‹ Introduction physiologique à l'étude de la philosophieChapitre 28 sur 143 · SPIRITISME SCIENTIFIQUE ET MÉDIUMS · texte numérisé non relu

SPIRITISME SCIENTIFIQUE ET MÉDIUMS

Je n'ai pas à rappeler l'histoire de la maison hantée de la famille Fox à Hydesville dans l'État de New-York, qui a été le point de départ des conversations avec les esprits par l'intermédiaire des tables tournantes et frappantes.

Je laisse de côté ici la question du spiritisme proprement dit. c'est-à-dire de la théorie spirite qui attribue tous ces phénomènes à l'évocation d'esprits désincarnés ; mais je retiens les faits qui ont établi l'existence des médiums : *< personnes dont la présence, dont l'intermédiaire était nécessaire pour obtenir les mouvements et les réponses des tables parlantes ».

De ces médiums, les uns écrivent (c'est récriture autonia tique) : avec une planchette, une toupie, nue corbeille à bec... ou un crayon; à l'endroit, à l'envers, en écriture spéculaire.

D'autres dessinent : la main errant au basait!, on trouve la maison habille par Mozart dans la planète Mars, toute en notes de musique; la Revue spirite, en INTti, a offert en prime à ses abonnés un dessin niédiumnique, représentant une tète île Christ1.

D'autres gesticulent : ils répondent par des mouvements involontaires de la tète, du corps, île la main, ou en promenant leurs

1. Dans I.' dernier livre de Camille Flammarion Les Forces naturelles

inconnues on trouvera deux curieux dessins diumniquea a.' Victorien

Sardou : « imaginaire maison de Zoroastre sur Jupiter et -.eue iniagi ai le sur Jupiter -.

doigts sur les lettres d'un alphabet, ou ils miment des personnages.

D'autres parlent. D'autres (lyptologues) provoquent des bruits dans les murs ou sous les tables.

Je ne retiens ici du spiritisme que ce qui a été désocculté, ce qui est sorti de Yoccultisme ou merveilleux préscientifique et a pénétré dans la science positive proprement dite. Ainsi limité, ce spiritisme scientifique est un puissant élément d'étude du psychisme inférieur, de l'activité polygonale.

Les médiums sont des sujets dont le polygone est plus actif, se désagrège plus facilement de son 0 et réalise plus vite son psychisme en actes; ce sont des polygones plus expansifs, plus méridionaux, c'est-à-dire plus gesticulateurs et extériorisés. En même temps, comme dit Pierre Janet, « les médiums, quand ils sont parfaits, sont des types de la division la plus complète dans laquelle les deux personnalités s'ignorent complètement et se développent indépendamment l'une de l'autre ». C'est-à-dire que le médium se met facilement en transe, état de désagrégation suspolygonale, dans lequel les centres psychiques inférieurs présentent une très grande activité personnelle.

Charles Richet a bien décrit ces états de transe du médium : « la conscience de cet individu persiste dans son intégrité apparente; toutefois des opérations très compliquées vont s'accomplir en dehors de la conscience, sans que le moi volontaire et conscient paraisse ressentir une modification quelconque. Une autre personne, sera en lui qui agira, pensera, voudra, sans que la conscience, c'est-à-dire le moi réfléchi, conscient, en ait la moindre notion ». — « Ces mouvements inconscients ne sont pas livrés au hasard; ils suivent, au moins lorsqu'on opère avec certains médiums, une vraie direction logique, qui permet de démontrer, à côté de la pensée consciente, normale, régulière du médium, l'existence simultanée d'une autre pensée collatérale qui suit ses périodes propres et qui n'apparaîtrait pas à la conscience, si elle n'était pas révélée au dehors par ce bizarre appareil d'enregistrement. »

Et ainsi dans ces états de désagrégation beaucoup plus complexes et intéressants que les précédents, on peut étudier les manifestations du psychisme inférieur dissocie et émancipé, non seulement dans des phénomènes d'automatisme moteur, mais dans des phénomènes psychiques plus complexes : mémoire, imagination, association des idées

"2'A. — CR1STALLOMANCIE.

Cette étude de l'activité psychique dissociée peut aussi être complétée par les expériences de dissociation suspolygonale devanl le cristal.

Ce n'est pas Alexandre Dumas qui a inventé ce mode de divination dans la fameuse scène de Joseph Balsamo avec la dauphine Marie-Antoinette, puisque Joseph, le fils de Jacob, se scrvait.d'une coupe d'argent pour augurer, à la cour de Pharaon.

Voici la technique à employer pour l'élude.

Vous prenez, dit Pierre Janet, une « boule de verre et vous la disposez dans des conditions particulières : le plus commode, c'est de la placer dans un endroit qui ne soit ni complètement obscur ni tout à fait lumineux; il faut une certaine lumière légère qui vienne seulement caresser la boule. Voici le procédé classique : on se place en plein jour, on entoure le cristal d'écrans, de paravents ou d'étoffe noire, puis on installe le sujet commodément et on le prie de regarder fixement. »

Le sujet « n'aperçoit au début que des choses insignifiantes; tout d'abord sa propre ligure; puis le reflet vague des choses environnantes, les couleurs de l'arc-en-ciel, un point lumineux, en un mot les reflets que présente d'ordinaire une boule de verre. Au bout d'un certain temps, les choses changent, c'est-àdire que la boule s'obscurcit de plus en plus; il ne distingue plus rien; le reflet, les objets, tout s'efface; tout devient sombre; la boule semble se recouvrir d'une vapeur; c'est le bon moment. Le nuage s'épaissit de plus en plus et, au milieu de ce nuage, il voit apparaître des dessins, des ligures d'abord très simples, des étoiles, des lignes, par exemple des barres noires sur fond blanc, mais aussi quelquefois des lignes plus précises et plus intéressantes, comme des lettres, des chiffres. Au bout de quelques instants encore, il aperçoit des figures colorées, des personnages, des animaux, des fleurs. 11 regarde avec émotion, il se complaît dans ce petit spectacle, d'autant plus qu'il y a des variantes... »

Voilà le phénomène que Pierre Janet appelle une hallucination inconsciente. En l'ait, c'est un état de désagrégation incomplète dans lequel le polygone s'halluçme à l'insu de 0, mais dans lequel (comme dans les labiés tournantes o prend ensuite conscience de l'hallucination polygonale, sans se rendre compte

de son origine et de sa nature.

MOYENS D ETUDE DES DEUX PSYGHISMES ?r>

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