ANNÉE
Enregistré conformément à l'acte du Parlement du Canada, en l’année
mil neuf cent cinq, par N. E. Dionne, dans le bureau du ministre de l'Agriculture.
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Secrion IV., 1904 CE MévoiresS. R. C.
Inventaire chronologique des livres, brochures, journaux et revues publiés dans la province de Québec de 1764 à 1904.
Par N.-E. DIoNxeE.
C’est à la demande de la section française de la Société Royale du Canada que j’ai entrepris de composer un Inventaire des ouvrages et des publications de langue française depuis l'établissement de l'imprimerie à Québec en 1764 jusqu’à nos jours, inventaire limité à la province de Québec, en y incluant toutefois la ville d'Ottawa. Qu'il soit bien compris que nous n'avons pas eu un seul instant l’idée de former une liste complète de ces livres, brochures, journaux ou revues, dont le nombre, est presque légion. Une compilation aussi compliquée eût exigé un travail énorme, et encore qui sait s’il eut été possible d’édifier cette œuvre gigantesque sans s’exposer à de déplorables omissions? Voilà Pourquoi nous avons résolu dès l’abord de mettre de côté tous les ouvrages imprimés en langues sauvages, la plupart des livres de piété, les livres destinés aux écoles, les règlements de nos associations religieuses, rationales et bicnfaisantes, les almanachs, beaucoup de brochures et de pamphlets politiques éclos au hasard des luttes électorales, et d’une manière générale cette littérature officielle, tels que rapports, extraits des Journaux des législatures, dont on a fait souvent un tirage spécial, et dont l’importance dans bien des cas est plus que problématique. Seules les brochures du XVIIIe siècle et de la première moitié du XIXe siècle ont pu trouver grâce devant notre parti pris d’exclusivisme, car celles-ci, du moins, ont le mérite de provoquer la curiosité. Dans cette catégorie entrent les incunables, dont la série se termine avec l’année 1820. Telle plaquette publiée avant cette date attirera plutôt notre attention que cette autre imprimée en 1880 ou en 1900, même si cette dernière comporte en soi une lecture beaucoup plus intéressante,
Quant aux livres proprement dits, c’est-à-dire ces ouvrages aux proportions plus amples, nous avons essayé d’en donner une nomenclature aussi complète que possible. Mais, hélas! nous le sentons bien, plusieurs ont dû échapper à nos perquisitions, parmi ceux-là surtout qui n’ont guère laissé de sillon dans le champ de la littérature ou de l'histoire. D’autres aussi, que la bibliothèque de la Législature ne possède pas, ont dû nécessairement être omis, en dépit des plus minutieuses recherches à travers les catalogues de livres canadiens français.
Quoi qu’il en soit, ce travail, tout imparfait qu’il peut être, sera utile aux chercheurs, aux bibliographes et même aux libraires. Les bibliographes de l'avenir y trouveront leur compte au même
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degré que nous à la consultation des ouvrages de même nature signés par Faribault et par Harrisse. Nous avons dû un peu marcher sur leurs traces. Avouons en outre que l’Essai de bibliographie canadienne de M. Philéas Gagnon, nous a été un auxiliaire précieux. Nous avons pu, à l’aide d’un guide ausei sûr, simplifier singulièrement notre travail de recherches. Il en a été autrement lorsqu'il s’est agi des brochures. La collection de M. Gagnon est considérable et surtout bien riche, mais elle est moins bien fournie que celle de la bibliothèque de la Législature. Il nous a fallu ainsi parcourir cinq cents volumes de brochures, besogne fastidieuse s’il en fut, pour en extraire celles que nous avons tugées dignes d’être portées aux colonnes de cet inventaire.
On remarquera, sans doute, que nous avons inséré les travaux des membres de la section française de la Société Royale du Canada. Ce n’est que jüstice pour cette phalange d’écrivains sérieux, qui ont doté les Mémoires de leur association d'œuvres historiques, littéraires et ethnographiques de haute portée, sachant d’avance qu’elles n’obtiendraient qu’une publicité très restreinte.
Nous avons eu recours à un procédé similaire à Végard des conférenciers et de lexrs travaux imprimés dans les Annuaires de l’Institut Canadien de Québec. On s’apercevra, non sans étonnement, que ces conférences, importantes à plus d’un titre, n’ont pas eu, pour le plus grand nombre, l'honneur d’un tirage à part. Aussi avons-nous CTU devoir, en bonne justice pour leurs auteurs, les signaler à l'attention du public.
