DES DIVERSES BRANCHES DE LA FAMILLE DE BAUX
La sigillographie de la famille de Baux, qui a brillé au premier rang de la noblesse provençale par son patriotisme et sa richesse, est restée jusqu'à ce jour tout à fait inconnue dans son ensemble et ses détails. M. Louis Blancard, archiviste des Bouches-du-Rhône, est le premier auteur qui ait donné quelques sceaux de cette Maison dans son bel ouvrage d'iconographie tirée des archives de son département; les écrivains qui l'ont précédé et ceux qui l'ont suivi n'ont publié généralement que des sceaux tellement bizarres qu'ils paraissent être souvent le produit de l'imagination de l'artiste, ou trahir son inhabileté.
Pour rendre notre travail aussi complet que possible et lui donner un cachet de certitude, nous n'avons admis dans notre collection que les sceaux déjà publiés par M. Louis Blancard, dont les originaux existent dans les archives des Bouchesdu-Rhône; tous les autres sont complètement inédits et se trouvent aux Archives nationales, à la salle des titres de la Bibliothèque de Paris, et dans divers musées et collections particulières.
La vérité et la pureté de reproduction sigillographique sont garanties par l'habileté bien connue de notre dessinateur , M. Laugier , conservateur du Musée de numismatique de Marseille.
Le blason des Baux ne remonte pas au-delà du XIII* siècle, et rétoile à seize rais, que Ton admet généralement comme le signe distinctif de cette Maison, n'était pas son apanage exclusif. Le prévôt de l'église de la Major de Marseille , Pierre Bermond , la portait dans ses armes en 1214 (Ch. de la Major, arch. des B.-du-Rh.), et les Blacas de Beaudinard en 1233 (L. Blancard, pi. 29 et 30). Plus tard, cette étoile fut écartelée avec les armes des Puget et des Almeran d'après Robert de Briançon, avec celles
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des Rivettes d'aprës Arlefuui), et arec les armes des princes i Litxerabourg, coroles de BrienrM, et des seigaeurs de Fieiities, < la m^fOe famille, d'aprè-s le père Anselme.
Nous ignorons cofnplélero<'nt rorigine da blason commun &]j Cariillle des Baux «t in C«lle9 du prévit Bennand et des Blacas 4 Beaudioard, dont les sceaus datent de la m^me époque. l.a caot de l'écartelurc de l'étoile A IC rats avec les armes des Pugct et des Alraeraa nous est également inconnue, aucune alliance n*ayant existé entre ces familles et celle «les Baux. Nous n'en dirons pas nutanl des Rivelles, qui joignirent leurs armes au blason tles B«ux à cause du mariage d'Allemand de Rivettes avec Catherine, Qlte de OuiUaunw de Baux d'Orange, seigneur d'Arpavon et de Coodorcet. Le mariage ds Pierre de Luxembourg, comte de Brienne, en UD5, avec Margaorile de Baux, fille de Krançots, du<: d'AndrIe, niolîva l'adoption de rûtoila dans le blason de cette famille (Pitliiui-Curth et le pèru Anselme).
Avant do plisser ù la description des sceaux, il nous pm-ait utile da Tairti remarquer quo nous ne coimaissoiis aucun blason des Baux avant la mort de Bertrand, qui réunit dans ses maitis toutes les possessionâ de la famille et devint prince d'Orango par son mariage avec Tiburge, fille et héritière de Guillaume d'Orange. possesseur li'iine partie de la ]iriin:i|iaulL'.
Ce iiest qiiii plus de trente aiif après la mcwl .le i-e Bertraml de Baux, survenue en llôO, ot le parlagc de ses domaines entre ses enfants, que nous voyons apparaître pour l:) première fois les ai'rues qui servirent à distiriKner d'une manière p!.M'inaiieiite les liiverses branches de cette maison, Guillaume de Baux I, ii!s tt successeur de Berfraiid. adopta le cornel des princes d'Oranf;e. llut*iies de Baux, son autre iils, ot Raymond 11, seigneur de Berre, pelil-lils de BLTtrand, tous les deux vicomtes de Marseille par li'ur
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!iiari;3.::e, prireid l'éloile à .seize raïs, comme nous le leurs .sceaux de 1214 et de 13;'0.
