VI. — LA PLACE DU LIVRE DES ACTES DANS L’HISTOIRE LITTÉRAIRE
… Tandis que les évangiles sont — au point de vue de la forme littéraire — une création originale à laquelle aucun type littéraire de l'antiquité clas- sique ne saurait être comparé, il n’en est pas absolument de même pour les Actes. On peut en rapprocher, à certains égards, diverses œuvres antérieures de la littérature historique. On y trouve appliqués certains procédés courants de l’histo- riographie grecque, par exemple l’utilisation dans le récit d'un journal de voyage, ou la rédaction de discours qui doivent expliquer les sentiments, les préoccupations, les intentions des personnages mis en scène. Cependant il est possible que l’au- 4 A des Actes n'ait pas sont l'historiographie
fluence ‘. On ne peut pas non plus signaler chez.
lui une dépendance très nette à l'égard de l’his- d
toriographie israélite avec laquelle son œuvrea
cependant d’incontestables relations ?
Pour découvrir les racines de la ne qu’ a faite l’ «auteur à Théophile » il faut partir de ce fait que son œuvre est la suite et le prolongement d'un évangile. C’est,en partie au moins, aux pré-
occupations et aux besoins qui ont donné nais-
sance aux évangiles que le livre des Actes doit son origine. Les évangiles servaient les intérêts de la foi en montrant comment le christianisme reposait sur la personne et sur l’œuvre de
Jésus, mais ils s’arrêtaient au seuil de l'Eglise.
Il fallait continuer et montrer comment le principe créé par l'Evangile s'était réalisé dans l’histoire.
C'est à la nécessité de donner ce récit que ré-. pond le livre des Actes dont l’auteur a ainsi créé une forme littéraire nouvelle qui, sur quelques :
points sans doute, se rapproche de formes anté-
rieures mais qui n’en reste pas moins quelque …
chose d’original.
1. C’est ce que pensent par exemple P. Wenpzanp (Urchr. Lilf., p.259) ; Hermann Jonnan (Geschichte der alichristiichen Literatur, Leipzig, 1911, p. 70, 73 n. 2), NoRDEN, (p. 331.)