BASSIN
ayant été
blessés, ils ont tué un nommé Béquer' un des chefs d’un party de Bastonais, ils lui ont levé la chevelure, coupé la tête qu’ils ont apportée à St. Jean et. un des petits doigts de la main. de l'ai vu, le sauvage l'ayant apporté chez nous. Depuis, ils ont amené trois -prisonniers. On dit que trois autres sont venus se rendre euxmêmes à St. Jean avant hyer. Il est à présumer que nos sauvages harceleront terriblement ces malheureux, car ils sont tous déchainés. J’oubliais de te dire qu’on a trouvé à ce Béquer plusieurs papiers et des instructions ; ce qui donne des connaissances... sr
Ton affectionnée sœur Ve BENOIST.
La même au même.
Montréal, le 7 7bre 1775.
Mon cher frère,
Nous sommes dans la plus triste position que l’on puisse imaginer. Mardy au matin, il arriva un courrier de St. Jean qui apporta la nouvelle que les Bastonais étaient traversés, au nombre de soixante bateaux, dans l’Isle aux Noix. On fit aussitôt battre la générale avec ordre de se trouver à dix heures au champ de Mars où il se trouva à
peu près trois à quatre cents hommes. Le général’ fit des
compliments aux anglais et leur dit qu’il ne serait pas fâché de mourir en combattant avec de sy braves personnes. Il ne parut pas faire grand cas des Canadiens ; il les congédia en leur donnant l’ordre, qu’il fit publier au son du tambour, de la part du Roy, à tous les Canadiens de se rendre au Champ de Mars à cinq heures du soir. Il s’en présenta un peu plus que-le matin, mais tous de bien bonne volonté et tous prests à partir. Le Commandant dit qu’il fallait garder la Ville. On fit fermer et barricader toutes les portes, deux exceptées dont les guichets restent ouverts. On y mit quarante hommes à veiller pour garder les brèches des murs de Jéricho qui tombent de toutes parts et qu’on travaille maintenant en grande hâte à réparer. Hyer, on fut assez tranquille jusqu’à cinq
{ Baker. Voir Noles, elc., XXXIV, Mémoire de Lorimier, p. 246. 2 Prescott. CF. Témoin oculaire, p. 43, Noles elc., XXX VIII,
heures trois quarts du soir qu'il arriva un courrier avec la nouvelle que St. Jean était attaqué par trois barques et une quarantaine de bataux. Le Commandant donna l'ordre de s’assembler de nouveau au Champ de Mars où on resta jusqu’à neuf heures du soir à prendre les noms et à faire des Rôles. Les Canadiens s'attendaient à partir et le désiraient, mais on leur donna l'ordre de garder la Ville et de mettre quatre-vingts hommes de garde, anglais et français, moitié dehors de la Ville et l’autre dedans autour des murs. A sept heures et demie, ilarriva un autre courrier qui apporta la nouvelle que les Bastonais débarquaient. Les sauvages voulurent s'opposer, mais ils se retirèrent après avoir perdu quatre des leurs et trois blessés. Ils disent qu'ils manquaient de poudre. On ne leur avait donné que chacun quinze coups. On dit qu'ils sont dégoutés et qu'ils se retirent.
Le Commandant vient de dire aux Canadiens qu'ils sont maîtrés à présent de partir ou de rester. de crois le mal sans remède et nous nous attendons à estre pris. Je crains que ce soit la dernière que je puisse t’écrire. Finissons, la poste part. Adieu ne nous oublie point et tâche de nous donner de tes nouvelles.
Ve BENOIST.
Pierre Guy, EGcutEr, au même.
Montréal, le 7 Septembre 1775.
J'ai reçu ta lettre du 4 du courant qui m'apprend que tu as fait remettre au général Carleton les trois canards branchus que je t’ay envoyés pour lui, je te remercie...
Noussommes icy toujours sous les armes. Hier, depuis 4 heures du soir jusqu’à huit heures, il arriva trois courriers de St. Jean : le premier, annonçoit que les Bastonois arrivoient devant le retranchement avec les barques qu'ils mettoient en ligne de bataille, maïs que l’on ne savoit pas si les berges avoient mis à terre—étant cachées par une pointe ; les deux autres arrivés après sont un soldat et Carignan qui estoient partis le matin pour Chambly; rien ne transpira de ces deux derniers. J'ai vu lire les lettres sans rien savoir de leur contenu. Nous attendons ce matin un autre courrier. Avant-hier, il est sorti des ordres du général pour commander quinze hommes par
ier avec rques et ina l'orrs Où on oms et à partir et arder la rde, ant l’autre ilarriva >8 Bastoopposer, les leurs poudre.
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ns qu'ils à crois le pris. Je re. Finiset tâche
:NOIST.
bre 1775.
rend que
canards ETCIB....
r, depuis Ois cOur- Bastonois
es qu’ils
e savoit hées par un soldat hambly ; 1 lire les ttendons sorti des nmes par
chaque compagnie, armés ou non. Je fùs chargé moimême de porter ceux pour Lachine et autres paroisses jusqu'aux Cèdres, les dits fordres portant que chaque quinze hommes seroient conduits par un Capitaine ou un officier. Hier, les Gapitaines des diverses paroisses près la ville vinrent pour offrir leurs services, mais les soldats n'ont pas imité leur zèle et ont refusé de marcher!, Nous nous trouvons dans la circonstance la plus critique qu'il soit possible d'imaginer ; les habitants sont si corrompus,
par les anciens sujets, qu’il n’est pas possible de leur faire
entendre raison et les ramener.
Je suis ton serviteur et amy.
GUY
Mme Ve Benoisr, au même.