Barrai, après le décès de s m père lluj^iics, seigneur des Baux, modilia le blason de sa famille eu iijoiitanl à ses armes la croix de Tuulou.^e, vers 12i3, probablement en s:i double qualité de sénécliat et de neveu de Itaymond Vil, comte de Toulouse, par son iuariage avec Sibylle d'AndLiiie, mais il iiabandonna jamais l'Otuile à seize rais, et ses descendants de la branche aînée, les comtes d"Aveliin, et de la branche cadette, les seigneurs de Qrantes et de
distinctifs de leur blason avec écartelure souvent, mais toujours sans brisure, à l'exception toutefois de Bertrand de Baux, seigneur de Brantes, qui brisa Tétoile avec le cornet d*Orange à cause de son mariage avec Catherine de Baux de Courtheson.
Les seigneurs de Berre, de Meyrargues et Puyricard, et de Mari* gnane, sont les seuls membres de cette famille de Baux qui, à notre connaissance, aient constamment porté les armes primitives de leur maison, sans mélange connu jusqu'à ce jour.
Branche des Seigneurs de Baux , Comtes d' Avellin , et Seigneurs
de Brantes et de Plaisians.
PI. I. — N* 1. — Hugues de Baux, Ticomte de Marseille.
Av. * SIGILLUM VGONIS DE BAVaO.
Dans le champ, le vicomte de profil, portant un bonnet de fer, tient Tépée levée et galope à gauche. Sur l'écu et le caparaçon , rétoile à 16 rais.
^ Même légende, étoile à 16 rais.
Se. att., cire jaune.— 13 aoûtl214.— B. 303, B.-du-Rh.— iV* 160 de mon Inventaire des Chartes — publié par M. Louis Blancard, Iconographie des arcb. des B.-du-Rb., pi. 25, n* 3.
PL n. — N* 2. -* Le même.
Av. * SIGILLVM VGONI : DE BAUQO.
Cavalier de profil, galopant à gauche, vêtu du haubert et coiffé du bonnet de fer, tenant de la main droite une lance en avant à pennon et de la gauche un écu. Le pennon, l'écu et le caparaçon du cheval sont chargés d'une étoile h 8 rais.
^ Môme légende, étoile à 16 rais.
Se. att. plomb. — 14 mars 1216 — B. 309, B.-du-Rh. — N* 34 du supplément de mon Inventaire — publié par M. L. Blancard, pi. 25, n* 1.
A\'. * i SIGILLVM : VGONÏS ■ DE BAVQO !
Dans !e champ, sur un cheval au pas, lourné à gauche, Hugues, bonnet de fer en tèle et vêtu du haubert, tient d'une main une épée large et courte et de l'autre un ôcu à une étoile à 12 rais.
H) Môme légende, étoile à Ifi rais.
Se. ait. plomb — 27 novembre 1220 — B. 345, B.-du-Rh. — A'' 199 de mon Invenlaire. — M. L. Blancard, pi. 25, n* 2.
FI. IL— N* 4. —Barrai de Baux, fils de Hugnes. Lôg, * SIGILLVM BARRALI DOMINI BAVCIT :
Dans le champ, une crois d'or vidée, cléchôe et pommel lettres conjointes A et L du mot Barrali.
Se. att. cire jaune, — 10 décembre 1341 — B. 335, B.-du-Rh, N' 40 du atijiplénieni de mon Invent. — M. L. Blancard, pi, nM.
Lép
FI. U. — N' S. — Le mAme.
* SIGILLVM BARRALI DOMINI BAVCII :
Dans le champ , une croix d'or vidée, clécliôe , pommelée et cantonnée de i étoiles à 8 rais, lettres conjointes A et L du mot Barrali,
Se. att. cire jaune — 21 juin 1251. — B. 3-15, B.-du-Rh.— ,V 35" rie mon liment. — M. L. Blancard, pi. 25, n' 5.
PI. III. — N' 6. — Le même.
Lég, Hf SIGILLVM : DARR.iLI : DOMINI : BAVCII.
Dans le champ, croix vidée, cléchéc et ponunetée, accompagnée de 8 étoiles ;ï 8 rais, cantonnée d'aiglettes déployées, dont la téie, tournée h gauche, est surmontée d'un B.
Se. att. cire jaune — 19 novembre 1251 — B, ;IIj. B.-du-Rh.— A'- 361 de mon Invcnt. — M. L. Blancard, pi. 25, n' G.
Un autre exeniphiire du mémo sceau, moins bien conservé, existe dans les arch. de riaére. — X° 13 di< supplément démon
PI. III. — N" 7. ^ Le même.
