maladie d'Épaphrodite, Paul y aurait successivement ajouté deux appendices suggérés par des renseignements nouveaux reçus de Philippes. Plus récemment, Vœæltert a développé la thèse d’une épitre paulinienne authentique surchargée d’éléments secondaires inauthentiques?. Joh. Weiss (Urchr., p. 296; I Cor., p. xL1) a considéré 3, 2-4, 3 comme constituant une lettre indépendante. Loisy (N. T.,
1. P.u. s. Br:,p. 286 s. Antérieurement TN 7, 1892, p. 10-44, 117-146.