Pour la critique de ces récits voir Zntr., III, p
2. On ne saurait admettre, à cause du témoignage de l’épître aux Galates, que Paul ait eu besoin de l’intermédiaire d’Ananias pour comprendre le sens et la portée de la vision qu’il avait eue. Mais il est possible que Ananias ait baptisé Paul qui l’a certainement été (Rom., 6,3. I Cor., 12,13. Cf. Jo. Weiss, Urchr., p. 144). I1 n’est pas invraisemblable que, comme le pense Weiss, Paul ait eu, à Damas, l’occasion de préciser et d'approfondir ce qu’il savait de la tradition chrétienne.
Cet
développement légendaire constitué autour du fait de la christophanie établi par les épîtres. La sobriété relative du récit des Actes est une objection à cette manière de voir. Un récit purement légendaire aurait multiplié les détails circonstanciés et n'aurait pas observé une discrétion telle que, si on ne possédait pas pour le commenter le témoignage des épîtres, on ne reconnaîtrait pas qu’il se rapporte à une apparition du ressuscitét,
Le témoignage des Actes n’est certainement pas, pour l’histoire de la conversion de Paul, une source qui vaille les allusions sommaires des épîtres. Ce qu'il ajoute ne porte que sur quelques détails extérieurs. Les Actes confirment ce que les épîtres disent du caractère subit de la conversion ; ils confirment aussi le fait qu’elle a été déterminée par un phénomène subjectif, en ce sens du moins que ceux qui accompagnaient
1. Ceci est d’autant plus caractéristique que le rédacteur des Actes n’a certainementpas voulu diminuer l’importance de la vision de Damas et que son intention n’est pas de présenter Paul comme inférieur aux Douze. Il est vrai que l’idée de l'apparition de Jésus à Paul est en contradiction avec la limitation de la période des apparitions à une durée de quarante jours (Actes, 1,3) mais on sait que le début des Actes à été remanié par un interpolateur (Intr., III, p. 155 s.). D’autre part Meyer (Urspr. u. Anf., III, p. 341 s.) réagissant d’ailleurs contre une dépréciation excessive du récit des Actes nous paraît exagérer sa valeur.
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Paulont eu le sentiment qu'il se passait quelque Chose d’important pour lui, mais n’en ont pas eu directement connaissance. De plus, les Actes Jocalisent l’événement sur le chemin de Damas.
Comment le fait qui s’est produit doit-il être expliqué ? Il faut écarter, croyons-nous, comme décidément insuffisantes, toutes les explications qui font intervenir exclusivement un facteur physique (mirage, accès de fièvre Chaude, hallucination produite par la fatigue, par la chaleur ou par la faim):. Les facteurs physiques auxquels on a pensé ont tous, plus ou moins, un caractère hypothétique et surtout, il y a entre la cause supposée et l’effet constaté une disproportion trop grande pour que l’explication proposée soit plausible. Même si l’on admettait comme possible — ce qui ne nous paraît pas du reste pouvoir être établi avec certitude — que quelque circonstance physique ait déclanché la crise, elle ne l’a pas déterminée. Elle pourrait avoir été comme l’étincelle qui met le feu à la poudre, mais n’est pas la cause de l'explosion. Si la conversion de Paul peut être expliquée, c’est par la vie intérieure de l’apôtre qu’elle doit l'être.
Que la conversion de Paul ait été préparée