Cet Inventaire renferme une liste d’environ 3,000 ouvrages, qui ne représentent pas, tant s’en faut, le nombre exact des volumes. Aïnsi Garneau seul a obtenu quatre éditions formant en tout treize volumes, et il n’apparaît qu’une seule fois. Et combien d’autres, comme l’Histoire des Canadiens-Français de Sulte en huit volumes, les six volumes des Voyages de Champlain, etc., etc.? Sur l’ensemble les villes de Québec et de Montréal ont produit environ les quatre-cinquièmes de notre littérature. Le reste se répartit entre les villes plus jeunes, moins populeuses, comme Lévis, Saint-Hyacinthe, Trois-Rivières, Ottawa. Bien que cette dernière n’appartienne pas à la province de Québec, nous avons pris la liberté d’unir son sort au nôtre, parce qu’elle nous a enlevé plusieurs de nos écrivains les plus remarquables, et que son titre de capitale de la Puissance du Canada peut nous la faire considérer comme faisant partie de la Province de Québec tout aussi bien que d’Ontario. Cest un terrain neutre où tous ont droit de cité, littérairement parlant.
Plusieurs villes de France ont vu éclore chez elles des livres de provenance canadienne, écrits tantôt par des auteurs français retour de
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Québec ou de Montréal, tantôt par des auteurs canadiens de passage en Europe. D’autres ont vu le jour à Rome, à Bruxelles qui portent aussi le cachet canadien. Voici, du reste, comment nous les avons classifiés :
LT RC CET 1209 St-Philippe .... .... .... 2 ei ÉRRE TO ee see p RE GG | DIMICLURR: 5. ss. ave 2 PS Pons EE CORNE pri nes 2 Échec ous 43 L[’Assomption.... .... 2 Trois-Rivières... .... .... 40°, DOG. rs ses ox 1 Saint-Hyacinthe .. .... .. 38 Plattsburgh .... .... .... 1 PR EE nue rs poux 33 Rome (E.-U.) ........... : Cr Tr ri re PR nT Paren nm CPE 1 Ste-Anne de la Pocatière PT PT TS TS DR RE ee 1 DHOPDIOORES ... PARLE 3 PP PEN Sert a 1 ROUE 1 sr conte TAC ire us 1 Chicoutimi GRR LS SC SE 1 RHROMSET 5 duc. D HO LE rue À Arthabaskaville. 5 St-Jean d’Iberville.... .... 1 RE a 0=-HOUTDODRR : 1: se 1 Rome (ltalie)............ 4 St-Boniface .... ... Forsis —+ NON EURE ne ris once NOR Te rer ire 1 OO rene + se deu dec &- Praservilles 5... 1 St-Charles (Richelieu) .... 3- Matte... 1... 1 TIR et es so D Véleyheld. =... 1 Berthier (en haut)........ D en 1 Fall River... ...... 3 Ste-Anne de Beaupré...... 1
Cette diversité quant aux lieux d’impression nous amène à nous poser une question: “ Que doit-on comprendre par cuvrage canadien ? ” Est-ce celui-là seulement dont l’auteur, de nationalité canadienne française, l’a fait imprimer en Canada? S'il a fait imprimer son livre à Paris, aux Etats-Unis ou ailleurs, ne peut-il pas y avoir quelque objection à le considérer comme un ouvrage canadien? Nous est avis que dans un tel cas, nous ne devons pas hésiter à le ranger dans la catégorie des œuvres canadiennes. Prenons, pour exemple, le Canada reconquis par la France, de Barthe, imprimé à Paris en 1855. N'est-ce pas un livre absolument canadien ?
Un autre cas, plus singulier, se présente. Un Canadien français a quitté sa patrie depuis plusieurs années, Y reviendra-t-il ou n’y reviendra-t-il pas? Il n’en sait rien lui-même. Installé à Paris, ou à Bruxelles, il se met en frais de publier un livre dont il confie l’impres-
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sion à un éditeur parisien ou bruxellois Le sujet qu’il traite touche eu Canada, ou lui est absolument indifférent. Peut-on considérer son œuvre comme une œuvre canadienne? Un exemple fera mieux comprendre. M. Edmond de Nevers, Canadien français, s’expatrie un jour et finit par aller résider à Paris. Là il publie deux ouvrages dont l’un, VAme américaine, s'occupe plus spécialement des Etats-Unis, et Vautre l'Avenir du peuple C'anadien français, ne regarde que son pays natal. Sont-ce là deux ouvrages canadiens? Nous ne voyous pas quelle autre classification nous pourrions leur donner, sachant surtout que M. de Nevers est rapatrié et qu’il continuera sans doute à enrichir notre littérature nationale de ses écrits.
