‹ InvectivesChapitre 59 sur 60 · MON APOLOGIE · texte numérisé non relu

MON APOLOGIE

Je suis un homme étrange, à ce que Ton me dit :

Aux yeux de queUfues-uus pur et simple bandit, Pur et simple imbécile aux yeux de quelques autres ; D'autres encor m'ont mis au lang des faux apôtres, Pourquoi ? D'aucuns enOn au rang des dieux, pourquoi» Mou Dieu ?^Quand je ne suis qu'un bonhomme assez coi, Somme toute, en dépit de quelque incohérence.

Or, j'ai souffert pas mal et joui non moins : rance

Juste milieu, je t'ai toujours mal reniflé.

Malgré tout mon désir de vivre mieux réglé, Mieux équilibré, comme parlerait un sage De nos jours après tout sages, selon Tusage

Des jours anciens cl futurs.

Donc, j'iii souffert Beaucoup et surtout de mon fait, à découvert, Par cxomplo, et saignant ainsi (lue pour Texcmple, £t scaudaieux comme Tilote. Oui, mais quel ample Et bon remords me prit, par la grâce de Dieu, De mes fautes d'autan, presque juste au milieu De rcxpiaLion de tant de jouissances!

Et, dès lors, j'ai vécu de toutes les puissances Du cœur et de l'esprit bien mûris par Tété Splendide du ijuiilieur et de Tadversité.

Voilà pourquoi je suis ce qu'on nomme cet homme

Kl 1 auge, et qui ne Test, encore qu'un le uouiujc

Tel. Au plus un ui igiiud ; encore, encor?

Car je ne pose pas dans tel ou tel décor.

Que je sache, et uu)ii t^este est d'un complet nature,

Triste ou gai, je concède assez vif, d'aventure,

Quand il sied, assez lent par hasard, s'il le faut.

Donc, ô mes amis chers, prisez pour ce t]uil vaut Mon caractère tel qu'il est : tout d'une pièce 1

i\un, et je ne cruis pas qu'il importe en l'espèce.

Mais fort peu compliqué ; de bonne foi toujours? Non, car je suis un homme el je ne suis pas Tours Des solitudes, brave bête un peu farouche, Mais si franche ! — et je mens parfois, plutôt de bouche Qu'autrement, mais enûn je mens... au fond, si peu !

Et oui, j'ai mes défauts, qui n'en a devant Dieu? J'ai mes vices aussi, parbleu ? Qui n'en a guère Ou beaucoup ? Mais à la guerre comme à la guerre, Il faut me supporter ainsi, m'aimer ainsi Plutôt, car j'ai besoin qu on m'aime.

£t puis ceci :

Dieu m'a l)éni, lui qui punit de main de maître, Terriblementj et j'ai reconquis tout mon être

J)aii.s le malheur tant mérité, tant médité, Et c'est ce qui m'a fait meilleur, en vérité,

Que beaucoup d'entre ceux doiiL si sU icte est l'enquête.

Mais, Sei|^ueur, gurdez-moi de l'orgueil, toujours hètc !

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