‹ InvectivesChapitre 4 sur 60 · METZ · texte numérisé non relu

METZ

Je déteste rarlislerie

Qui se moque de la Pairie

Et du grand vieux nom de Français,

Et j'abomine rAnai rhie

Voulant, front vide et main rougie,

Tous peuples frî-res — et Torgie !

Sans autre forme de procès.

Tous peuples frères 1 Autant dire

Plus de France, même martyre, Plus de souvenirs, môme amers !

Plus de la raison souveraine, Plus de la foi sûre et sereine, Plus d'Alsace et plus de Lorraine, ., Autant fouetter le flot des mers.

Autant dire au lion d* Afrique :

Rampe et sois sou[>lo sous la trique.

Autant dire à Taigle des cieux :

Fais ton aire dans le l)Ocage En attendant la bonne cage Etresclavage et son bagage.

Autant braver Tire des dieux !

Et quant à l'Art, c'est une offense A lui faire dès à Tavance Que de le soupçonner ingrat Envers la terre inaLcrnelle, Et sa mission éternelle D'enlever au veut de son aile Tout ennui qui nous encombrât.

11 nous console et civilise,

Il s'ouvre grand comme une église

A tous les faits de la Cité.

Sa voix haute et douce et terrible

Nous éveille du songe horrible.

Il passe les esprits au crible

Et c'est la vraie égalité.

0 Metz, mon licrceau fuLidit^ue, Metz, violée et plus pudique Et plus pucelle que jamais ! 0 ville où riait mon enfance, 0 citadelle sans défense Qu'un chef que la honte devance, 0 mère auguste que j'aiiaais.

Du moins quelles nobles batailles, Quel sang pur pour les funérailles Non de ton honneur, Dieu merci I Mais de ta vieille indépendance, Que de généreuse imprudence, A ta chute quel deuil intense, 0 Metz, dans ce pays transi !

Or donc, il serait des poètes

Méconnaissant ces sombres fôtes Au point d'en rire et d'en railler 1 11 serait des amis sincères Du peuple accablé de misères Qui devant ces ruines lières Lui conseilleraient d'oublier !

Metz aux campagnes magnifiques, Rivière aux ondes prolifiques, Coteaux boisés, vignes de feu, Cathédrale toute en volute.

Où le vent chante sur la llùLc, £t qui lui répond par la Mute,

Cette grosse voix du bon Dieu !

Metz, depuis Tinstant exécrable .

Où ce fiorusse misérable Sur toi planta son drapeau'noir £t blanc et que sinistre ? telle Une épouvantable birondelle, Du moins, ah tu restes fidèle A notre amour, à notre espoir \

Patiente encor, bonne ville :

On pense à toi. Reste tranquille.

On pense à toi, rien ne se perd Ici des hauts pensers de gloire Et des revanches de Thistoire Et des sautes de la victoire.

Médite à Tombre de Fabert.

Patiente, ma belle ville :

Nous serons mille contre mille, Non plus un contre cent, bientôt 1 A l'ombre, où maint éclair se croise, De Ney, dès lors âpre et narquoise, Forçant la porte Serpeuoise, Nous ne dirons plus : ils sont trop !

Nous chasserons Tatroce engeance

Et cfc sera notre vengeance

De voir jusqu'aux petits enfants

Dont ils voulaient — bêtise infâme ! —

Nous prendre la chair avec Tàme,

Sourire alors que Ton acclame

Nos drapeaux eniin triomphants !

0 temps prochains, ô jours c^uc compte Eperdument dans cette honte Où se révoltent nos litîrlés, Heures que suppute le culte Qu'on te voue, ô ma Metz qu'insulte Ce lourd soldat, pédant inculte, Temps, jours, heures, sonnez, tintez !

Mute, joins à la générale.

Ton tocsin, rumeur sépulcrale, Prophétise à ces lourds bandits Leur déroute absolue, entière Bien au delà de la frontière, Que suivra la volée altière Des Te Deum enlin redits 1

Paris, 17 septembre 1892.

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