Reste encore le fait d’un ouvrage dont l’auteur est un Français de France, mais réfugié au Canada, avec l'intention d’y séjourner. Son ouvrage est imprimé à Montréal ou à Québec. Nous pourrions rapporter plusieurs exemples d’un pareil cas. Ainsi la Fleur du Carmel du R. P. Braun, l'Histoire de Montréal de Leblond de Brumath, ete. Nous n’hésitons pas à déclarer que ces ouvrages sont canadiens français. Mais si ce Français retourne dans son pays ct qu’il y publie des livres sur le Canada, comme l'ont fait l’abbé Faillon, l'abbé Brasseur de Bourbourg, le Père Martin et beaucoup d’autres, leurs livres doivent-ils trouver leur place dans un inventaire comme le nôtre? La difficulté avgmente, et franchement nous hésitons. Cependant nous avons résolu de les incorporer dans la masse, parce qu’il nous a semblé injuste, pour ces écrivains si sympathiques à notre nationalité et si anxieux de la faire connaître sous ses plus belles couleurs, de ne plus les considérer comme étant des nôtres, par le seul fait qu’ils ont cessé pour des raisons majeures, souvent indépendantes de leur volonté, de résider en Canada.
Il n’en va pas de même pour les écrivains français qui, n’ayant jamais vécu ici, ont écrit sur le Canada, comme le P. de Rochemonteix, Henri Jorin, Eugène Guénin, auteurs d'ouvrages très remarquables. Bien que leurs œuvres comportent un grand intérêt pour nous, il est impossible de prétendre que ce sont là des ouvrages canadiens. Voilà pourquoi j'ai dû élir-iner, bien qu’à regret, les ouvr :es de Rameau de Saint-Père, de Gabriel Gravier, de M. de Baudoncourt, de Lebrun, de M. de Gourmont. Nous pourrions les ranger dans une classification spéciale sous la rubrique d’'Ouvrages sur le Canada publiés à l'étranger par des auteurs français. Dans cet inventaire d’un autre ordre entrerait un assez grand nombre de publications, livres et brochures, qui mériteraient de fixer notre attention. I1 eût été peut-être préférable, pour rendre cette bibliographie plus complète, de donner la liste des ouvrages parus sous le régime français, depuis Jacques Cartier. Ce serait compléter les Voles bibliographiques de Harrisse qui se terminent avec l'année
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[ptoxxe] INVENTAIRE CHRONOLOGIQUE DES LIVRES, ETC. 8 1764-1820.
La période de 1763 à 1820 a vu paraître environ 140 volumes de peu d'importance au point de vue littéraire et historique. Cependant nous devons les considérer tous comme très précieux, parce qu’ils sont les premiers nés de l'imprimerie canadienne. Ce so:t nos incunables, et ce nom-là seul suffit pour leur donner uxe grande valeur mercantile, à quelque catégorie qu’ils appartiennent. On remarque dans la série, des catéchismes, des livres pieux, des ordonnances se rattachant à la législation de l’époque, des almanachs, de rares ouvrages sur la médecine, l'éducation, la jurisprudence, et quelques reproductions d'ouvrages français qui alors avaient de la vogue. En fait de littérature proprement dite et d’histoire du Canada, il n’y a qu’une pièce dramatique de Joseph Quesnel, qui n’était pas canadien, et une vie de la Vénérable Marguerite Bourgeoys par l’abbé Ransonnet, sulpicien. Les ouvrages de Joseph- François Perrault sur le droit et la description topographique du Bas- Canada par Joseph Bouchette sont les plus importants de cette longue période, qui couvre près de soixante ans.
