‹ Invasion du Canada et siège de québec en 1775-76Chapitre 8 sur 8 · TÉMOIGNAGE DE JAMES THOMPSON · texte numérisé non relu

TÉMOIGNAGE DE JAMES THOMPSON

" I, .Tames Thom])son, of the cify of Québec, in tho Province ofLower- Canada, do (estify and déclare: That I sevved in the capacity of an Assi.stant Engineer during the siège of ihis city, invested during the years 1775 and 1776 by the american forces UTider the command of the late Major GJeneral liichard Montgomery. That in

(l) Le même anniversaire fut célébré le 31 décembre 1777, par une soirée donni^e sonS le patnmnge îles dlliciiirs de la milice à la Taverne de Mentit. Son Excellence le Gouverneur et 2;^0 personne!! y nssistaient. La fête fut répétée en 1778 et 1771). Voir la Gazette de Québec do ces diverses années.

an attack made by the american troops under the immédiate commï.nd of General Montgomeiy, in the night oi the 3 Ist Decembor, 1775, on a Britieh post at the sonthernmost extremity of the city, near Près-de-Ville, the General received a mortal wound, and with him wero killed liis two Aides-de-Camp, MoPherson and Cheeseman, who were found in the morning of the Ist January, 1776, almost covered with snow. That Mrs. Prentice who ke])t an hôtel, at Québec, and with whom General MoDtgomery had previously boarded, was brought to view the body, after it was placed in the Guard Eoom, and which she recognised by a particular mark which he bad on the side of bis head. to be the General's. That the body was then conveyed to a bouse (Gobert's) by order of Mr. Cramahé, who provided a genteel cofiîn for the General's body, which was lined in^ide with flannel, and outside of it wiih cloth. That in the nightofthe 4th January, it was conveyed by me from Gobert's house, and was interred six feet in front of the gâte, within a wall that snrrounded a powder magazine near the ramparts bounding on St. Lewis Gâte. That the funeral service was performed at the grave by the Eeverend Mr. de,Montmolin, then chaplain of the garrison. That his tveo Aides-de-Camp were buried in theii* clothes without any cotfins, and that no person was buried within twenty-five yards of the General. That I am positive and can testify and déclare, that the coffîn of the late General Montgomery, taken up on morning of the 16lh of the jji'esent month of June, 1818, is the identical cofïin deposited by me on the day of his burial, and that the présent coffin conlains the remains of th« late General. I do further testify and déclare that subséquent te the finding of General Montgomery's body, I wore his sword, being lighter than my own ; and on going to the Seminary, where the american offieers were lodged, they recognized the sword, which aiîected them 60 mnch that numbcrs of then wept, in conséquence of which, I bave never worn the sword since.

" Given und^r my hand, at the city of Québec, Province of Lower Canada, 19th June, 1818. "

" James Thompson. " — (I-eMoine. The sword of Montgomery.)

Note G.

Ecrits de Mgr. Briaxd au sujet de la guerre Américaine.

Extraits du deuxième mannement de VEvéque de QuébeC)

publié au printemps de 1776 ;

<' Non, N. T. C. F. les Colonistes ne voulaient

point votre bien ; ce n'est point une affection fraternelle qui les a amenés dans celte colonie ; ce n'e^t point pour vous procurer une liberté dont vous jouissez déjà :.vec tant d'avantage, et qui allait devenir encore plus brillante, qu'une poignée de gens ni guei-riers, ni instruits de l'art militaire, sont venus s'emparer de vos campagnes et des villes de Montréal et des Trois-Eivières sans défense. C'est par un principe bien différent, qui vous couvrirait de honte et d'ignominie, si vous le conceviez bien ; qui vous porterait même à la rage et à la fureur contre les perfides ennemis que vous avez eu la sotise d'appolerdu nom de frères, d'amis et de nos gens, si vous en pénétriez tout le sens, toute la malice et toute la trahison.

