GÉNÉRALITÉS
a. Les fonctions de nutrition.
En tête de ce volume (p. 4) j'ai dit que tous les corps de la nature sont faits de matière et d'énergie, que l'être vivant reçoit, emmagasine, élabore, transforme et émet de la matière et de l'énergie. Le système nerveux préside à l'entière fonction de circulation et de transformation de l'énergie. La circulation et la transformation de la matière sont assurées par les appareils de nutrition. Ces appareils sont distincts de l'appareil nerveux;; mais le système nerveux a une action de régula lion et de direction sur ces appareils.
Il y a donc un appareil nerveux pour les fonctions de nutrition. C'est cet appareil que je vais étudier dans ce chapitre en envisageant successivement comme fonctions de nutrition : la circulation, les sécrétions, la trophicité, la respiration et la digestion.
b. L'appareil nerveux vagosi/mpathique .
L'appareil nerveux de la nutrition est constitué par deux nerfs, le pneumogastrique ou vague (dixième paire crânienne) et le grand sympathique, que les analomistes séparent complètement, mais que réunissent l'unité de fonctions et l'unité de centres supérieurs Le pneumogastrique forme la partie bulbaire et le sympathique thoracolombaire la partie médullaire de cet appareil vagosympathique.
Je décrirai successivement les voies centripètes, les centres et les voies centrifuges de cet appareil.
a. Voies centripètes du vagosympathique.
1° Le pneumogastrique vient des viscères, spécialement du coeur, du poumon et de l'estomac; d'où son nom de Irisplan-
grapset. — Introduction. 23
chnique.W rencontre son proloneurone sensitif (ganglion jugulaire <■( ganglion plexiforme) à son entrée dans le crâne par le Irou déchiré postérieur. Ses oeurones de relais (noyau dorsal) sonl «huis l'aile prise du bulbe.
2° Gomme le pneumogastrique, le grand sympathique Aient des organes de nutrition et spécialement du tube digestif et de l'appareil circulatoire. Ses protoneurones sensitifs sont constitués par 1rs vingl à vingt-trois ganglions du sympathique qui sont échelonnés des deux côtés de la colonne vertébrale, de la première vertèbre cervicale à la dernière sacrée et les quatre ganglions du trijumeau (ophtalmique ou ciliaire, sphénopalatin on de Meckel, olique ou d'Arnold, sousmaxillaire).
Par les rameaux communiquants, ce nerf va dans la moelle où il trouve ses neurones de relais (suhstance grise centroposlérieure). Cette localisation a été surtout établie par la clinique (troubles circulatoires et sécrétoires d'origine médullaire; troubles vasomoteurs du labes étudiés par Pierret en 1882).
i. Centres.
Le deuxième neurone de relais du vagosympathique est à la base du cerveau, spécialement dans les corps stries. Les libres passent dans la partie postérieure de la capsule interne et vont aux centres corticaux.
L'existence de ces centres corticaux est démontrée d'abord par l'influence des émotions, des passions et en général des fonctions psychiques sur les fonctions de nutrition : une émotion, une secousse morale font rougir, uriner, aller du corps ou arrêtent une digestion, font couler les larmes ou couvrent le corps de sueur. Par la volonté on refoule ses larmes ou on modifie sa respiration. Preyer, Weber, Tarchanotï ont vu des personnes qui avaient une influence volontaire sur la fréquence des battements de leur cœur. Par la suggestion à l'état de veille, Bernheim modifie, chez certaines personnes, la fréquence du pouls. Dans l'hypnose on peut par suggestion purger, donner ou arrêter une hémorrhagie, faire de la congestion et même une phhctène... par conséquent agir sur les fonctions de nutrition. Les expérimentateurs et les cliniciens ont parfaitement établi l'existence, e! dans une certaine limite le siège, des centres corticaux des fonctions de nutrition.
Il tant donc abandonner l'ancienne dichotomie du système nerveux en système cérébrospinal (avec le cerveau \^o\w organe
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essentiel) pour les actes conscients volontaires et système grand sympathique pour les phénomènes inconscients involontaires. Sans doute l'écorce cérébrale n'intervient pas constamment dans la vie physiologique de ces derniers appareils qui restent des appareils automatiques inférieurs. Son action n'est donc pas nécessaire, mais elle est efficace, c'est-à-dire que, dans certaines conditions, elle peut s'exercer.