Le besoin de livres pour les écoles primaires et les collèges augmentant d’une année à l’autre, nous constatons déjà un mouvement à l'effet dy subvenir. Ferrault est à la tête, et lui-même compose de petits manuels fort utiles et très appréciés par ses contemporains. Les livres de prières se multiplient ; on imprime des brochures sur la politique du jour; l’agriculture commence à connaître des adeptes fervents: Michel Bibaud publie un livre d’Epîtres, de satires et de chansons en vers. C’est le premier ouvrage franchement canadien dédié au culte des muses. A côté de Bibaud riment Denis-Benjamin Viger, et Isidore Bédard dans des pièces fugitives de courte haleine. C’est encore l’enfance de la litté- 1äture. Ces dix années n’offrent donc aucun trait saillant, rien encore cui fasse présager une œuvre de quelque valeur. Entre temps l’on discute à coups de brochures la célèbre question du gouvernement ecclésiastique des paroisses. Le fon@ l'emporte beaucoup sur la forme dans ces jcutes intéressantes à raison des personnages qui y prennent part directement ou indirectement. L’abbé Chaboillez, curé de Longueuil, P.-H. Bédard, avocat, des Trois-Rivières, l’abbé J.-M. Cadieux, curé des Trois- Rivières, l’abbé C.-F. Painchaud, curé de Sainte-Anne de la Pocatière, Mgr Plessis, le grand-vicaire Jérôme Demers ont été les principaux Coryphées de cette grande bataille religieuse, mais les abbés Chaboillez et Cadieux furent les seuls à épancher leur prose dans des brochures qui Lous ont été conservées.
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C’est la période par excellence de la poésie fugitive. Quinze poètes sont inscrits au Répertoire National de Huston, et parmi eux il en est qui ont fait leur marque, comme F.-X. Garneau, P.-J.-0. Chauveau, Pierre Petitclair, Pierre Laviolette. Les autres sont Réal Angers, G.-ï. Cartier, F.-M. Derome, Joseph Lenoir, P. Phelan, N. Aubin, J.-E. Turcotte, Guillaume Barthe, R. Cherrier, etc.
En 1833 parut le premier volume de l’Abrégé de l'Histoire du Canada par J.-F. Perrault. C’est le premier manuel du genre. Destiné aux écoles, cet abrégé prend parfois les proportions de la grande histoire. L'auteur y accumule les dccuments officiels qu’il fait bon de rencontrer ailleurs que dans les journaux de la Chambre d’Assemblée. L'ouvrage n’est pas sans mérite, étant données les difficultés inhérentes à toute œuvre initiale.
Le premier volume de l’Histoire du Canada de Bibaud vit le jour en 1837. Ce travail est loin d’être parfait, mais il est bien supérieur à cel:.i de Perrault. On y trouve des renseignements très utiles, qui font que Bibaud ne sera jamais complètement oublié.
P.-A. de Gaspé publie un roman intitulé: L'influence d'un livre. Pierre Petitclair donne une comédie ; #raste d’Orsonnens est l’auteur d’un roman, la Nina Canadienne, et Leblanc de Mrrconnay, un Français, apporte au théâtre une petite comédie. C’est tout.
Les livres classiques commencent à s répandre avec une certaine profusion. Joseph Cauchon publie un Manuel de physique, le grandvicaire Maguire un Manuel des difficultés de la langue française, le Dr Meilleur un traité de prononciation, Amable Berthelot des ouvrages grammaticaux, N. Aubin un Traité de chimie agricole, l’abbé Jean Langevin un Traité de calcul différentiel et intégral. Il y a évidemment progrès dans le sens éducationnel. Dans le domaine littéraire de nouveaux noms surgissent qui captivent l'attention: Gérin-Lajoie, Etienne Parent, Georges de Boucherville, Soulard, Marc-Aurèle Plamondon ; à leur suite, toute une petite armée de poètes et de prosateurs, dont la renommée n’a pas dépassé leur temps. Ce sont en outre des biographes et des conférenciers qui publient leurs travaux. Mais l’œuvre capitale de cette période décennale est la grande histoire du Canada par #.-X. Garneau, dont il parut trois volumes au cours des ennées 1845, 1846 et 1848. Le quatrième ne vint qu’en 1852. Le Répertoire National publié en 1848 par Jos. Huston est aussi l’une des plus importantes productions de l’époque. TI renferme en quatre tomes
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[bIONNE] INVENTAIRE CHRONOLOGIQUE DES LIVRES, ETC, 7
tout ce que les lettres canadiennes avaient pu réaliser de mieux depuis l'établissement de l'imprimerie en 1764. Ce recueil a sauvé de l'oubli bon nombre de pièces dignes d’être conservées, et plusieurs autres qui euraient pu être omises facilement, mais que l’on aime à lire à titre de
curiosité.
