SÉANCE DU 25 NOVEMBRE
lesquels se produisent les intumescences ont une activité assimilatrice fort amoindrie quand ils sont en même temps placés dans des conditions qui produisent une turgescence anormale des tissus. En général on peut, selon M. Sorauer, considérer la production des intumescences comme le symptôme d’un trouble dù à un excès d'eau dans des tissus qui n’ont qu’une faible puissance d’assimilation. Il les a vues se produire presque toujours à l’automne quand l’activité de la végétation est déjà presque éteinte, et en été seulement dans les plantes forcées (Vignes) qui ont été amenées prématurément au terme de leur végétation.
J’ai communiqué à M. Belle l’opinion exprimée par M. Sorauer sur les conditions de l’apparition des intumescences en lui demandant si l’examen des cultures d’Œillets malades à Cannes lui paraissait confirmer ou infirmer l’opinion du savant allemand.
Je désire faire connaître à la Société les renseignements que j’ai reçus de lui à ce sujet
Les terrains de Cannes sont formés par la décomposition de roches primitives; ils sont naturellement pauvres en chaux et en acide phosphorique. La restitution des éléments fertilisants enlevés par les plantes n'a lieu que sous forme de fumier; les chaulages, les engrais phosphatés ne sont pas employés, les éléments fertilisants sont donc mal équilibrés. D’un autre côté, ces terrains siliceux, perméables, ne fixent presque pas les engrais et, comme on arrose très copieusement pendant l’été, ils sont entraînés en grande partie par les eaux de drainage. L’épuisement du sol peut même devenir presque complet. Les plantes, par suite, peuvent ne pas trouver à la fin de l’été, malgré la grande quantité d’eau qu’elles absorbent, les éléments nutritifs nécessaires à leur accroissement.
La production des intumescences dans de telles conditions pourrait s’expliquer conformément à l’opinion de M. Sorauer, bien qu’au moment de l’année où elles se montrent les plantes devraient être douées d’une grande activité vitale.
Si cette hypothèse était vraie, le remède du mal serait aisé. Il n’y aurait qu’à donner au sol une quantité suffisante de chaux et d’acide phosphorique, tout en continuant l’emploi du fumier et en ménageant un peu plus l’arrosage pendant l’été.C’est ce que va faire faire M. Belle; on reconnaîtra l’an prochain si ces opérations peuvent faire disparaître la maladie.
M. le Secrétaire général communique à la Société, au nom de M. l’abbé Hue, le travail suivant :