‹ Inventaire analytique & chronologique des chartes et documents appartenant aux archives de l'ancienne abbaye de MessinesChapitre 71 sur 150 · POLITESSE · texte numérisé non relu

POLITESSE

Les hospitalières inspireront aux enfans de la politesse, on ne veut point parler ici de cette espèce de civilité de convention, de cette urbanité méthodique qui est d'usage parmi le beau monde, mais de la politesse nécessaire à tous les états, qui a pour objet les devoirs communs de la société; qui porte à pratiquer attentivement tout ce qui peut faire plaisir, et à éviter soigneusement tout ce qui peu déplaire ou faire de Ja peine aux autres.

Les hommes humains, doux et sensibles en puisent les règles dans la bonté de leur cœur, ils n'ont pas besoin d'autre maître. Ceux que la nature n'a points favorisés de ces excellentes qualités, ont besoin d'instruction à cet égard, mais si l'on parvient à leur en inspirer l'habitude, elle supplée en eux aux défauts du cœur, et le rend, quant à l'effet, presqu'aussi bons pour la société civile, que ceux qui sont doués des qualités réeles, dont elle présente l'image copiée d'après nature.

C'est là la politesse qu'on doit inspirer aux élèves, il seroit superflu d'en donner le détail, le jugement doit diriger les maîtresses qui parviendront plus aisément à leur but si elles accoutument les enfans à avoir de la complaisance pour leurs camarades, à leur faire plaisir, à leur céder dans l'occasion, à ne leur dire jamais rien de chocquant, à ne point mal

parler d'eux, à ne point se blesser facilement eux mêmes des discours des autres, et, pour réduire presque tout à une seule maxime, à prélerer le contentement d*un autre au sien propre.

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