Tes écrivains deviennent plus nombreux et plus sérieux. Ce sont l'abbé Ferland, P.-J.-0. Chauveau, M. Bibaud, le Dr J.-C. Tacé, sir Hector Langevin, Hector Fabre, Paul Stevens, Octave Crémazie, labbé Provancher, J.-M. Lemoine, et parmi les Francais du Canada, l’abbé Faillon et Emile Chevalier.
Chauveau publie son Charles Guérin, roman essentiellement canadien, et l’œuvre d’un patriote de bon aloi. Bibaud fait paraître son Panthéon, ses Institutions de l'Histoire du Canada; Barthe, passé en France, y fait imprimer son ouvrage intitulé Le Canada reconquis par la France. Garneau met en volume ses Lettres de voy-ne en Angleterre, et n’en lance dans la circulation qu’une douzaine d’exempiaires. Octave Crémazie établit sa réputation comme poète de première grandeur et surpasse tous ses contemporains dans des pièces fugitives qui sont devenues aussi populaires que leur auteur même. Les conférences d’Etienne Parent sur les questions économiques lui font une réputation bien méritée d’écrivain et de penseur.
Dans l’ensemble l’on peut dire que cette période fut assez fertile en travaux littéraires. Le nombre n’en est pas considérable, mais on peut dès lors prévoir que l'élan est donné et que l'on est à la veille d’entrer dans une voie nouvelle. Les journaux commencent à se répandre: l'éducation primaire progresse assez rapidement ; nos collèges classiques, de fondation plus récente, viennent ajouter à leurs aînés un contingent d’hommes instruits, qui bientôt consacreront aux lettres et aux sciences une large part de leurs labeurs et lègueront à la postérité des œuvres vraiment belles.
Cest l’époque des fondateurs de la littérature canadienne, Conservons leurs noms avec soin: Chauveau, Crémazie, Casgrain, Dr Larue, Bourassa, Fabre, Chandonnet, Ferland, Raymond, Lemay, Fréchette, Sulte, Verreau, Marmette, Prudhomme, Tradel, Dunn, Routhi r, Montpetit, Gérin-Lajoie, De Gaspé. Cette liste pourrait être augmentée d’une vingtaine d’autres noms tirés parmi les journalistes, les écrivains de re-
vues, les conférenciers, les n a} es de
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la politique, les gens du barreau, les orateurs de la chaire sacrée: Royal, de Montigny, Bédard, Turcotte, Bois, Genand, Doutre. Dr Deguise, S. Drapeau, E. Gagnon, L. H. Huot, L.-J.-C, Fiset, Mousseau, David, abbé A. Pelletier, L.-A, Dessaulles, L.-M. Darveau, A. Cassegrain, l’abbé Cuoq, Hervieux, H. Mercier, Boucher de la Bruère, Bibaud jeune, E. L,. de Bellefeuille, Mgr Méthot, l'abbé C. Légaré, l’abbé C. Trudelle, l’abbé Beaudet, Art. Danse eau.
Voilà tout un groupe d'écrivains presque tous disparus, à quatre ou cinq exceptions près. La nomenclature de leurs œuvres serait trop longue pour l’objet que nou: avons en vue. Du reste nous les connaissons toutes pour les avoir lues et appréciées en leur temps. Et nous ne croyons pas aller à ‘encontre de la vérité en affirmant que cette période de 1860 à 1870 n’a pas été surpassée par la valeur des écrits et le talent des hommes qui les ont produites. Toute la différence porte sur le nombre de volumes parus, tout à l’arantage les écrivains du jour.
Nous ne ferons plus maintenant que mentionner les noms des é:rivains canadiens en les classifiant par catégorie des sujets traités, de crainte que cet avant-propos ne soit prolongé outre mesure. Beaucoup de noms s’y trouvent répétés, parce que plusieurs, dunt la carrière littéraire s’ouvre avec 1370 ou 1880, n’ont pas cessé d’écrire et produisent
encore des œuvres que les jeunes ne dédaigneraient pos de signer.
AGRICULTURE :—G.-B. de Boucherville, J. Smith, l’abbé N.-A. Leclerc, l’abb* F. Pilote.
