LE SERMENT DE
cédente au Colloque de Poissy, auraient reçu de l'autorité compétente une solution définitive : la concession provisoire de Fédit n'avait pour but que le maintien de la paix en attendant les décisions du Concile de Trente dont les sessions, interrompues depuis plusieurs années, recommençaient le 18 janvier, précisément au moment où Tédit paraissait.
Les fanatiques ne se résignèrent point à cette trêve. L'Hospital avait beau remontrer en ses harangues éloquentes qu'ils allaient désoler la France et l'exposer à devenir la proie d'un voisin formidable, ils avaient hâte d'en finir à tout prix avec l'hérésie. Le massacre de Vassy, qui arriva peut-être fortuitement le l®' mars, fut imité en plusieurs endroits, notamment h Toulouse, où chaque année, jusqu'en 1792, la fête des pénitents, célébrée le 17 mai, rappela les scènes abominables par lesquelles la ville avait été « délivrée » des huguenots.
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LB 8BRBIBNT DB 1562 21
séditieux : en parlant de leur lutte contre les princes qui étaient à la tête des protestants, L'Hospital avait lieu de dire que, de quelque côté que fût la victoire, ce serait la ruine du roi'.
La maison de Valois semblait même beaucoup plus menacée par la maison de Lorraine que par la Réforme. 11 ne faut pas exagérer Timportance de quelques propos républicains échappés à certains hérétiques ; si, dès cette époque, Montaigne en eut connaissance, ce qui est possible, il connaissait mieux encore le Discours de la serçiiude s^olontaire « bien proprement rebaptisé le Contre un » et savait que cet écrit hardi était l'œuvre d'un sujet fidèle, d'un bon catho-
(1) Dès le mois d'août 1560, aux conférences de Fontainebleau, rarcheyôque de Vienne, Marillac, atait, dans un discours solennel, constaté qu'il existait des séditieux « des deux c6tés ». Comparez à la conduite de François de Guise celle de Condé en 1648 : à cette épocpie le Parlement soutenait une cause honorable, il tenait tète non plus à un L'Hospiial mais à Mazarin. Voulant faire rentrer à Paris la reine-mère qui arait emmené le roi, il appela Condé comme il avait appelé François de Guise en 1562. Condé quoique « très mal persuadé du cardinal » prii sans hésiter « la résolution la plus utile au bien de l'Etat » ; il dit à Retz : « Si je me précipitais avec le Parlement, je ferais pent-étre mes affaires mieux que lui, mais je m'appelle Louis de Bourbon, je ne veux pas ébranler la monarchie. »
lique. Pour voir dans la Réforme une rébellion contre la royauté, il fallait être égaré par l'esprit de parti. A court d'arguments, l'orateur du clergé qui, en 1561, accusait les protestants de vouloir l'anarchie, se trouvait réduit à leur imputer de la dissimulation, des desseins et manœuvres occultes. Qu'on lise la préface de VInstitution chrétienne de Calvin, les déclarations réitérées des chefs de la Réforme française, celle de Théodore de Bèze à Poissy, celle de Coligny à Fontainebleau : ces prétendus rebelles demandent protection au roi « comme à celui qu'ils reconnaissaient pour souverain seigneur, à l'obéissance duquel le commandement de Dieu les assujétit,... protestant devant Dieu qu'ils n'ont jamais attenté ni n'attenteront contre la très humble obéissance qu'ils lui doivent* ». Les huguenots ont pu se
1. La manie de transformer les protcstantn en républicains n*est devenue générale qu'au xix* siècle. Nous voyons dans les écrits de d'Argenson qu'au xviii*, on sayait parfaitement qu'ils ne s'étaient révoltés que lorsqu'on les avait réduits au désespoir. De nos jours encore Michelet a constaté à plusieurs reprises que le roi n'avait pas de sujets plus soumis.