Lég. * SIGILLVM BARRALIS DE BAVQO.
Parti au premier à une étoile à 16 rais, au second à la croix vidée, cléchée et pommetée, publié par Ruffl, Hiat. de Marseille^ t 2, p. 372.
PI. III. — N" 8. — Le même.
Av. * SIGILLVM . BARRALI • DOMINI • BAVXn.
Croix cléchée, vidée et pommetée.
^ Même lég., étoile à 16 rais.
Se. dét. plomb. — Il fait partie de ma collection.
PL IIL — N* 9. — Le même.
Av. * s. BARRALI D BAVCIO DNI D'MONTILIS.
Croix vidée, cléchée et fortement pommetée. ^ Même lég., étoile à 16 rais.
Se. dét. plomb, provenant du cabmet de M. Nogent-Saint-Laurent (dessin de M. G. Vallier, de Grenoble).
PI. IV. — N* 10. — Le même.
Av. * : S : DNI : BARALIS DE BAVSQO.
Croix vidée, cléchée et pommetée.
^ * SIGILL' DNI BARRALIS DE BAVS ; QO i — étoile à 16 rais.
Se. att. plomb — 7 juin 1254 — cart. de Tévêché de Carpentras, t. 2, f 202, Biblioth. de la Ville. — N" 42 du supplément de mon Invent,
PL IV. — N* 11. — Le même.
Av. * BVLLA i BARRALI D BAVCIO D MONTILUS.
Ecartelé : aux 1*' et 4* à Tétoile à 16 rais ; aux 2" et 3* à la croix vidée, cléchée et pommetée.
f^ S' BARALI . D BAVaO . DNI D MONTILLIS. Étoile à 16 rais.
Se. dét. plomb, au Musée d'Avignon.
FI. XV. (Supplément) N' 45. — Le mAme.
Av. * S : DOMINI : BAHRALI DOMINI : BAVCII : Croix vidtJe, clochiie et pommctiie.
ti Mônie li^t^etide, étoile à IC rais.
Se. att. plomb — 24 mai 1261. — Cartul. de l'Évôclié de Carpt tras, t. 2, f215,Biblioth. de la ville. — A'Mfiï rfe mon Invent.
Que.lqiies variés que soient les sceaux de Barrai tje Baux i le rapport de la légende el do Vécu, il en est un que nous n'»\-oi pu retrouver, et qui est dL-cril de la manière suivante dans D vidimô de l'année 1308 (Cliartrier de Meyranea, n* 96 — Arcb. i B.-du-Rh.). Guillaume Drogoli, n* d'Arles, déclare avoir \-u dans un acte du IC octobre 12."i5, relatif au droit de pâturage des habitants de Saint-Marlin-de-Crau, une bulle de Barrai, qu'il décril de ta manière suivante : «. Kx parte una erat quedani imago impt-essa « ad instar mllitisarmali supra equuinequitantisarmatum, lenena lis lanceam in directe, elscutumanlo pectus, atque supra caput u capcllinani ; ex altéra vero parte ipsius bulle erat quoddani <i liignuni ad siinililudinem stelle. Est quoque sciendiun qaod « predietorumtam ei}ui quaa militia armaugoo Brant simili st6itei>^ " .signata, et in utriusquo partis bulle Inijus modi circunirerencia. " rruce iiamque proposila erat scriptuin : ^igillLim Barralîs de . Baucio. "
PI. IV. — N' 12. —Bertrand de Baux, Comte d'Avellin, fils de Barrai.
Av. . ET ; COMITIS ; AVF.l.LIXI.
Cavalier galopant ;\ gauche, l'Opéc ;i ta main, la tête couverte d'un heaume, l'ôcu cl le caparaçon du cheval ornés de la croix vidée, ch'i'hi''C el pounnctùi;.
fi * ■ S-BEHTIÎAXDI ■ DOMIXI ■ BAVCII. ]-:ioile :i 10 rais.
So. dét. pinml), il se ti'ouve au Musée d'Avignon. M, !.. Blaiirard .1 [nLl)lii: le nuMim aciiau ilaiis la planche :?6, n* 1 ; mais son cxeiiiplau'e est eu as^e/ mauvais état de conservation.
PI. V. — K' 13. — Agout de Baux d'Avellin, Seigneur de Brantes et de Flaisians, fils de Bertrand, Comte d'Avellin.