LANAUDIÈRE
Les Maîtres de Poste fourniront à Messieurs Baby et
Cugnet fils
des" Chevaux de Poste pour se rendre d"ici à Montréal.
Donné à Québec, le 10 Octobre 1775.
H. T. GRAMAHÉ.
1 Sur toute celte aîTaire, Cf. Témoin Oculaire, p. 49 et suivante?.
I/I.WASION AMEli'.CAINl-:. .ilt)
Ml" l.K C.OVTK DlII'ItK A l"IIi\''1« Fu.\NÇ()IS lÎAliV.
Qiéboc, 21 8brc 1775.
Mon cher coiixiii^
J'ai reçu celle que tu m'as fait le plaisir de m'éerire du 23 du courant. Nous avions su en partie les détails sur le parti du pauvre l^igauville et l'accident de Magnan '... Je me flattais d'envoyer à Montréal cinquante jeunes gens de Québec, mais ça trainé trop longtemps pour réussir. lia été tei'miné d'envoyer dix volontaires dans le bateau demain qui part cliargé de 530 quarts de farine. Crainte d'accident, ceux des olliciers qui ont paru dans le principe de bonne volonté n'y étaient plus (juand il fallut partir. Cependant il s'est trouvé le S'' Perras qui s'est offert de mener le délacbement. Les gens de ta compagnie se sont bien présentés sitôt qu'on leur a fait appel ; c'est la seule qui n'ait pas mancpié aux ordres. Le Lieutenant Gouverneur a envoyé dans l'Isle d'Orléans MM. Mabane, le grand Juge, Grant et lîoisseau avec ordre de commander dans cbaque compagnie d'autorité. Ils avaient pris avec eux dix bommes de la frégate bien armés. Le Grand Juge voulut un peu insister, mais il y avait deux cents cinquante habitants avec des bâtons qui auraient assommé le Juge sans Boisseau, de façon que l'on vit que les habitants ne sont point d'aucune bonne volonté. C'est maintenant trop tard i)Our vouloir les faire commander d'autorité. On a envoyé à la cosle du Nord, S'c Anne et antres, sans avoir eu plus de réussite. On a envoyé jusqu'à Kamonraska Dunièrcs et Pinguel qui n'ont pas non plus de réussite, car il n'est venu (jue quinze bommes en tout ^
La ville pai'aîl bien dévouée. Les miliciens ne manquent plus à leur garde, depuis quinze jours que j'ai pris le parti de les envoyer cbercher par des fusiliers etsi on eut puni dans le principe, comme je le voulais, les choses auraient été bien mieux. Je te réiionds qu'actuellement nos miliciens font le service de nuit aussi bien que les meilleures troupes. Nous avons toujours qnatre-vingt-di.\ hommes de garde et les gardes bien garnies, quand Messieurs les anglais montent la garde, ils ne sont pas la moitié. Ils
1 Cr. Témoin Oculaire, p. G3.
1 Yinv Notes et piàrs juslificaliees liWl.
couimonceiit à se dégoulordu service ces jours ci, et ufGiit dit qu'ils iiioutaieut trop souvout. Je leur ai répondu : Messieurs, vous avez nus six compagnies là où vous ne pouviez en avoir que trois au plus, et cela pour faire voir en Angleterre que vous aviez six compagnies et que nous nous n'en avions que onze, qui certainement auraient pu en faire trente comme les vostre. Eh! bien subissez-en les consé(juences. J'ai arrangé si bien les miliciens qu'ils ne se plaignent point du service parcequ'ils montent également. Je souhaite de tout mon cœur qu'on puisse pousser vivement MM. les Bastonais.
De Lanaudière marque à son épouse qu'ils ont une forte armée et qu'il est persuadé que si les ennemis en ont connaissance qu'ils décamperont bien vite : il serait bien qu'ils fussent frottés d'importance, afin de les dégoûter de revenir une autre fois. On assurait que les bâtiments en partance pour Londres ne partiront que Samedi après l'arrivée du courrier, s'ils ont cependant levé.
Je suis avec un sincère attachement ton très-affectionô cousin
Le Gle DUPRÉ.
M JUCIIEREAU DUCHESNAY A lTIoA'^''^ F. BaBY.
Fort Jean, co 2 Novembre 1775.
Mon cher amij
Après avoir été blagués le 14 septembre au soir, nous avons été obligés, pour comble de malheur, de rendre ce jour la place, après avoir essuyé la plus giaiide misère que j'aie eue dans toutes mes campagnes. Les blessés et morts se montent à soixante et quelques personnes. Notre résistance nous a fait obtenir les honneurs de la guerre et la douce satisfaction d'être traînés à Connecticut^ : un coup de fusil au travers du corps à Montréal me ferait beaucoup moins de peine et de tort. Tu sais combien ma présence serait nécessaire à Québec, puisque tous mes biens sont à l'abandon ainsi que mes enfants. Je me flatte que tu feras faire des observations à M^' le Général Garlelon et
' es. Témoin oculaire, p. 77, Noies, etc., LXXX.
L'Invasion américaine. 321
le feras prier de me donner la préférence dans les échanges. J'ai trop besoin de ton secours en cette occasion pour ne pas me flalter que ta me continueras les marques d'amitié que tu m'as toujours données.
Je n'ai pas le temps d'écrire à ma mère et à ma grand' mère; je te prie de leur faire mes respects ainsi qu'à tous mes amis.
Je suis pour la vie ton sincère ami,
J. DUGllESNAY.
Nous partons à huit heures du malin, demain.
De Messirk Sarault P"- a lIIo.n. Frs. Bary.
St. Charles, G Novembre 1775.
Monsieur^
J'ai eu l'honneur de vous dire au mois de Septembre que j'avais employé toute mon autorité pour détourner les orages qui s'étaient élevés contre le Gapt. Royer, ^ quoique ce ne soit pas mon homme, comme vous savez. Mais le bien du service et mon devoir le demandaient. Voilà uja règle. C'est par le même principe que je viens de lui donner aujourd'hui des avis importants, lo Au sujet des armes, je trouve qu'il a un peu étendu la permision qu'il a, dit-il, d'en laisser a qui il jugera à propos, ou qu'il n'a pas fait peut-être assés exacte recherche dans plusieurs maisons où il y en a encore, ce qui aurait de Tinconvénient si le tems redevenait critique. 2o A l'égard des procès, quelquefois en matière épineuse où il intervient, non pas comme arbitre, ce qui leur conviendrait, (juand les parties l'appellent, mais comme ayant autorité pour cela — lunquarn polcslalnn liabnis. C'est sortir de sa sphère, et ses lumières sont trop bornées. Il a assez bien reçu ces avis; mais je souhaiterais que voulussiez les appuyer. Vous le verres vendredi ; dites lui, je vous prie, que cela
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vous est revenu sans lui faire connaître par quelle voi^. Vos leçons n'en auront que plus de force. Ce n'est pas que je désire que vous le contristiez, au contraire, mais il faut qu'il comprenne qu'il a besoin de s'observer pour ne donner prise à ses ennemis par aucun endroit. Excusez-moi, Monsieur, de la liberté que je prends, mais c'est qu'il m'a paru que vous voulés le bien.
J'ai l'honneur d'estre avec respect,
Monsieur,
Votre,