Biou.APHIES :—L’abbi Casgrain, l'abbé Daniel, l'abbé Bois, l’abbé Nercam.
{‘OLONISATION :—P. Boucher de la Bruère, S. Drapeau.
Droir:—T. de Montigny, J.-U. Beaudry, J.-A. Hervieux, Petrus Hubert, Bibaud jeune.
HiSToIRE :—M. Bibaud, l'abbé Ferland, Boucher de la Bruère, fils, J.-M. Lemoine, l’abbé Faillon, l’abbé Laverdière, l’abbé Maurault, T.-P. Bédard, B. Suite,
LITTÉRATURE :—L’abbé Casgrain, Hector Fabre, E.-I. de Bellefeuille, L.-M. Darveau.
MoxoGRAPHIES :—L’abbé J. Langevin, A. Dansereau, L.-P. Turcotte, B. Sulte.
PHiLOLOGIE :—J.-G. Gingras, l'abbé Cuoq.
Poésie :—0. Crémazie, L.-J.-C. Fiset, L. Fréchette, L. P. Lemay, B. Sulte, A. Cassegrain, Eustache Prud’homme.
Romax :—P.-A. de Gaspé, N. Bourassa, Jos. Marmette.
[p1oxne] INVENTAIRE CHRONOLOGIQUE DES LIVRES, ETC. 9
ScrExcEs :—C, Baillargé, Dr H. Larue, l'abbé Brunet, l'abbé Provancher, J.-M, Lemoine, VoyAGEs:—J.-A, Genand, Chauveau.
AGRICULTURE :—N, Thibault, E.-A. Burnard, P. Landry, Dr Larue,
BioGRaPHiE :— L'abbé Cassegrain, J. Tassé, L.-0. David, P.-G. Huot, l'abbé Laverdière, le R. P. M 1, N.J., N. Legendre,
CHPONIQUES :—H. Fabre, B. Sulte, À. Buies.
CoNFÉRENCES:—J, Blanchet, A. Buies, J.-P. Tardivel, T.-P. Bédard, l'abbé L.-N. Bégin.
DrRamE:—L. Fréchette, F.-G. Marchand, A. Laperrière, J.-L. Archambeault.
Droir:—C.-C. de Lorimier, S. Pagnuelo, E. Lareau, H.-E. Taschereau, P.-E. Smith, T.-J.-J, Loranger.
EDUCATION :— P.-J.-0, Chauveau.
GÉNÉALOGIE :— M, l'abbé Tanguay.
HISTOIRE :—L..-P, Turcotte, !'ubbe Laverdière, l’abbé Verreau, Dr Larue, l’abbé Gauthier, L.-N, Carrier, l'abbé Casgrain.
MoxouRaPHiEs :—Mgr Guay, J.-M. Lemoine, B. Sulte, l’abbé Casgrain, S. Drapeau, F.-X. Trudel, l'abbé Mailloux, O. Dunn.
PÉDAGOGIE :—L’abbé Lagacé.
PHILOLOGIE :—Le R. P. Lacon.be, l'abbé N. Caron, Oscar Dunn.
Poésie :—L. Benoit, l’abbé J. Auclair, L.-P. Lemay, W. Chapman, E. Labelle, l’abbé Casgrain, L. Fréchette, N. Legendre, E. Evanturel, B. Sulte, Maurice Baïllargé.
Roman :—Dr (. Deguise, J. Marmette, G. de Boucherville, Gérin- Lajoie, L.-P, Lemay.
SCIENCES:—C. Baillargé, Mgr Lafiamme, J.-M. Lemoine, l’abbé Provancher.
VoyAGEs:—J.-A. Genand, Faucher de Saint-Maurice, Er. Gagnon.
AGRICULTURE :—J.-C. Chapais, B. Lippens, E.-A. Barnard, J.-C. Langelier, C.-E. Rouleau.
BioGRArnIE :— Le KR. P. Braun, P.-J.-0. Chauveau, P. Chauveau, fils, L.-0. David, S. Drapeau, l’abbé Dugas, A. Leblond de Brumath, A. Béchard, J.-E. Roy, C. Thibault, P.-B. Casgrain, l’abbé H.-R. Casgrain, l'abbé Rousseau, Mgr Tanguay, Mgr T.-E. Hamel, Mgr H. Têtu, l’abbé G.-P. Côté, l’abbé T.-G. Rouleau, Faucher de Saint-Maurice, l’abbé Huart, le R. P. Duguay, S.J.. l’abbé A. Gosselin.
