Nous ne pouvons souscrire à la boutade de HARNACk
(L, p. 9) : Die Geschichte der Kritik der Apostelgeschichte, eine entsetzliche Leidensgeschichte ! à moins qu’on n’applique cé
mot à la tentative de sauvetage de la tradition faite par Haynack lui-même.
dans les travaux de l'école de Tubingue depuis Eduard Zeller jusqu’à Franz Overbeck.
Les thèses de ces critiques ne vont pas sans soulever de violentes oppositions. Ge n'est que vers 1880 que la controverse, après avoir progressivement perdu de son âpreté, finit par s’apaiser.
À partir de 1880 environ l'attention se porte avant tout sur le problème des sources et l’on voit se succéder rapidement des hypothèses diverses sur la composition des Actes. Leur abondance et leur diversité ne laissent pas que d’inspirer un certain scepticisme sur la possibilité d'aboutir dans une voie où l’on s'était peut-être lancé avec un peu trop de précipitation. À la fin du x1x° siècle la critique des Actes donnedessignes de lassitude.
Une phase nouvelle est inaugurée en 1906 par la publication des travaux de Harnack qui sont l'application du mot d'ordre « Retour à la tradition ! » en quoi se résume la préface de sa mo-
1. On peut se faire une idée du ton de certaines des polémiques relatives aux Actes par la préface de l'ouvrage d'Epuaro Zeurver (Die Apostelgeschichte nach Inhalt und Ursprung kritisch untersucht, Stuttgart, 1854). Il y est question des « faiblesses du travail superficiel d’Ebrard » de ses « grossières injures » de ses « bouffonneries creuses » des « paroles hautaines et arrogantes de Lange, d'autant plus abondantes que les penisées scientifiques sont plus indigentes et plus confuses ». De l'autre côté c’est surtout d’impiété que l’on accuse Baur:et ses
collaborateurs.
numentale Chronologie de l’Ancienne littérature chrétienne ‘. Les thèses de Harnack provoquent de très vives controverses. D'autre part la critique des Actes reçoit une impulsion nouvelle des travaux de quelques philolôgues comme Gerke, Schwartz, Wellhausen et Norden. Enfin Alfred Loisy expose magistralemenñt en 1920 les résultats d’un siècle de travail critique.
IT. — Les DÉBUTS DE LA CRITIQUE
Au xvn° siècle Hugo Grotius (164%) * note le premier que l’objet des Actes est seulement de donner la biographie des deux principaux apôtres. Un siècle et demi plus tard Michaelis (1788) * et Griessbach (1798) ‘ comprennent l’un et l'autre les Actes comme une apologie du ministère de Paul, A la même époque Künigsmann * se préoccupe
1. Apozr Hannacx, Geschichte der altchristlichen Litleratur bis Eusebius, IL., Die Chronologie, I, Leipzig, 1897, p. Virr-x1.
2, Annotationes in Novum Testamenium, Paris, 1644, reproduit dans Hucon Groru, Opera theologica, Amstelaedami, 1679, III, 1, p. 579-668.
3. Dans la 4° édition de son Einleitung in die gôttlichen ENS des Neuen Bundes, Gœttingen, 1788.
. De consilio quo scriptor in Actis concinnandis ductus
en Ienae, 1698.
5. Prolusio de fontibus commentariorum sacrorum qui Lucae nomem præferunt, deque eorum consilio et actaie, Altona, 1198 (Porr, Sylloge LIT, p. 215 5.)
des sources qu'a pu utiliser l'auteur des Actes. Schleiermacher (1817) ‘, suivi par Credner (1836) * et encore par Schwanbeck’, explique le caractère des Actes par la nature des documents que le hasard a mis à la disposition de leur auteur. Eichhorn ‘ émet-le premier, en 1824, l'idée que l’auteur des Actes a voulu raconter l’histoire de la propagation du christianisme depuis Jérusalem et Antioche jusqu'à Rome. ;
4. Les idées de Schleiermacher sur le livre des Actes devaient être exposées dans une étude qui aurait été la seconde partie de Ueber die Schriften des Lukas, ein krilischer Versuch, I Teil, 1817 (Reproduit dans les Sämmtliche Werke, 1. 2, Exegetische krilische und dogmatische ÀAbhandlungen. Berlin, 4836, p. V- XVI. 1-220). La substance de cette étude qui n’a pas été publiée a passé dans un cours professé en 1817. Des cahiers de notes prises par les auditeurs de ce cours ont servi à la rédaction du chapitre consacré aux Actes dans l'Einleitung in das Neue Testament publiée par Wozpe en 1845 (Sämmiliche Werke, I. 8.) La bibliothèque de l’université de Bonn conserve un cahier de notes sur les Actes prises par Bleek au cours de Schleiermacher en 1817. Voir sur tout cela J. Conrani, Schleiermacher’s Arbeil auf dem Gebiet der neutestamentlichen Einleitungswissenschaft, Leipzig, 1907, p. 6-7, 60-71.
2, Einleitung in das Neue Testament, Halle, 1836 p. 268- 285. |
3. Ueber die Quellen der Apostelgeschichte (Ueber die Quellen der Schriften des Lukas, I), Darmstadt, 1847.
4. Einleitung in das Neue Testament, Leipzig, 1824-27. La même idée a été soutenue, sous une forme un peu différente, par MAYERHOFF, Historisch-kritische Einleitung in die petrinischen Schriften, Hambourg, 1835 p.1s: