‹ Introduction aux essais de Montaigne (volume 3)Chapitre 18 sur 48 · LAVIS DE · texte numérisé non relu

LAVIS DE

manière de faire entendre qu'il les comptait pour rien? Cela aurait valu la peine de le dire, au moins autant que bien d'autres choses sur lesquelles il n'a pas dédaigné de s'arrêter. Mais, malççré quelques mots dont on pourrait abuser, il n'est point du tout certain que ces trois personnes n'aient tenu aucune place dans son cœur.

De son existence avant sa retraite, de la fin de ses études, de sa carrière de magistrat, de son séjour à la cour, des relations qu'il y eut, des négociations auxquelles il fut mêlé, de son serment de 1S62, nous ne savons rien par lui ; le peu que nous avons, vient d'ailleurs, et en bien des cas nous sommes réduits à de très vagues conjectures. Il a pris la peine de transcrire ses remarques sur les mémoires de du Bellay; j'aimerais bien mieux savoir ce qu'il pensait d'Érasme. L'avait-il beaucoup lu? Il avait

quand son père reprit la plume, et avait seize ans quand il acheva le Uvre m.

de lui une très grande opinion, mais laquelle ? Elle nous intéresserait tout particulièrement, et il n'en a pas dit un mot. Sa carrière militaire nous est complètement inconnue. Quant à ses croyances religieuses, nous verrons plus loin combien il est difficile d'en rendre un compte plausible.

Enfin, la chose qu'il fallait, plus qu'aucune autre, mettre en pleine lumière, l'évolution, la transformation profonde qui s'est produite, en lui, il l'a tantôt dissimulée, tantôt niée.

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