Montréal, le 9 3bre 1775, Mon cher frère,
Dans le tems où nous nous croyions sans ressources, la Providence nous a fovorisés par le moyen des sauvages. Je te marquais, dans ma dernière, que les Bastonais avaient fait leur débarquement le même jour que je l'éerivais à quatre heures après midy. Il arriva un courrier de St Jean avec la nouvelle que 80 sauvages leur avaient livré un combat si vif et sy intrépide”. La partie n’était pas égale, car on pense que les ennemis étaient au moins quinze cents. Les sauvages en tuèrent quarante et en blessèrent trente. Il n’y a que quatre sauvages de tués et peu de blessés ; ils se battirent longtemps retranchés derrière des arbres ; sur le soir ils se retirèrent et les Bastonais firent une retraite de 4 milles, et depuis ils sont retournés à l'Isle aux Noix”. Une heure après qu’on eut reçu cette nouvelle, on s’assembla à l'ordinaire sur le Champ de Mars. Nos jeunes gentilhommes et bourgeois représentèrent au général qu'il seroit honteux pour les Canadiens de rester en arrière dans une affaire comme
1 Cf. Témoin oculaire, p. 43.
n'est pas terminée au Ms.
celle là, qu’ils voulaient absolument partir. [ls avaient demandé dès le premier jour, mais on ne voulait pas leur donner d'ordres; on disait qu’il fallait garder la Ville et que ne connaissant pas le nombre d’ennemis à qui on avait à faire, il ne fallait pas exposer le peu de braves gens que noüsavions. À la reception de la victoire de nos. ‘braves sauvages, on consentit à laisser partir toutes les personnes de bonne volonté ; cette nuit là et le lendemain, ils partirent au nombre de deux cents Canadiens et six Anglais (dont Mr Ouker l'avocat ! est du nombre) et trois cents sauvages? On croitsecrètement qui a aujourd’huy une affaire qui pourra etre sanglante. On pretend que les ennemis sont en grand nombre, que les quinze cents qui sont venus n'étaient qu’une avant-garde. Le général Carleton est attendu, et tout ce qui reste d'honnèêtes gens dans la Ville est pret à suivre ses ordres. Il y en a des campagnes du Sud qui se sont joints à nos Messieurs pour St Jean. On a fait charger toutes les poudre de la Ville dans des bâtiments qui étaient au port; ils se sont tous tirés au large *.
Le général Prescott, dans un transport de reconnaissance pour la victoire que les sauvages venaient de remporter, et que le major Preston, commandant de St Jean luy annonçait comme une chose sy surprenante et sy magnifique, pria Mr Dufy d'aller dire de sa part à Mr Montgolfier de chanter une grand messe le lendemain et un Te Deum * d'action de grâce, ce qui a été exécuté. Cela s’est rencontré le jour de la Nativité de la Ste Vierge.
Le commis de M' Ouker le vieux a élè arrêté hier aux environs de Longue Pointe; il allait porter des lettres à son maitre, qui reste en campagne, de la part de Messicurs.les Bastonais On ignore ce qu’elles contenaient*. Ce qu’il y a de certain, c’est qu’on a mis le jeune homme
1 Walker, cousin du marchand. Voir p. 265.
‘2 Cf. Témoin oculaire, p. 43, Invasion du Canada, p. 166, note. 3 Cf. Témoin oculaire, p. 47.
4 Ceci confirme ce que M. de Lorimier a dit p.249.
5 Thomas Walker. Cf. Témoin oculaire, p. 49.
6 Ces lettres furent envoyées en Angleterre, par le Général Carleton.
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note.
Général
aux fers. Il y a lieu de croire que les traitres sont en grand nombre parmi nous, quoique, sans distinction, ils fassent tous le service de garder les portes, font faction et le reste. Je ne peux m'empêcher d'en rire : nos poltrons sont bien malades et ont la colique.
Nous apprenons aujourd’nuy, 10 du mois, qu’il n'ya point eu d'action, les ennemis étant à l'Isle aux Noix avec leurs barques et bâteaux. On se dispose à les aller chercher; depuis la pointe du jour, on fait traverser à Lapräirie tous les canots d'écorce qui étaient dans la Ville. On leur fait faire portage jusqu’à St Jean. Mr de Belestre passe par Sorel avec environ 700 milices pour joindre notre armée ; nos habitants commencent à se rendre... Les ordres sont donnés pour arrêter un des traitres; j'ignore lequel. Tu excuseras le mauvais arrangement de ma relation, car Je t’avoue qu’on n’a pas l'esprit bienklibre en pareille occasion. Gela ne m'a pas, cependant, empèché de préparer une vieille épée que j'ai pour défendre ma famille des insultes dont nous sommes menacés de la part d’une troupe où probablement il y a si peu d'ordre. Comme je vésitais mon épée un Anglais entre qui me demande ce que je voulais faire de cela ; je luy dis, en lui poussant une botte, que c'était pour recevoir les Bastonais. Il me cria ‘‘ Je n’en suis pas un, Madame, épargnez moy.” Aujourd'hui M: de Montigny arrive de St Jean; tout y est tranquille. Le général Carleton vient d'arriver. Je suis avec un parfait attachement
Ton affectionnée sœur Ve BENOIST,.
La mâme au même.
* Montréal, le 12 7bre 1775.
Mon cher frere,
Tu seras peut-être flatté d'apprendre les circonstances de la petite affaire qui s’est passée Dimanche au soir. M° de Longueuil partit de St Jean avec trente et quelques Canadiens et sauvages pour aller à la découverte dans le Lac. Etant atterré,il vit quantité de Bastonais, estimés estre au nombre de sept eents, qui venaient en bateaux. Mr de Longueuil dit aussitôt à son monde d’emharquer
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