Was Christ, born in Bethlehem? ? London, 1898, p
Lt
Rules suivantes : « dit RS EU se pas seulement connu les œuvres de l'historien juif
| pour les Actes » (p. 17). «Il n’y a aucune donnée
douteuse qu’on puisse expliquer en supposant que Luc aurait lu Josèphe. Au contraire Luc témoigne souvent d’une connaissance des événements contemporains et des personnages étrangers au chris-
phe » (Eine, I, p. 399).
Un des arguments auxquels Krenkel attache le
plus d'importance est celui qui est tiré de la lan-
* gue. Nous laisserons de côté les considérations de style pour nous occuper uniquement du vocabu-
manière plus précise. Krenkel a fait une étude comparative des vocabulaires de Luc, de Josèphe
es et des LXX. En ne retenant que les mots qui ne se ‘20 trouvent dans aucun autre livre du Nouveau Tes- __ tament que le troisième évangile ou les Actes,
: 1. Art. Theudas, R.'E., XIX. 3, p. 683 s. À - 2. The Gospel as historical doc., Il, p. 2638.
MU
mais il les a exploitées à fond pour son évangile et
historique de Luc, dit Zahn, fondée, erronée ou
tianisme qui est tout à fait HAÉRERAARE de Josè-
laire qui permet de formuler les choses d’une
MT UN ‘500 æ
Krenkel trouve 309 mots communs à Luc, à Jo-. sèphe et aux LXX ; 87 mots qui se trouvent dans Luc et dans les LXX et manquent chez Josèphe ; 172 qui se rencontrent chez Luc et Josèphe et manquent dans les LXX ; 177 qui se rencontrent chez Luc et manquent chez Josèphe et dans les LXX (KRENKEL, p. 289 s.).
Ces chiffres dénotent incontestablement une affinité du vocabulaire de Luc avec celui de Josèphe plus grande que celle qu’il a avec le vocabulaire des LXX. On a cependant fait valoir toute une série de considérations qui diminuent singulièrement leur portée (Zaan, Einl., Il, p. 416 s.). D'abord l'absence d’un lexique de Josèphe et le fait que Krenkel a travaillé avant l'apparition de la grande concordance des LXX de Hatch-Redspeath font que l’on ne peut entièrement se fier à ses relevés. En second lieu — et ceci est beaucoup plus grave — Krenkel opère avec une notion trop étroite des LXX.II ne tient compte que des livres traduits de l’hébreu à l'exclusion de ceux qui appartiennent en propre à la Bible grecque. Il est infiniment probable que si l’on tenait compte de ces livres ‘ les rencontres entre Luc et Josèphe appa-
1: Pour’ ne donner qu’un exemple l’association des adjectifs #ak6é et&yaldc que Krenkel donne comme propre à Luc et à
Josèphe et:tout à fait étrangère (vôllig fremd) aux LXX (p. 110) se trouve dans Tobith., 5, 13:7,7;9,6.1IV Mach.,4, 1. II Mach.,
raitraient moins frappantes.E
Apocryphes et en outre Philon, les historiens de Polybe à Hérodien, les médecins, etc.
D'autre part, si l’on s’en tenait à la manière dont __ Krenkel a posé le problème, il conviendrait d'éliminer de ses listes les termes qui expriment des
Iles le ent moins “encore si on élargissait le domaine exploré en y faisant entrer les Pseudépigraphes à côté des
idées où des faits qui étaient en dehors de l’at-
mosphère des auteurs bibliques comme par exemple le terme d'évirarec (consul). |
Il est probable que si l’on faisait subir aux sta-
tistiques de Krenkel les réductions indiquées ce
Quiresterait pourrait,comme l'indique Zahn(Eïinl.,
Al, p. A7), s'expliquer par le fait que Luc et Jo-
sèphe racontent tous deux l'histoire juive et sont
à peu près des contemporains.
__ Krenkel a aussi fait valoir en faveur d’une dé-
Pendance de Luc par rapport à Josèphe, l’analogie qu'il y a entre les prologues du troisième évan- gile et des Actes ét ceux des œuvres de Josèphe (p. 51s.,145s.) notamment ceux de la Guerre Juive et du Contre Apion. Cet argument ne peut plus être retenu après les études de Norden (p. 3125.) 4 qui ont montré que le prologue des Actes est cons- Le truit sur le type régulier des prologues grecs. - : D'ailleurs,même si un contact était constaté entre les prologues de Luc et de Josèphe, il faudrait $e
demander si un aussi bon écrivain que Luc pourrait s'être mis à l’école d’un homme qui, de son propre aveu, ne pouvait, sans aide, écrire correctement le grec *.