" Souffrez que votre père en Dieu, que vous détestez sans qu'il vous ait jamais fait de mal, quoiqu'il n'ait voulu que votre bien, et qu'il se soit toujora*s sans cesse, au, dépens de sa .'■anté, de ses petites facultés et minces pouvoirs, efforcé de le procurer; souffrez, dis-je, qu'il vous apprenne ce que vous ignorez, parceque vous l'avez voulu

" Il est de votre intérêt de revenir au plus tôt au devoir. Nous vous y exhortons, nos très-chers frères, et nous vous en jjrions par les entrailles de Jésus-Christ. Et en cela, nous ne vous proposons d'autre objet que votre propre bien, et le tem)iorel et le spirituel. Et d'abord le temporel : car enfin, nos irès-chei-s frères, pouvez- vous ignorer les trihtes suites d'une résistance opiniâtre ? Votre rébellion, aussi contraire à la religion qu'au bon sens et à la raison, méritait déjà des cliàtiraens exemplaires et rigoureux du côté du prince dont vous n'avez reçu jusqu'ici que des marques signalées d'une bonté cxtiaordinairement rare dans un vainqueur puissant, et à laquelle aucun de nous ne s'attendait : bonté qui no vous a fait connaître le changement de domina-

tion que par un mieux-être. Personne, au temps de votre révolte, ne se sentait des malheurs de la guerre passée : quelque déranfljement qu'elle ait mis d'abord daus nos affaires, il était non seulement réparé, mais encore aviez-vous de beaucoup augmenté vos fortunes, et vos possessions étaient devenues considérablement plus lucratives et plus riches. Yous n'aviez donc qu'à louer et remercier la Providence sur votre sort ; votre devoir et v(>ti'e reconnaissance devaient vous attacher involontairement à votre souverain, à son autorité et à sa gloire; il avait droit d'y prétendre, il s'en flattait même avec une sorte d'assurance; et il n'eût pas été trompé, si vous aviez suivi les règles de la gratitude et les maximes de la religion "

Lettre de Mgr- Briand adressée aux citoyens de Québec, à Vûccasion de C anniversaire de Vassaut de Québec :

" Jean-Olivier Briand, ]>ar la miséricorde de Dieu, et la grâce du St. Siège, Evéque de Québec, etc., aux citoyens catholiques de Québec, talut et bénédiction en X. S.

" Quels sont aujourd'hui, nos très-chers Frères, vos sentimcns sur l'heui-eux et glorieux événement du 31 xbre 1775, dont l'anniversaire va dans trois jours nous rappeler le doux et consolent .-ouvenir ? Vous le regardâtes alors comme un effet singulier de la Divine Providence, dont la mémoire et la reconnaissance envers le Dieu des armées doivent être i4ernelles ; c'était le langage de Son Excellence, de tous les officiers, de tous les miliciens. Que ce fut ])Our moi une sensible consolation de trouver dans les généreux et fidèles* défendeurs de cette ville la même opinion, et de les entendre tous se réunir ])our attribuer à l'Etre Suprême le succès de cotte journée. Je ne pouvais en effet dans les princi])es de ma foy qu'en bien augurer et en es|)érei% ce que le Soigneur a reellemcïit opéré, et qu'il ne manque jamais <l'opérer quand on est fidèle à lui l'endre sa gloire et l'honneur qu'il mérite. Il a consommé son œuvre, et après nous avoir dans la nuit même arra hé par une es|)èce de miracle, disons mieux, par un vrai miracle, de la main de nos ennemis, et nous les avoir livi'és eux-mêmes, lorf-

qu'ils se croyaient victorieux, ce Dieu de 1 onté, coutro lequel ni science, ni sagesse, ni force, ni ruses, ni four^ beri.'S ne peuvent rien, nous a entièrement délivres et nous rendu la liberté, non seulement à nous, mais à toute

