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216 OPlinATIONS SYNTHÉTIQUES.

sur une masse d'hommes et a créé une tradition, cas fréquent en art, en science, en religion, en technique; 2° quand il a été en possession du pouvoir de donner des ordres et d'imprimer une direction à une masse d'hommes, comme il arrive aux chefs d'Etat, d'armée ( u d'Eglise. Les épisodes de la vie d'un liomme devienliCnt alors des faits importants.

Ainsi dans le cadre de l'histoire on doit faire une place aux personnages et aux événements.

VI. C'est un besoin, dans toute élude de faits successifs, de se procurer quelques points d'arrêt, des limites de commencement et de fin, afin de pouvoir découper des tranches chronologiques dans la masse énorme des faits. Ces tranches sont les périodes; l'usage en est aussi ancien que l'histoire. On en a besoin non seulement dans l'histoire générale, mais dans les histoires spéciales, dès qu'on étudie une durée assez longue pour que l'évolution soit sensible. Ce sont les événements qui fournissent le moyen de les délimiter.

Pour les histoires spéciales, après avoir décidé quels changements des habitudes doivent être regardés comme les plus profonds, on les adopte comme marquant une date dans l'évolution; puis on cherche quel événement les a produits. L'événement qui a produit la formation ou un changement de l'habitude devient le commencement ou la fin d'une période. Ces événements marquants sont parfois de même espèce que les faits dont on étudie l'évolution, des faits littéraires dans l'histoire de la littérature, politiques dans l'histoire politique. Mais le plus souvent ils sont d'une autre esjièce et l'histoire spéciale est obligée de les emprunter à l'histoire générale.

Pour l'histoire générale, les périodes doivent être

découpées d'après l'évolution de plusieurs espèces de faits; on trouve des événements qui marquent une période à la fois dans plusieurs branches (invasion des Barbares, Réforme, Révolution française). On peut alors construire des périodes communes à plusieurs branches de l'évolution, et dont un même événement marque le commencement et la fin. Ainsi s'est opérée la division traditionnelle de l'histoire universelle. — Les sous-périodes sont obtenues par le même procédé, en prenant pour limites les événements qui ont produit des changements secondaires.

Les périodes construites ainsi d'après les événements sont de durée inégale. Il ne faut pas s'inquiéter de ce défaut de symétrie; une période ne doit pas être un nombre fixe d'années, mais le temps employé à une partie distincte de l'évolution. Or l'évolution n'est pas un mouvement régulier; il s'écoule une longue série d'années sans changement notable, puis viennent des moments de transformation rapide. Cette différence a fourni à Saint-Simon la distinction en périodes organifjues (à changement lent) et critiques (à changement ra'tide).

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