Les considérations de style et de langue ne
constituent qu'une partie de l'argumentation de Krenkel. Il convient d'examiner maintenant quelques-unes des rencontres de fond dont. il a prétendu pouvoir conclure que les œuvres de Josèphe constituaient une des sources auxquelles a puisé Luc. Mais il faut avant tout faire ici une observation d'ordre général. Un accord de fait ne suffit aucunement pour qu'on puisse affirmer une dépendance puisque cet accord peut s’expliquer soit
par la dépendance à l'égard d'une source com- mune, soit par deux témoignages indépendants mais concordants. Il faut donc pour qu’on puisse conclure à un contact qu'il y ait quelque chose de très caractéristique dans la manière dont les faits sont présentés. Cette exigence ne peut pas être diminuée, comme le voudrait Krenkel (p. 11), par la considération de la liberté avec laquelle Luc, dans son évangile, reproduit les sources
1. Zaun, Einl., II, p. 396. KrENKEL (p. 53 s.) indique encore un autre argument qu’il suffit de citer sans commentaire. On peut supposer, dit-il (Die Vermuthung liegl nicht fern).que la dédicace de Luc à Théophile (xodriore Oeou)e) est l’imitation de la dédicace du C. Apion (xpariote &vôp@y Exaypédre). A l’ami d’Aphrodite, Luc a voulu opposer l’ami du vrai Dieu.
qu'il utilise : Marc et les Logia. Josèphe en effet ne pourrait, en tout état de cause, être pour Luc qu’une source tout à fait accessoire ; il est impossible de se le représenter mettant à profit l’œuvre de l'historien juif comme il s’est servi de Marc et des Logia.
Pour donner un exemple de la méthode que suit Krenkel, indiquons la manière dont il explique l'origine du récit, de l’envoi en mission des 70 (8 À C) ou 72 (B D) disciples (Lc., 10, 1-20) Ge récit qui forme doublet avec l’envoi des apôtres (9, 1-6) provient sans doute de ce que Luc n’a pas remarqué que des récits de Mf., 9, 35 s. et de Mc., 6, 6?, l’un était le résumé de l’autre. Il les aura pris pour deux récits indépendants l’un de l’autre et, pour les mieux différencier, aura parlé dans le second récit de 70 (ou 72) disciples.
Krenkel (p. 107 s.) croit que ce récit a été inspiré par Josèphe. Dans son autobiographie (CXI) Josèphe raconte que Varus, l'intendant du roi Agrippa Il, fit venir 12 notables représentant la juiverie de Césarée pour-inviter par leur intermédiaire 70 représentants des Juifs d’Echatane. Le rapprochement des chiffres 12 et 70 parait à Krenkel significatif. Un autre argument vient confirmer son opinion. Le grand prêtre Eléazar envoie au roi d'Egypte Ptolémée Philadelphe en
ps est superflu 4 transcrire tours DOMS $v yap TaÜTE
ou chambre haute où se réunissent les disciples.
; Üroyeyoayuévz Ev Th éioTonÿ (qui étaient écrits dans ÿ Ba. | Ja lettre) (Antig., XII, 2.7). Krenkel (p. 109) es-
time que Luc a pensé à ce texte quand il a mis dans
la bouche de Jésus au moment du retour des 70
cette parole : yaipere dE bre tx bvbpata buov évrépamtar Ey rois oùpaysts (Réjouissez-vous parce que vosnoms
sont écrits dans les cieux) (Le., 10,20). Des rap- +4 5 prochements aussi extérieurs ne nous paraissent M F. autoriser en réalité aucune conclusion. RE
Il est question dans Actes, 1, 13 de l'oxepoor ÿ 1
Krenkel (p. 149s.)soutient, en s'appuyant sur Luc, 24,53 que ce local se trouvait dans les bâtiments du Temple. Admettons Den cette inter- n:
prétation bien qu’elle soit loin de s'imposer. Josèphe (Antig., VII, 14.10. VII, 3.2. de Bello Jud., V, 5.5) atteste l'existence dans le Temple d’irspèa c'est-à-dire de salles autres que celles du rez-dechaussée. Krenkel en conclut que c’est à Josèphe que Luc a emprunté ce détail comme si l’historien juif seul avait pu le connaître et en parler. Ds Est-il légitime de même de soutenir, comme le se fait Krenkel (p. 161), que ce ne peut avoir étéque par Josèphe (Antiqg., XX, 9. 1) que Luc peut avoir bi 9) su que le grand prêtre Hanne était sadducéen ? à f
Nous ar ) à ant a e que r se concentre toute la discussion re > AUX TAP-
ports entre Luc et Josèphe, celui où il est question de Theudas (Actes, 5,36) (Krenkez, p. 112 s.). Gamaliel soutient devant le sanhédrin qu’un
__ mouvement qui ne vient pas de Dieu doit tomber
de lui-même. « Tout récemment, dit-il, Theudas s’est levé prétendant être quelque ehose (xywy eivai tivx Eaurév) environ 4.000 hommes s’attachè-
rent à lui, il a péri (évnp£ôr), tous ceux qu'il
avait persuadés (révres do mérdevre «br®) se sont dispersés, il n’en est rien resté. Ensuite Judas le Galiléen s’est levé, c'était au temps du recense-
ment... » Joseph parle de Theudas dans Ané., XX.