la colonie ; . , . i'^ -n ^

" Ce serait peut-être ici où je devrais vous détailler et vous mettre devant les jeux toutes les merveilles que le Sei"-neur a opérées en notre faveur, afin de vous convaincre de l'obligation étroite (lue vous avez de lui rendre arâccs et de chanter ses louages. Cantate Donuno canticumnovum quiamirahiliafecit; mais vous les avez apperçues ces merveilles du Seigneur, et cent fois j ai goûte la plu^ vive et la plus tendre satisfaction en vous entendant les publier d'un ton que la foy seule peut iormer ; c'est Dieu, disiez- vous, qui nous a rendu Son Excellence Monsieur Carleton, c'est lui qui l'a couvert de son ombre, nui a dirige^ ses pas, et l'a fait. échapper a la vigilance plus qu'o\-dinaire des sentinelles appostees de toutes parts ])Our le saisir et nous l'enlever; c'est Dieu qui a inspiré à notre illustre gouverneur le moyen de ranimer les cœurs de rassurer les esprits et de rétablir la paix et l'union d:ins la ville ; c'est Dieu lui-même qui a rais et conservé l'unanimité et la concorde parmi une garnison composée de différents états, caractères, intérêts et religion ; c'est Dieu qui a inspiré à cette glorieuse et brave garnison cette constance, cette force, cette générosité, cet attachement à soh roy et à son devoir, dont elle avait besoin, i our soutenir un long et pénible siège pendant un hyver aussi rude et aussi dur que celui du Canada. Ne reconnûtes vous pas encore les traits admirables de la Divine Providence qui vous protégeoit d'une manière singulière, dans l'inutilité d'un brûlot qm p-obablement eut réduit en cendres toute la Basse-\ lUe. Que vous dire encore ! L'arrivée des secours d Europe si à propos et qui n'ont devancé que quelques heures les secours qui arrivaient aux assiégeants ; la frayeur repand'.ie parmi les ennemis à la vue de Son Excellence iortic de la ville avec peu de trou] es ; 1 affaire des 1. Eivières, la fuite précii.itée do >ccs mêmes ennemis a l'approche de nos troupes ; les victoires remportées sur le Lac Champlain, n'est-ce pas le Seigneur qui a fait loutes ces merveillea qui exigent notre reconnaissance :

Cantate Domino caniicum novwn, quia mirahilia fecit. Chantons donc, N. T. ch. fr. d'un cœur gai et religieux tin cantique d'allégresse et de reconnaissance à notre Dieu qui a fait tant de prodiges en notre faveur. Cantate Domino, etc. Chantons-le, notre illustre gouverneur en ce point, pensant comme nous l'ont demandé vos braves officiers sous la conduite desquels vous vous êtes acquis tant de gloire, nous en ont supplié et même que nous voulussions bien chanter une messe solennelle afin de témoigner à Dieu par cet auguste sacrifice d'une manière plus digne de lui et plus proportionné à leurs sentiments la vive reconnaissance dont ils sont pénétrés.

" A ces causes, après en avoir conféré avec notre clergé de notre ville épiscopale, nous avons résolu de célébrer vers les neuf heures, mardy prochain 31 xbre, dans noire église cathédrale, une messe solennelle en action de grâce, après laquelle nous chanterons, en habits pontificaux, le Te Deum...

" Donné à Québec, ce 29 xbre 1776.

" J. Ol : Evêque de Québec, " Par Monseigneur,

" Frs. Perrault, Ptro-Sec."

*' Jean Olivier Briand, par la miséricorde de Dieu et la grâce du St. Siège, Evêque de Québec, etc., aux fidèles citoyens de la ville de Québec, salut et bénédiction en Notre-Seigneur.

" La juste crainte d'exposerdes vies qui nous sont chères nous ont porté à interrompre depuis longtemps les offices solennels ; nous les reprenons aujourd'hui avec la plus grande allégresse : les ennemis ne sont plus à nos portes, un instant les en a éloignés. Le fracas de leur artillerie ne peut plus troubler votre dévotion j ce bien* fait signalé n'exige^t-il pas de notre part les actions de grâces les plus sincères et les plus solennelles envers notre Dieu que nous avons tous si souvent reconnu poui' être le premier aut3ur de nos succès»

Loin de vouloir par là affaiblir en vous les sentiments de reconnaissance et d'attachement que vous devez à votre très-gracieux Souverain et à la mère-patrie, dont

