‹ Introduction aux mélodies grégoriennesChapitre 12 sur 26 · XX PREFACE · texte numérisé non relu

XX PREFACE

l'expression originaire de ses chants primitifs, et à l'art lui-même les trésors les plus rares d'une musique inspirée par les anges, à la source de laquelle les plus grands maîtres puiseraient leurs phrases les plus pures. A la reconstitution de ces anciens textes s'ajouta, parles soins du même Dom Pothier, l'interprétation de cette musique religieuse qui , selon la tradition , devait être récitée comme une prière, à la différence de la musique profane qui se déclame comme un opéra.

— - Que je voudrais les entendre, me dit un jour Gounod, moi qui leur ai emprunté le meilleur de mon œuvre!

— Maître ! lui répondis-je, si je partais pour vous ?

— C'est cela, ajouta-t-il, allez à Solesmes.Vous m'en rapporterez tout ce que vous y aurez entendu et appris. Vraiment , nous sommes encore dans nos églises de France, comme ces « Angles » barbares que le même Grégoire — notre maître à tous — rencontra sur la place aux esclaves, et dont il fit des « Anges » rien qu'à leur apprendre à chanter. Oui, allez à Solesmes, et nous écrirons ensuite un livre qui charmera les plus divers amateurs du grand art, et couvrira de confusion ces maîtrises de France qui ont, plein leur antiphonaire, de chefs-d'œuvre et les laissent aux rats sur les pupitres ou, ce qui est pire, aux bouches inapprises et grossières de leurs chantres.

Ce livre, que le maître devait écrire, la main de l'ange de la mort en a cassé la plume ardente qui l'aurait composé du meilleur d'une grande âme artistique et chré-

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