V. 1.2: « Pendant que Fadus administrait la J üdée, dit-il, un charlatan du nom de Theudas persuada à la foule (xeider +èv mhsicre tyhov) de le suivre au Jourdain après avoir amassé ses biens. Il se disait prophète (roovérne yae Éheyey elvu) et affirmait que sur son ordre le fleuve s’ouvrirait etleur “offrirait un passage facile. Par ces paroles iltrompa beaucoup de gens. Fadus ne leur permit pas de tirer parti de cette folie ; il envoya contre eux une troupe de cavalerie qui tombant sur eux à l’improviste en tua beaucoup et en prit: beaucoup vivants Theudas lui-même fut pris (äveïkey) et on lui coupa la tête qui fut apportée à Jérusalem.
En outre on mit à mort les enfants de Judas le
nà Tes ià
dd :
ns bne on olates non D ent deux Li
M nl D us Ce qui est ee remar-. E quable encore que les quelques rencontres de +
mots qu'on y peut relever c’est que Josèphe et. Luc PRRANPRERE tous deux Theudas et Judas le
Galiléen qu'une cinquantaine d'années séparent :
l’un de l’autre. Chez Josèphe la mention des fils 3 de ee A le mouvement autrefois pre > +
séparés par près d’un demi-siècle sont ps comme très proches l’un de l’autre mais encore Luc attribue à Gamaliel, à un moment qui ne peut en tout cas pas être postérieur à 35, et Me F5 est probablement de plusieurs années antérieur, . uné allusion à un événement qui ne devait se pro
ie es à - 4 PS
Cr
duire qu'entre 42 et 44°:
1. Il va sans dire que les tentatives pour justifier malgré tout 3148 t: lé texte biblique n’ont pas manqué. BLass (Acia ap. sec. formam quaevidetur romanam, p.xvi; Neue Texleszeugen für de Apostelgeschichte, St. u. Kr., 1896, p. 459 s.) suppose que le nom de … Theudas a été interpolé ae Josèphe d’après Luc. HILGENFEZD (Acta Apost., p. 264) pense au contraire que le nomde Theudas a été interpolé dans les Actes. On peut rappeler aussi l’explication de Micmaeus (Einleitung in die Schriften des Neuen Bundes, 14, Gœttingen, 1788, p. 62 s.) qui pensait qué Josèphe Ÿ avait commis une erreur et celle de SonnraG (Theudas der Aufrührer,Sl.u.Kr.,1837,p.622s.) et de Wiesezer(Chron.Syn., UC
de Josèphe est si explicite qu'on ne comprendrait
qu'on trouve chez Luc. Les explications générale-
ment proposées, celles qui font intervenir l'idée
d’une lecture superficielle, de notes prises sans
thèse Lan pee une grosse difficulté. Le SR
soin et utilisées de même, ou bien d’une simple
réminiscence ‘, sont décidément insuffisantes. A cette difficulté capitale qui s'oppose à l'hypothèse
de la dépendance de Luc par rapport à Josèphe,
__ on peut ajouter — à titre de complément — quelques objections de détail : ainsi Luc donne sur le nombre des adhérents de Theudas une indication qui paraît plus exacte que celle de Jo-
sèphe. Il dit « environ: 4.000 hommes » alors que l'historien juif parle de la majorité du peu-
ple. Or, d’après Josèphe lui-même, une seule aile
de cavalerie, soit 500 hommes environ, suffit pour défaire les rebelles. Le fait 's'accorde beaucoup mieux avec la donnée de Luc qu'avec celle de P. 103 s.; Beitr.z. Würd. d. Ev.,p. 101 s.) reprise ensuite par Ramsay (Was Christ born at Bethlehem?? London, 1898, p. 2525.)
qui pensent qu’il y a eu deux personnages du nom de Theudas. 1. Wenor, p. 43; Lorsx, p. 288; Scawine, art, Theudas, Enc.
- Bib., IV, col. 50495, 4
: ci 77" es
pe:
RE à
gd er
Theudas pourraient avoir été enveloppées de quel-
sible. On aurait peine à se représenter un narrateur de l’histoire juive prenant pour guide un à auteur qui ne pouvait lui fournir que des indications tout à fait indirectes et fragmentaires. Il serait aussi impossible de comprendre comment Josèphe
ts
pepe Luc aurait pu maintenir le FPS :
er faut, Ris -nous, pour expliquer la 161a to entre Luc et Josèphe la concevoir comme indirecte. Certaines études tendent à prouver que, pour les sept derniers livres des Antiquités juives où se 7% Due trouve le passage qui nous occupe, Joséphe aurait VER utilisé une histoire d’Hérode allant jusqu'en 79°. Ce pourrait être cette source que Luc aurait con. | ee nue. Les indications chronologiques sur Judas et que obscurité, ce qui expliquerait la confusion 4 commise par Luc tandis que Josèphe, mieux avisé 2 ou disposant de sources complémentaires, aurait De présenté les choses sous leur vrai jour. ER La conclusion générale à laquelle nous abou- NT tissons est donc que l’œuvre de Luc est indépen- 0 dante de celle de Josèphe. :
1. G. Hoezscxer, Die Quellen des Josephus für de Zeit von da HAS Exil bis zum jüdischen Kriege, Marburg, 1904. é