les prorapts et puissants secours vous ont rais en était de fous faire craindre à vos ennemis. Je souhaiterais les pouvoir redoubler. Ne devons-nous pus également conserver un attachement éternel pour son excellence M. Carleton, notre illustre gouverneur, dont la sagesse, la prudence, l'autorité et l'intrépidité ont enfin confondu l'opiniâtreté des ennemis du roi et des notices. Personne de ceux qui ont soutenu notre long siège dans cette ville n'ignore le zèle et le courage des olFiciers, la constance et la fermeté des soldats et de nos braves citoyens. Mais, ines chers frères, ce ne sont pourtant là que des causes secondes qu'une providence particulière avait préparées en notre faveur, qu'elle a soutenues, dirigées et animées, moins par la considération de nos mt^-ites que par l'intercession des SS. Patrons et Protecteurs de cette colonie; noUs ne croyons pas qu'il soit encore temps d'entrer là-dessus dans un plus (grand) détail. Fasse le ciel que ce bienfait signalé de la Divine Providence pour une ville que nous devons tous regarder comme le dernier boulevart qui restait à la province et à la religion de nos pères, puisse dessiller les yeux à tous ceux de nos frères que l'esprit d'erreur et de mensonge avait aveuglés. Que le succès dont Dieu a couronné votre zèle et votre religion puisse les faire rentrer dans les sentiers de la vérité, les rendre dociles à la voix do leurs pasteurs et plus soumis aux puissances que Dieu a établies pour les gouverner. A ces causes, pour remercier Dieu de vous avoir conservé la vie au milieu des périls et des fatigues, vos propriétés qu'on désirait vous enlever, et le libre exercice de la religion par la levée du siège, nous chanterons solennellement ce soir, 12 de mai, dans notre église cathédrale à l'issue des vêpres, le Te Dnim, ensuite nous donnerons le salut et accordons 40 jours d'io' dulgenxîes

Donné à Québec, ce 12 mai 1770.

J. Ol : Evêque de Québec,

Par Monseigneur Frs. Perrault, Ptre. Sec.

Extrait du Registre C de V Archevêché de Québec,

La note «uîvante a été extraite des archives du Sémi- \mire de Québec; bien qu'elle ait été écrite après là guerre de 17T5, elle nous paraît de la plus grande exactitude )

" Durant la téméraire et pourtant formidable entreprise de Montgomery, commandant des troupes Améri* caincs, sur la ville de Québec, le Séminaire déploya envers le gouvernement anglais, la même loyauté qu'il avait montrée en faveur de la France durant les sièges de 1690 et 1759. Les élèves furent exhortés à s'enrôler dans la milice, la maison fut affectée pour servir à loger i.in certain nombre des défendeurs de la place, les greniers furent ouverts avec libéralité, toutes les provisions livrées sans réserve. Après la mort de Montgomery et la retraite d'Arnold blessé au genou dans l'attaque du Sault-àu-Matelot, une trentaine de leurs officiers faits prisonniers durant la célèbre nuit du 31 décembi'e, furent enfei-més dans le Séminaire et traites avec tous les égards possibles. C'est là qu'ils pleurèrent lorsqu'on leur montra l'épée de leur général, dont on leur annonça la mort."

Note H.

AFFAIRE DES CÈDRES ET COMBAT LIVRÉ PAR LES AMÉRICAINS AUX TROIS-RIVIÈRES, RACONTÉS PAR M. A. BERJTHELOT.

" Le capitaine Foster, du 8e régiment eut ordre de partir d'Oswcgatchie pour aller avec deux subalternes, 126 soldats et 120 sauvages, (0 chasser un parti de 300 Américains établis aux Cèdres. Pendant qu'il étoit eu marche, il apprit, le 17, que les ennemis ignoroient l'attaque méditée contre eux et qu'en taisant diligence il pouiToit les surprendre. Le lendemaiji il débarqua à la Jpointc au Diable, à six fbilles de l'église des Cèdres. De là il continua sa route à l'abri d'une épaisse forêt. Lorsqu'il fut à uft mille du fort il arrêta son détachement et s'occupa des préparatifs de l'attaque et détacha un parti pour occuper le bois et s'a))procher des ennemis autant que possible, et un autre parti de sauvages aux

(1) Les sauvages étaient commandés par M. de Lorimicr. Quelque* *tttres Canadiens avaient aussi rcgoint ce détachement.