10 SOCIÉTÉ ROYALE DU CANADA
Droit : — J, Frémont, N.-X. Olivier, P.-B. Mignault, P.-J.-U, Bau dry, E. Lareau, L.-P. Sirois, le juge Mathieu.
Epvcariox : — Boucher de la Bruëre, C.-J. Magnan, P. de Cazes, N. Legendre.
Histoire : — B. Sulte, l'abbé H. R. Casgrain, L.-0. David, l’honorable L.-R, Masson, J.-E. Roy, l'abbé Gauthier.
Lrrrérarure: — Dr H. Larue, A. Lefaivre, L.-H, Taché, l'abbé Casgrain, P.-J.-0. Chauveau, H. Beaugrand, Faucher, l'abbé Baillargé, Chs Ducharme, l'abbé Charland, E. Jareau, A. Lusignan, Dr J.-C. Taché, J.-P. Tardivel, A. Laperrière, |. P. Hamon, $. J.
Monocnapvites. — D, Girouard, . {. Lemoine, l’abbé Beaudet, Dr J.-C, Taché, l'abbé C. Truc.lle, A. Béchard, E. Myrand, P.-G. Roy, Charles-A. Gauvreau, l'abbé Moreau, T.-P. Bédard, H.-J.-J.-B. Chouinard, B. Sulte, l’abbé Verreau, Globenski, P. de Cazes, l'abbé L. Richard.
PHILOLOGIE : — A. Lusignan, Manseau, N. Leg ndre, l'abbé N. Caron, l'abbé Cuoq, P. de C'azes, A. Buies.
Poésre : — P.-J.-0. Chauveau, L. Fréchette, L.-P. Lemay, N. Lcgendre, G. Desaulniers, R. Tremblay, l'abbé A. Gingras, J.-A. Prender gast, Bélanger, P.-G. Marchand, A. B. Routhier, W. Chapman. L. Lor rain, l’abbé Marsile.
Romans: — H. Beaugrand, V.-F. Dick, J. Marmette, R. Tremblay, N. Bourassa, Edmond Rousseau, L.-P. Lemay.
ScrexcEs :— Mgr Laflamme, N. Saint-Cyr, l’abbé Provancher, C. Dionne, C. Baillargé.
Voyaoes :— H. Beaugrand, A.-B. Routhier, l'abbé Emard, Gaston Labat, l'abbé T. Montminy, l'abbé N. Caron, l'abbé L. Lindsay, A. Buie:
BIBLIOGRAPHIE :—P. Gagnon, A. Côt{ Raoul Renault.
BioërAPHiE :—L'abbé A. Gosselin, : Legendre, l’honorable sénateur Poirier, Madame Jetté, Faucher de Saint-Maurice, J.-E. Roy, P.-G. Roy, Mgr Têtu, l’abbé G.-P. Côté, L.-0. David, le R. P. Frédéric, l’abbé Huart, P.-B. Casgrain.
Droit :— P.-B. Mignauit, P.-G. Marchand, J.-E. Roy, R. Lemieux, T. de Martigny, A. Bernier, J.-C. Auger.
Epucariox :— L'abbé T. G. Rouleau, C.-J. Magnan, P. de Cazes.
Géocrarmie:-— L'abbé Baillargé, l'abbé Dugas, T. de Montigny, A. Buies.
Hisrotre :— L'abbé Casgrain, B. Sulte, A.-D. Decelles, L.-0. David, D. Girouard, l’honorabie juge Baby.
LiTTÉRATURE :— L'abbé Baillargé, N. Legendre, L. Fréchette, madame Dandurand, mademoiselle Barry, R Roy, l'hon. T. Chapais, l'abbé G. Bourassa, H, Beaugrand, D, Girouare,
MoNoGnRaPuiEs :—A, Buies, D, Girouard, Mgr Tôêtu, l'abbé Verreau, l'abbé N. Caron, l'abbé A. Gosselin, E. Myrand, l’abbé Bois, l'abbé Lindsay, A.-B. Routhier, J.-C, Suint-Aimant, Jos, Trudelle, le R. P. Alexis, E. Gagnon, l'abbé Huart, J.-E. Roy, l'abbé Beaubien, le R. P. Charland, F.-L. Desaulniers, Léon Gérin, Jos, Tassé, l'abbé Dugas, S. Paré.
