‹ Introduction aux essais de Montaigne (volume 3)Chapitre 2 sur 48 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

quelque chose à faire; malgré cela, on s'imaginait connaître Montaigne à fond, de même que Ton s'est imaginé connaître Pascal avant l'année 1842. Ernest Havet a dit l'étonnement, l'émotion du public qui croyait avoir les Pensées^ le jour où Cousin lui apprit qu'il ne les avait pas et que la vraie parole de Pascal était plus hardie encore, plus violente, plus étonnante de toute manière, que ce qui avait paru si original dans les éditions données par Port-Royal et par Gondorcet.

Il s'agit aujourd'hui, pour Montaigne, d'un renouvellement non moins considérable que celui qui eut lieu pour Pascal par la publication de son manuscrit. Les diverses éditions des Essais y contribueront grandement; toutefois, si l'on se bornait à les comparer les unes avec les autres, on n'arriverait guère à la clarté désirable : certaines additions, certaines

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