rapides, à l'entrée de la Cascade, afin de couper toii'e conunuriicatioii avec l'ile Montréal. (Je dernier parti rencontra un détachement de la garni.--on qui revenoit des Cascades avec des provisions et qui se sauva au fort, y poi-ter la nouvelle de l'ajjprocho du capitaine Fostor. Celui-ci fit sommer le m:ijor lîutterfield, qui y commandoit, de rendre la place. Le commandant américain demanda quatre jours pour délibérer ; mais le cajjitaine Foster qui avoit appris qu'un officier américain venoit de partir pour Montréal afin d'obtenir du renfort, voyant bien que l'objet des Américains ii'étoit que d'obtenir du temps, fit faire une seconde sommation, avec l'observation— " que les sauvages lui étaient alors bien soumis, mai>> que si en s'obstinant à défendre leur fort il leur arrivoit de tuer un de leurs gens, il rie pouvait point répondre des conséquenees."' — Le commandant Américain répondit qu'il se rendroit si on lui permettoit de se retii'cr à V-ontréal avec sa garnison. Le capitaine Foster ne voulant ])oint consentir à cette condition fit faire une redoute à l'entrée du bois, à 500 pas du foi-t. Le 19 au matin, s'avança à 150 pas du fort et fit un feu de mou>queterie si bien soutenu jusqu'à midi, que le commandant Butterfield se rendit à condition que les vainqueurs accorderoient aux assiégés la vie et leurs bagage>. Le lendemain, le capitaine Foster étant informe qvie le major Sheborne venoit de Monti'éal avec 100 iiommes, envoya au devant d'eux 100 sauvages s'emparer des bois jjar lesquels ils dévoient jtasser et les attaquer ])end:int leur marche, (i) Les Américains surpris, après (juebiues miuules de résistance, se rendirent aux sauvages (|ui les amenèrent au fort, où ils se ])r()posoient de tous les mettre à mort. Ce ne fut qu'avec beaucoup de peine et ([u'îi force de pré.^cnts, que le capitaine Foster leur persuada d'abandonner un si cruel dessein.

" Le caj)itaine Foster laissa les Cèdres pour redescendre» le fleuve, et ap|)rit à Vaudreuil que le colonel Ai-nold, à la têlo de GOO hommes, étoit ]»arti de Montréal et s'était avancé jusqu'à Lachine. Celui-ci so confiant en la supé-

(1) M. de Lorimier dit qu'il fut <;harg{! do cette attaque avec 60 sauvages et que trente yolontaircs Canadiens se joignirent à lui.

riorite numérique de ses forces résolut d'aller au devant du capitaine qui sut ^si bien profiter de sa position en divisant sa troupe en trois, afin de défendre les 3 pointes d'une petite presqu'île où il s'étoit ])lacé, qu'il repoussa les Américains : et les obligea de se retirer à Sainte- Anne sur l'ile de Montréal.

" Mais le capitaine Foster qni avoit peu de monde sous ses ordres, se trouvant très embarrassé par le grand nombre do prisonnier-, en proj)Osa un échance que le colonel Arnold accc])ta le 22 mai, et en conséquence lui livra 2 majors, 9 capitaines, 20 subalternes, et 443 soldats Américains à condition que les Américains renverroient le 7e et le 26e régiments ; et Arnold donna en otages 4 capitaines Américains, qui furent envoyés à Québec; et oii ils dévoient rester jusqu'à l'exécution de la Convention. Mais le Congrès ne voulut point ratifier le cartel sous prétexte que le capitaine Foster avoit traité ses ])risonniers avec cruauté. L'bistoire absout ce capitaine de ce reproche. Le Congrès s'en sera laisse imposer par les rapports des prisonniers Américains qui auront représenté comme cruelles les mesures de précaution que cet officier devoit nécessairement emplo^'er pour surveiller et contenir les vaincus dont le nombre était supérieur à celui des vainqueurs."

" Plusieurs vaisseaux étant arrivés d'Angleterre vers la fin de mai avec beaucoup do troupes, le génénil Carleton les envoya aux Trois-Kivières. Le général Fraser qui les commandait, en fit débai-quer la 1ère division à cette ville, en fit monter une autre division plus haut que la ville à bord de transports, tandis (pie le reste remontoit le fleuve. Le général Sullivan qui était encore à Sorel avec un corps do troupes considérable, s'imaginant (j^u'il pourroit s'emparer facilement do la Ville des Trois- Rivières, pendant qu'elle n'avoit que peu de troupes, comme il le croyoit erronément et contre tous les rapports, envoya le général Thomjison à la tête do 1,800 hommes, avec ordre de se rendre à la rivière Nicolet et de traverser à la Pointe du Lac. La nuit du 7 au 8 juin les Américains traversèrent le fleuve et se rendirent à la Pointe du Lac. A 4 heures du matin, le capitaine de Milice Landron, de la Pointe du Lac, se rendit aux Trois-Pivières et donna avis an «i'énéral Fra'^cr de l'arri-