PHILOLOGIE :—L’abbé Cuoq, Faucher, S. Clapin, R. Rinfret, A. Rivard, B. Sulte.
Poésie :— N, Beauchemin, L.-P. Lemay, G. Desaulniers, A. G. frion, F.-G. Marchand, J.-B, Caouette, Dr Chevrier, madame Duval-Thibault, A. Ferland, Dr Grégoire, L. Fréchette, l'abbé Marsile, A. Denault, À. Poisson.
SCIENCES :—Mgr Laflamme, A.-N. Montpctit, L.-Z. Massicotte, l’abbé Huaït, N. Saint-Cyr, H. de Puyjalon, J. Obalski.
Voyaces:— A.-B. Routhier, l'abbé F. Dupuis, l'abbé H. Cimon.
BioGRaPhiE:—E. Gagnon, l'abbé A. Gosselin, F. de Kastner, P.- G. Roy, l'abbé T.-G. Rouleau.
DaoiT:— M.-A. Bernard, H. Gervais, J.-J, Beauchamp.
EDUCATION :— L'abbé Baillargé, C. J. Magnan.
Histoire :— L'abbé A. Gosselin, l'honorable sinateur Poirie, le R. F, Bourgeois, B. Sulte.
LITTÉRATURE :— Madame Dandurand, L. P. Fourni-r, E.E.D.; L. Gérin, J. Lesage, mademoiselle Gleason, madenoiselle Eve Circé, Antonio Pelletier, l’abbé J. Bourassa, Edmond Rousseau.
MoxocrArliE:— R. Bellemare, E. Myrand, P. 4. Roy, Jos. Trudille, l'abbé R.-E. Casgrain, H.-J.-J.-B. Chouinard, J.-F. Roy, B. Sulte, F.-L. Desaulniers, l'abbé Dugas, L.-Z. Massicotte, l’abbé A. Scott, P.-B. Casgrain, Mgr J -T. Douville, l'abbé C. Roy, l’abbé N. Sirois.
PHILOLOGIE :— Adj. Rivard, J.-P. Tardivel, C, Baillargé.
Poésie :-— À. Poisson, L.-P. Lemay, W. Chapman, L. Fréchette.
Roman: :—J.-B. Caouette, Laure Conan, Errol Bouchette.
SCIENCES :— Mgr Laflamme, C, Baillargé, C.-E. Dionne, l'abbé Simard, l’abbé Huart.
VOYAGES :— Edmond Lambert,
12 SOCIÉTÉ ROYALE DU CANADA
de la publication d’un
Nous avons en outre assumé la responsabilité ce de
inventaire des journaux et revues sortis des presses de la provin Québec, de 1764 à 1905. Malgré tout le soin que nous avons apporté à ce
travail, nous ne nous flattons pas d'avoir fait une œuvre parfaite, étant
donné le fait que beaucoup de journaux n’ont eu qu’une vie éphémère et
que dans bien des cas il n’en est rien resté, pas même le souvenir. Tout de même nous avons consulté dans chaque lieu les personnes les mieux posées, et c’est à la faveur de leurs renseignements que j’ai pu réussir à reconstituer une liste de plus de 800 journaux et revues, dont 550 ont vu le jour à Montréal et à Québec. Les autres se répartissent ainsi: Ottawa 34, Trois-Rivières 30, Saint-Hyacinthe 16, Lévis 15, Sorel 15, Joliette 14, Chicoutimi 10, Saint-Jean d’Iberville 9, Sherbrooke 9, Fraserville 7, Rimouski ?, Saint-Jérôme 6, Nicolet 5, Roberval 5, Montmagny 4, Sainte-Scholastique 4, Arthabaskaville, Beauharnois, Louiseville, Marieville, Hull, 3, etc.
Cet inventaire est aussi chronologiquement dressé; ce système simplifiera beaucoup les recherches des curieux ou des amateurs; il leur permettra de comparer en peu de temps les progrès du journalisme avec ceux des productions littéraires et autres, année par année.
diocèse de Sens par Monseigneur Jean Joseph Languet, A Québec, chez Broun & Gilmore, Imprimeurs de (Tiré à 2000 exemplaires).
ais dans la province de Québec).