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chacun des autres postes, et nous avons appliqué à plusieurs de ces insubordonnés la loi de Moïse, c’est-à-dire les trente-neuf' et ils commencent à se bien conduire, étant soumis à une discipline aussi sévère que celle des réguliers. [l y a ici une grande quantité de sel et de provisions fraîches, les hommes ont autant qu'il faut: une roquille de rhum, et autant de bière d’épinette qu’ils en peuvent boire dans une ï‘ournée; de sorte qu'ils n'ont pas besoin de boire de l’eau du lac, laquelle est reconnue très-insalubre. Le nombre des troupes ici est de dix-sept cents, et sept cents à Crown Point, à quatre milles d'ici. Nous attendons aujourd'hui quatre compagnies du second bataillon de New-York : les bateaux sont allés les chercher. Nous avons ordre de nous tenir prêts à partir sous huit jours pour St. Jean où nous pourrons nous brosser joliment avec les réguliers. Les bateaux se construisent avec une grande rapidité, et je crains que le reste du régiment ne soit pas à temps ici. Le Général parle beaucoup de leur retard à venir et il paraît bien regretter d'être obligé de partir sans eux. Il y avait ici dernièrementun monsieur français, du Canada, qui a mis tous nos gens en excellente disposition par l'assurance qu'il leur a donnée qu'à notre arrivée la plupart des Canadiens s’uniraient à nous: ils n’osent pas s’avouer aos amis avant que nous soyons au milieu d’eux.
Le même Monsieur, qui est un grand propriétaire, a déclaré qu’à notre arrivée il tuera cinq bœufs gras pour régaler les officiers. Pour moi, il »’y a rien qui me donne la moindre inquiétude.
P.S.—Depuis que j'ai écrit ce qui précède, un de nos espions est arrivé de St. Jean. Il dit qu'il y a deux vaisseaux prêts à être lancés, portant chacun, seize canons, afin de prendre possession du lac, ce qui nous en rendrait le passage impossible pour quelque temps. C'est pourquoi nous avons reçu ordre de nous embarquer immédiatement pour St. Jean: nous ferons voile demain matin, le 28.
Le régiment du Colonel Waterbury, de mille hommes, la compagnie du Capitaine Mott, de cent hommes, et nos quatre compagnies avec sept cents hommes, qui sont à Crown Point, et cinq cents des Enfants des Montagnes, doivent nous rejoindre. Notre espion dit qu’il n’y a que cinq cent soixante réguliers et cinquante sauvages à St.
1 Dans la peine du fouet, Moïse avait défendu de dépasser le nombre de quarante coups,
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Jean. Ainsi j'espère que nous ne trouverons que peu de résistance. S'il y en a, nous y sommes bien préparés. Nous laissons ici cinq compagnies du second bataillon de troupes de New-York, et près de trois compagnies de celles de la Nouvelle-Angleterre. Voilà toutes les nouvelles que je puis vous donner à présent,
UX OFFiciEr A UN DE SES Amis DE NEW-YoOnk.
Ticondeïoga, 31 août 1775.
Les Colonels Waterbury et Ritzma, sous les ordres du Général Montgomery se sont embarqués lundi soir, avec douze cents hommes pour l’Ile-aux-Noix, afin d'arrêter, au moyen dé piquets et de barrages, les gros vaisseaux ennemis, jusqu'à ce que l’armée et l'artillerie soient prêtes. Vos compatriotes s'unissent pour vous demander à grands cris de faire les derniers efforts dans ce temps de crise. Inter arma silent leges. Je vous en supplie, mes amis, aux armes ! aux armes!
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Je suis à la veille de m’embarquer avec le reste de l’armée et neuf ou dix pièces d'artillerie : déjà deux de douze sont parties. Vous entendrez bientôt parler de scènes de carnage. Les hostilités sont déjà commencées ici. J'espère être dans cinq jours l’un des maitres de Montréal. Le conseil des Sauvages sera très favorable à notre cause. Gage a eu de Philadelnhie deux mille neuf cents hommes et cinquante barils de farine.
Au Portage, près de Ticonderoga, 14 septembre.
J'ai le plaisir de vous annoncer que j'ai enfin atteint cette place avec tous mes gens, et j'ai eu la chance de n’en point laisser un seul en arrière. C’est un lot de gars pleins de cœur, et d’après ce qui est arrivé, je m’en flatte, ils ne se boucheront pas le nez à l'odeur de la poudre, au moment de l'épreuve, qui est assez proche, puisque nous devons partir demain matin, en route pour l’ile-aux-Noix, où nous sommes attendus avec impatience, parait-il, pour attaquer le fort que les réguliers ont érigé à St. Jean, On tient tant à nous avoir que les
bateaux ont reçu ordre de recevoir la compagnie que je commande, de préférence à toute autre.
On dit que les Canadiens ont positivement refusé de prendre aucune part dans la dispute. Je suppose qu'ils sont un peu comme... et qu'ils veulent s'unir au parti le plus fort, quoiqu'ils fournissent des provisions aux deux partis, pour argent comptant, bien entendu. Nous n'avons trouvé sur notre chemin que difficultés et embarras.
Les troupes ont été bien retardées par le manque de bateau, ce qui en retient encore en arrière. Je jouis d’une parfaite santé, que je prie Dieu de me continuer jusqu’à ce que je puisse donner leur compte au Gouverneur Carleton et à ses dos sanguinaires!. Je les appelle ainsi, pas tant pour la couleur de leur habit, que. pour leur conduite honteuse et sauvage lorsqu'ils ont souffert que la tète du brave capitaine Baker fut coupée et placée au bout d'une perche, à St. Jean, où elle est encore, comme un monument de leur cruauté, et pour nous aiguillonner à le venger bravement, ou à succomber avec gloire.
Je n'ai rien de nouveau à vous communiquer, excepté qu'une légère escarmouche a eu lieu dernièrement près de St. Jean. Cinquante de nos hommes allaient en reconnaissance : ils furent surpris, dit-on, par un parti composé de réguliers, de Canadiens et de Sauvages, qui se tenaient en embuscade, dans les joncs ou hautes herbes. Nous avons eu cinq ou six hommes tués,plusienrs blessés, dont quatre ou cinq sont morts de leurs blessures. Le'Major Hobby et le Capitaine Mead du Connecticut sont légèrement blessés. L’ennemi a eu plusieurs blessés, parmi lesquels, le Capitaine Tyce de Johnston, dans le comté de Tryon, natif de New Jersey. Il a été autrefois capitaine dans les troupes de cette province, c'était une de mes vieilles connaissances ; mais il paraît maintenant qu’il était un tory renforcé. Je suis heureux de penser qu’il a trouvé le sort que je souhaite avant la - fin de la querelle, à tous ceux qui lui ressemblent. Voilà tout ce que j'ai pu savoir de mieux et il faut avouer que ce n’est pas mal.
1 Bloody backs.
; à PA Oculaire, p. 42. Mes services, p. 248, Leïtres, pp. J1t, 31%,
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P. S.—Le Colonel Fleming, M. Trumbull, le capitaine Quackenbos, M. Pearsea et le lieutenant Van Waggener, avec mes confrères officiers, font leurs meilleurs compliments à vous et à tous les amis