véc des AiiKTicuiii.-.. Cu .^-ciiL-nil lil iui.-sil6l rus.semliler se« troupes an nombre de 7,000 et plaeu différents jjiqiiels aux endroits par lesquels ils j)onvoienL se rendre à lu ville. 11 oi'dotjna en outre au générai Xesbit dose mettre à la lête d'un détachement qu'il lit deitarquer des vaisseaux et d'aller jnvnJre les Américains en ;;uerre, tandis (lue le major (Irant >'empareroit d'un ])ont. alin dt' les empOclier de se sauver par la Rivière du l.oup. De leur côté les Américains se jiroposant d'attaquer les Trois- Kivièi'cs à l'improviste, avoienc formé le plan de jtasser, dès la mémo nuit, par les bois, pour venir pai- le (Jèieau Sainte-i\[arii;ueri:e au côté nord. Ilavoient pour <;-iiide.s deux François, Larosc et Dupaul, qui ne connoissait pas bien ce chemin, forcèrent Ant. Gauthier, cultivateur de la Pointe du J^ac, de les i,niider. Mais cet homme loj-al, ])Our donner le lenis à lu ville do se préparer à se défendre, feii^nitde s'égarer, alongea la loute des Américains en leur faisant faire dinutiles drtours. 11 est certain que sans ce stratagème les Américains auroient surpris la ville avant le jour. Ce ne fut que vers les huit heures du matin que (rauthier parvint, avec 7 ou 8 Américains, qui formoient une avant-garde, au pied du Coteau Sainte-Marguerite, à quelques arpens au nord de la Coramuiu'. Le Chevalier de Niverville, qui condnisoit un piquet de 12 volontaires, les apperçut, alla au devant d'eux et les fit prisonniers. Le reste des Américains parut bientôt après. Le Général Fraser vint à leur rencontre avec les troupes anglaises et les attaqua avec un feu si vif que les enneniis furent bientôt mis en déroute. Il M ])ris()nnier leur Commandant, le Général Thompson, le Col. Irwin et 200 hommes. A 3 heures après midi les Américains avoient })erdu en outre 20 bateaux, 28 quarts de lard et 8 canons. Le General Carleton arriva aux Trois- Rivières à G h. du soir, accompagné de son frèi-e et de son Aide-de-Cam]>, M. de Lanaudière. Il fit venir (Jauthier et après l'avoir interrogé .sur la manière dont il avait trompé les Américains il lui dit qu'ils auroient eu le droit de le pendre i)our n'avoir ])as rem])li ses engagements envers eux. Cette observation ])cut paroîtie étrange à plusieurs. Je la tratismets telle (ju'on me l'a racontrée.

" Le gros de l'armée américaine fit, avec le plus grand

désordre ^a riti-aite dans un boisiniiivcageux et y essuyji toutes sortes de misères jusfiu'aii lendemain. Mais le Général aj'ant donné ordre au Major Grnnt d'abandonner la possession du pont, les Américains s'enfuirent vers Sorol. Ils furent poursuivis Jusqu'à cet endroit par les troupes du roi jusqu'au 1-i de Juin. Le Général Carleton ordonna au Général Buri;oyne, le second en commandement, de ne point bazarder de combat avec les républicains, jusqu'à ce qu'il eut reçu une autre colonne anglaise pour le renforcer. Ceux ci prolitèreut de ce délai pour se rendre à St. Jean, d'où ils traversèrent le lac Champhiin et se rendirent à Crown-point. Leur fuite des Ti'ois-J'ivières fut si ])récipilée qu'ils abandonnèrent leurs blessés dans le bois. I)es babitants do Macbicbe en ayant a])per(;ii quel(pies-uns, des ciloyens des Trois-Iîiviéres les allèrent chei'cbcr jusque dans les bois de celle paroisse atin de les faire soiiriicr. "

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