VII. — Davin-Frieprich STRauss
La Vie de Jésus? de Strauss ne fit pas directement avancer le problème littéraire de la composition des évangiles qui n'y était traité que de haut, mais, par la sensation profonde qu'elle produisit, elle contribua puissamment à réveiller l'intérêt pour les problèmes de l’histoire évangélique.
Déjà avant Strauss, Lessing et Schleiermacher
avaient reconnu le caractère mythique de certains
1. Ueber die Zeugnisse des Papias, St. u. Kr., 1832, p. 71365. 2, Das Leben Jesu, Tübingen, 1835-36, traduite en francais par
E. Lirrré (Paris, 1836). 4
éléments de l’histoire évangélique telle qu'elle | était racontée dans les synoptiques, notamment
de son commencement et de sa fin. Strauss étendit cette manière de voir et cette méthode d’interprétation à l'histoire évangélique toute entière. C'est à l'histoire évangélique et non aux documents de cette histoire que s'applique la critique de Strauss!. Sur le problème littéraire, elle se borne à supposer la théorie généralement reçue. C'est ainsi qu’en 1835, Strauss donne son adhésion au système de Griesbach, tandis que, plus tard, en 1864?, il devait se rallier à celui de l’école de Tubingue.
Dans ces conditions, l'influence directe de Strauss sur le problème évangélique ne pouvait pas être profonde. Néanmoins son rôle indirect fut considérable, à la fois parce que ses adversaires virent très justement que l'insuffisance de la critique évangélique de Strauss était un des points les plus directement vulnérables de son
1. A certains égards on peut rapprocher de la méthode de Strauss, uniquement au point de vue de l'étude des documents, celle d’ALsenr SCHWEITZER (Gesch., p.368 s.), qui propose pour l'étude du problème de la Vie de Jésus ce qu’il appelle « l'expérimentation historique », méthode qui consiste à imaginer une construction de la Vie de Jésus et à examiner ensuite si elle cadre avec la réalité.
2. Das Leben Jesu für das deutsche Volk beurbeitet, Leipzig, 1864, traduite en français par A. Nerrrzer et Ca. Docrrus(Paris, 1864).